Paolo Simoncelli est revenu sur la création de son équipe, d’abord en CIV et CEV puis en Championnat du monde Moto3.

En octobre prochain, cela fera neuf ans que Marco Simoncelli nous a tragiquement quittés sur le circuit de Sepang. Et depuis plusieurs années maintenant, sa mémoire est honorée par ses proches via la Fondation créée en son honneur, et en particulier par son père qui a en plus fondé une équipe portant son nom :  la Sic 58 Squadra Corse. Ses couleurs et son numéro ont été repris pour continuer à le faire vivre d’une autre manière dans le paddock.

Et aujourd’hui, avec trois podiums dont deux victoires ainsi que six pole positions décrochés par ses pilotes, Paolo Simoncelli est récompensé de tout le travail fourni, même si ça n’est que le début. Pour son sponsor Dell’Orto, il est revenu dans une interview vidéo sur tous les moments qui ont façonné son parcours de patron d’équipe.

« Le team Sic58 a été créé pour ne pas mourir… Ce sont des mots forts, durs, mais c’est comme ça. Lorsque des choses arrivent et qu’elles sont une véritable injustice, on risque de mourir, on risque de détruire sa famille, de se détruire soi-même », a-t-il déclaré. « Et je dois dire qu’au final j’ai eu de la chance, car Aldo Drudi m’a beaucoup poussé et c’est parti comme ça. C’est parti avec deux Honda 125cc, deux jeunes de 12 ou 13 ans, c’était sympa. Et puis la deuxième année nous avons progressé, puis nous sommes passés à quatre pilotes, puis cinq et ensuite nous sommes partis du CIV pour arriver dans le Championnat d’Espagne [CEV, ndlr]. Nous avons réalisé à quel point le niveau est différent du Championnat italien. »

« C’est quelque chose qu’on ne peut pas faire seul car, c’est moche à dire, mais il faut de l’argent », a-t-il poursuivi. « Sans argent, on ne peut pas faire ce métier. Nous avions donc besoin que des personnes passionnées nous donnent un coup de main. Et puis nous sommes arrivés dans le Championnat du monde, ce qui a représenté un cap important. C’était un cap important car nous savions très bien que les gens pensaient “Simoncelli est dans le Championnat du monde parce qu’il a perdu son fils, parce que… parce que”. C’est quelque chose qui m’a vraiment stimulé car je voulais montrer que nous étions arrivés au niveau mondial car nous savions faire notre métier. Nous avons donc tout fait avec le maximum de notre force. »

« Je dois dire que j’ai été chanceux car j’ai rencontré deux gars exceptionnels : Fabio Balducci pour le CIV et le CEV, et Marco Grana, l’un des techniciens les plus forts de notre secteur, en Mondial. Je me souviens de ce qu’il m’avait dit lorsque nous nous étions vus dans un hôtel à Bologne : “tu t’occupes de l’argent et je m’occupe de tout le reste” (sourire) et je dois dire qu’il a tenu sa promesse, tout se passe bien. »

« Nous sommes donc arrivés en Championnat du monde avec un jeune pilote qui était avec moi depuis [un moment] : Tony Arbolino. Et à ses côtés est arrivé Tatsuki Suzuki, qui était en Mondial depuis deux ans mais que personne ne connaissait. Et puis quand Arbolino est parti, Antonelli est arrivé. »

Et à présent, le binôme Suzuki/Antonelli semble monter en puissance pour apporter des résultats toujours meilleurs à Simoncelli, qui espère les voir s’imposer définitivement aux avant-postes.



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