Titré, il le fut en 2015, mais, bien souvent contre l’opinion générale, il a décidé de remettre en jeu sa couronne mondiale. Un pari gagnant qui, associé à des débuts prometteurs en MotoGP, lui confère aujourd’hui une aura dont il entend bien se servir.

Mais ce serait mal connaître l’homme que de penser  qu’il songe uniquement à lui-même. Non, bien au contraire, Johann Zarco entend utiliser au maximum sa notoriété pour sensibiliser les différents intervenants politico-médiatiques à avoir une attitude plus ouverte envers le sport moto en France, afin de permettre aux plus jeunes de s’y impliquer dans les meilleures conditions possible.

C’est pourquoi, lors de la conférence de presse  organisée la semaine dernière par la Fédération Française de Motocyclisme (voir les questions/réponses en vidéo ici), le pilote Yamaha Tech3 a pris la parole, non pas pour poser une question, mais plutôt pour faire une déclaration dont nous vous proposons quelques extraits…

Johann Zarco: “Bonjour à tous, ce n’est pas vraiment une question mais c’est davantage pour revenir sur la question d’un journaliste (ndlr: de Paddock-GP) qui demandait si un double titre pouvait faire un peu changer les choses ou à fait évoluer les choses, ou si vous pouvez vous en servir dans votre travail. Nous, avec Laurent (Fellon), on fait l’école (ZF Grand Prix) pour les plus petits. La moto, c’est un sport d’adrénaline et ce sont les jeunes qui peuvent être attirés par ça. Il y a aussi Objectif Grand Prix qu’est en train de faire la FFM. Nous, on essaie de toucher des enfants beaucoup plus jeunes et de ramener du monde pour montrer que la moto est un beau sport. Parce qu’on n’a pas besoin de convaincre les gens qui sont ici; on est tous passionnés et on veut tous aller dans ce sens là. Mais le plus dur, c’est de convaincre ceux qui par exemple font les lois.”

“Je suis content d’avoir été deux fois champion du monde et j’ai quand même une petite lueur d’espoir pour me dire qu’un numéro Un français, ça peut permettre de faire changer les choses.”

“On va commencer à toucher ces gens qui ne sont pas du tout de la moto et on va pouvoir appuyer comme ça. Que ce soit pour faire débuter les gamins, ou après, pour mieux gérer la situation des adultes, ou même la moto de tous les jours, parce que il est vrai que la Vitesse peut être prise en exemple, car c’est ce qui est le plus médiatisé.”

“Aujourd’hui, un enfant de 6, 8 ou 12 ans, quand il voit un Marquez ou un Valentino Rossi, il se dit “oui, mais lui est italien ou espagnol et moi je suis français” alors il se dira peut être “si je ne suis pas italien, si je ne suis pas espagnol, je ne peux pas arriver si haut”. Donc c’est pour ça . Je me rends compte de cette image qui est importante. On va faire en sorte de rester performant, de durer le plus longtemps possible parce que personnellement j’espère que ça peut vous aider, vous la FFM, pour appuyer auprès des gens qui eux, ne connaissent rien à la moto.”

Ce à quoi, Jacques Bolle, Président de la Fédération Française de Motocyclisme, a répondu: “Merci Johann. Alors, en tout cas moi, ce que j’apprécie beaucoup chez toi, c’est que tu te poses des questions pas uniquement sur ta saison, pas uniquement sur “comment ça va marcher avec mon team”, etc. Tu te poses des questions sur le sport moto en général, l’activité moto en général ,et notamment je sais que tu as un regard très tourné vers les jeunes, avec Laurent. Vous y travaillez beaucoup, parce que ça vous intéresse, et ce n’est pas le cas de tous les champions. Les champions pensent d’abord à leur carrière, et ensuite advienne que pourra. Or, ce n’est pas votre cas, et pour moi, c’est tout à fait particulier. J’apprécie vraiment beaucoup cette démarche, et on vous aide tous les deux, puisque vous êtes associés, on vous aide tous les deux à monter cette école. On y participe parce qu’on croit à votre projet; je suis descendu voir ce que faisait Laurent sur un événement, et j’ai donc trouvé ça très bien. J’ai trouvé en effet que les jeunes adhéraient et répondaient nombreux, et on continuera donc bien sûr à vous aider”.

Souhaitons donc que, quand le meilleur pilote français de Grand Prix et la FFM unissent leurs forces pour avancer dans la même direction au profit de la jeunesse, cela permette à notre sport en particulier et la moto en général, d’être un peu moins marginalisée dans l’environnement médiatico-politique actuel…

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Ndlr : Il y a encore beaucoup d’enseignements à tirer de cette conférence de presse et nous y reviendrons régulièrement.



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