pub

Pour la première fois dimanche dernier, les pilotes de la Coupe du Monde FIM MotoE (FIM Enel MotoE World Cup) ont participé à une course virtuelle où 9 équipes ont engagé 9 pilotes pour une course de 5 tours. Le team Trentino Gresini MotoE était représenté par le Champion en titre Matteo Ferrari, LCR E-Team par Xavier Siméon, Avintia Esponsorama Racing par Eric Granado, EG 0,0 Marc VDS par Mike Di Meglio, Join Contract Pons 40 par Jordi Torres, Intact GP par Dominique Aegerter, Tech 3 E-Racing par Lukas Tulovic, Ongetta SIC58 Squadracorse par Mattia Casadei, et enfin Openbank Aspar Team par Alex Medina.

Après que les pilotes MotoGP ont disputé seuls la première épreuve, puis qu’ils ont été rejoints ensuite par leurs collègues des Moto3 et Moto2, c’était ce weekend au tour les pilotes MotoE de se joindre à eux pour une grande première. Ferrari l’a emporté devant Granado et Casadei, avec Siméon cinquième et di Meglio septième.

C’était l’occasion de faire le point avec le Directeur de cette Coupe du Monde, Nicolas Goubert, tant au niveau des concurrents que par rapport à la situation actuelle.

Quelles sont les principales évolutions entre l’édition 2019 et l’édition 2020 de la Coupe du Monde MotoE, au niveau des motos et des pilotes ?

« Au niveau des pilotes, 7 sur un total de 18 sont des nouveaux. Ils sont répartis dans 6 teams privés MotoGP et 6 teams principalement Moto2, mais aussi Moto3. 6 équipes engagent 1 pilote, 6 en ont 2. »

« L’âge moyen a baissé parce que les nouveaux sont surtout des jeunes. Une douzaine de nationalités est représentée. »

« J’ai été très content que Héctor Garzó, qui a brillé l’année dernière chez Tech 3, ait réussi à décrocher un guidon en Moto2 chez Sito Pons. C’est très valorisant pour notre Coupe du Monde MotoE car cela signifie que les team managers des autres catégories regardent ce qui se passe en MotoE. Un pilote qui brille en MotoE peut se faire remarquer. »

« Les principales évolutions concernant la moto sont 10% de couple en plus entre 0 et 120 km/h avec plus de 220 Nm, un système de refroidissement plus perfectionné et de nouveaux pneus Michelin avant et arrière, les deux issus de la MotoGP. »

« Concernant les chargeurs, si la situation liée au Covid-19 ne nous fait pas prendre trop de retard, nous aurons un chargeur mobile qui sera utilisé sur la grille de départ pour recharger la batterie après le tour de formation, et également des chargeurs fixes, qui disposeront de leur propres batteries, et qui seront branchés sur le réseau et non plus sur des générateurs. »

« Pour ce qui est de la distance de course (directement lié au point précédent), avec la possibilité de recharger la batterie sur la grille, les courses feront un tour de plus. »

Il était prévu que le mondial MotoE ne participerait cette année à aucun des quatre premiers GP (Qatar, Thaïlande, Austin et Argentine). Finalement, dans le contexte actuel, ne serait-ce pas un avantage ?

« Disons que le contexte général est très particulier et très difficile pour les organisateurs d’évènements sportifs, comme nous le sommes chez Dorna. Nous savons d’ores et déjà que pour la MotoE nous ne conserverons pas le calendrier initial puisque Assen a été annulé. »

« Cependant, le fait d’avoir 5 évènements dans l’année, que nous pouvons positionner lors de n’importe quelle manche européenne de MotoGP, est évidemment un avantage. De ce fait nous sommes confiants sur la possibilité d’avoir un championnat disposant du même nombre de manches que celui prévu initialement, à savoir 5, même si certaines courses se dérouleront à huis clos. Toutes les courses seront retransmises sur Canal+, ce qui sera bien sûr très important. »

Tous les Championnats du Monde risquent de se retrouver « compressés » en fin de saison. Cela risque-t-il de priver le Championnat MotoE de ses pilotes qui sont officiels en endurance, comme Mike di Meglio et Josh Hook chez Honda, Nicolò Canepa chez Yamaha et Xavier Siméon chez Suzuki ?

« Nous avons effectivement remarqué que le WEC avait positionné le Bol à la date du GP de Misano et ce serait très dommage que les choses restent en l’état. »

« Attendons de voir car, de toutes les façons, certaines modifications restent à venir et ni les dates définitives du championnat MotoGP, ni, par conséquent, celles du championnat MotoE n’ont été annoncées. J’espère qu’il n’y aura pas de concordances de dates car ce serait dommage. »

Le développement en MotoGP est gelé pour deux ans, c’est-à-dire qu’on commencera la saison 2022 avec les motos actuelles. Qu’en est-il du développement des motos électriques ?

« Nous n’avons pas gelé le développement, contrairement aux autres championnats. »

« Pour la MotoE, nous avons un seul fournisseur, donc nous n’avons pas besoin de figer le développement. Toutefois, notre fournisseur en Italie a été touché de plein fouet, donc on ne va pas gagner de temps par rapport au plan de développement prévu pour les années à venir. »

Le fait qu’un pilote peu connu (Matteo Ferrari, dont le meilleur résultat a été 22e en Moto3 en 2014) ait remporté la Coupe du Monde en 2019 a-t-il nuit à la notoriété du mondial MotoE ?

« Le championnat a été très disputé, les courses très animées, de nombreux pilotes ont eu leur chance et Matteo Ferrari a mérité son titre. Mon opinion personnelle est que, au contraire, l’avènement d’un nouveau champion est toujours favorable à quelque championnat que ce soit. »

Mike di Meglio

Matteo Ferrari

Photos © Motogp.com / Dorna