A l’issue du Grand Prix d’Argentine dont il terminait brillamment deuxième, Darryn Binder figurait parmi les cinq premiers du classement provisoire du Championnat du Monde. La suite fut moins étincelante, avec la onzième place à Jerez et la dixième au Mugello. Il a terminé cinq Grands Prix sur neuf.

L’autre pilote de l’équipe, le Britannique Tom Booth-Amos poursuit son apprentissage, avec une quatorzième place en Catalogne.

Alain, Darryn Binder a montré qu’il pouvait être très rapide, comme en Argentine, mais aussi à Assen où il était troisième à quatre tours de la fin et a failli gagner. Que penses-tu de son début de saison ?

« Nous avons fait un très bon début de saison car Darryn a toujours été aux avant-postes. Il nous faut maintenant absolument finir les courses. Une fois Darryn a été percuté par un autre concurrent à Barcelone alors qu’il était quatrième. Une autre fois à Assen il était troisième et il en a rajouté un peu au freinage et a chuté ».

« Nous sommes dans une situation où il roule très vite, mais il est vrai que nous devons concrétiser un peu plus. On a laissé échapper de gros points régulièrement et il faut que l’on se ressaisisse pendant la deuxième partie de la saison ».

Darryn semble avoir une bonne pointe de vitesse, mais aussi quelques lacunes. Quels sont pour toi ses points forts et les domaines dans lesquels il peut progresser ?

« Son principal point fort est indéniablement le freinage. Il n’a peur de rien et n’est pas stressé dans les groupes ! Mais ça c’est un petit problème aussi. C’est-à-dire qu’aujourd’hui on s’aperçoit qu’en essais qualificatifs, on a du mal à passer en Q2 directement. Quelquefois, Darryn a tendance dans les séances un peu difficiles à freiner très fort et à oublier que la vitesse de passage en courbe est importante en FP1, FP2 et FP3. Et il se remet à rouler un peu comme en course. On perd ainsi de la vitesse de passage et de la vitesse de pointe. A sa décharge, Darryn fait partie des pilotes les plus lourds de sa catégorie ».

Thomas Edward « Tom » Booth-Amos est difficile à situer car il a fait de bons résultats comme 5e à Albacete en CEV Moto3 l’an dernier. Il avait gagné en Superstock 600 la Coupe Motostar en 2017 avec 19 victoires, 10 pole positions et 16 meilleurs tours en course. Comment estimes-tu ses débuts en Grand Prix ?

« Tom est un pilote très intéressant, mais qui est déjà âgé de 22 ans. Donc il est un peu impatient. Il veut tout le temps performer et il est vrai que ça nuit un peu à sa progression parce que, nous, on a besoin d’un peu de sérénité ».

« On a vu qu’en Argentine il a terminé à dix secondes du premier, ce qui était pour nous très bien car c’était un circuit qu’il ne connaissait pas. A Barcelone il finit aussi à une dizaine de secondes du vainqueur, mais, souvent, ses courses sont handicapées par des chutes, comme par exemple au Sachsenring où il est tombé dès le début, puis est reparti, et cela ne lui a pas permis de se battre dans un groupe ».

Au Championnat du Monde, la lutte est d’une intensité extraordinaire, avec seulement deux points d’écart entre les deux premiers Lorenzo Dalla Porta et Arón Canet. Pourtant ils n’ont gagné chacun qu’un Grand Prix cette année, mais sont loin devant les autres (Antonelli troisième est à 38 points). Que penses-tu de cette première moitié de saison ?

« Il est important de noter que les deux premiers du classement ont terminé toutes les courses, même si ce n’était pas toujours à la première place. Par contre, on s’aperçoit que Kaito Toba, qui a remporté le premier Grand Prix, fait partie des pilotes qui ont le plus chuté par la suite. Il y a vraiment une large distribution des podiums et des victoires. C’est important car les deux premières places au Championnat seront difficiles à rattraper ou même à convoiter, mais je pense qu’il y aura de bonnes places qui seront accessibles si on fait une bonne deuxième partie de saison ».

Chez les constructeurs, il n’y a que deux points d’écart entre la Honda de Dalla Porta et la KTM de Canet. Estimes-tu que les deux motos sont à peu près d’égale valeur, ou la différence vient-elle plutôt du pilote et de son équipe ?

« La politique de Honda est d’aider les équipes qui ont signé avec des pilotes intéressants. Il y a donc un peu plus de pilotes d’expérience sur les Honda. Canet, quant à lui, a effectué le parcours inverse et est passé de Honda à KTM et cela lui a plutôt réussi ».

« C’est donc assez partagé, mais aussi homogène car il y a eu plusieurs vainqueurs de course différents ».

Comment vois-tu la deuxième partie de la saison pour ton équipe CIP Green Power en particulier, et pour le Championnat en général ?

« Notre objectif est de travailler maintenant un petit peu différemment avec Darryn parce qu’on sait désormais qu’il a de la vitesse et est capable de réaliser de bonnes performances. Il faut qu’on se consacre à la régularité. Mais il faut aussi améliorer la vitesse de passage en virage, pour compenser le poids de Darryn qui nous handicape. Et finalement l’objectif est de finir toutes les courses jusqu’à la fin de l’année ».

« Pour ce qui est du Championnat du Monde, on peut penser qu’il va être vraiment disputé. On arrive sur des circuits où KTM a fait des tests comme à Spielberg. Il va y avoir des circuits très techniques, et nous sommes confiants quant aux pistes qui nous attendent ».

« Au Championnat, les cartes vont être redistribuées car il va encore y avoir des vainqueurs différents à chaque fois ».

Photos © Lukasz Swiderek, Mateusz Jagielski / PSP / www.photoPSP.com

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