À l’occasion du 65e anniversaire de Yamaha, revenons sur six pilotes, qui, dans six décennies différentes, ont fait briller la marque aux diapasons. Commençons naturellement par celui qui est à l’origine du succès de la firme. C’est par ailleurs l’un des grands de notre sport. Phil Read fait partie de ces pères fondateurs des Grands Prix modernes, et acteurs majeurs de la transition qui s’est opérée durant les années 1960.

L’histoire de Phillip William Read est indissociable de celle de Yamaha. Genichi Kawakami eu, au début des années 1950, l’idée de diversifier les activités de la firme qui n’étaient pas encore fixes à l’époque. Ainsi naquit la première moto Yamaha, dénommée YA-1 en 1955. Ce petit 125cc fut réputé fiable et endurant, et se prêta naturellement à la compétition. Surnommée la « libellule rouge », la petite machine montra tout le caractère de la marque lors de la course de côte du mont Asama, une compétition que Suzuki et Honda, déjà rodés, prirent très au sérieux.

Une victoire pour l’histoire, la première de Yamaha. Ainsi de suite, de fil en aiguilles, la maison d’Hamamatsu s’intéressa de plus en plus à la compétition, jusqu’à s’inscrire en Grand Prix. Au guidon de sa RD56, le pilote d’usine Fumio Ito s’imposa à Spa Francorchamps en 1963 et devint le premier vainqueur pour la marque en mondial. D’ailleurs, il réussit a engranger de bons résultats et s’adjugea la troisième place du championnat. Ito demeurait très bon pilote, mais les ambitions de Yamaha étaient plus grandes. C’est ainsi que le jeune homme du Bedfordshire entra en jeu. 

Héros du Tourist Trophy, Phil Read n’avait pas peur du tracé le plus dangereux au monde. Ici en 1964, sur sa RD56

Read avait déjà eu l’occasion de montrer son talent et sa rage de vaincre. C’était lui, qui, en 1961 avait remporté la catégorie 350cc au Tourist Trophy devançant un certain Gary Hocking. À l’aise sur les grosses cylindrées, son ascension se confirmait en 1962 où il terminait troisième du championnat du monde 500cc sur Norton. Les deux destins se rejoignèrent : un pilote en plein envol a besoin d’une marque innovante et tournée vers la victoire comme Yamaha. C’est ainsi que les deux entités s’allièrent pour l’année 1963.

Immédiatement, ce fut un succès. Yamaha décida d’accorder sa totale confiance en ce jeune britannique prometteur pour l’année 1964, et elle ne s’y trompa pas. Une bagarre pour l’histoire débuta, opposant le non moins légendaire Jim Redman sur Honda à Read sur Yamaha. Ce fut une course au titre singulière car aucune marque japonaise ne s’était encore imposée. Qu’elle qu’en soit l’issue, une grand palier serait franchi.

Les deux hommes se livrèrent une bataille d’anthologie, et écrasèrent la concurrence. Mais Read, sur sa RD56, parvint à réaliser l’impensable en triomphant lors de quatre des cinq dernières manches. Le retard fut donc comblé, et Yamaha domina sur le toit du monde. Par ailleurs, ceci marqua également la première victoire d’un moteur deux temps; là encore, Yamaha lut l’avenir.

L’histoire ne faisait que commencer.

À suivre …



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