Depuis l’arrivée de Rossi en Grand Prix en 2000, le championnat connut des heures particulièrement sombres en terme de spectacle. Il y a l’italien, et les autres. 2001 à 2003 sont autant d’années maîtrisées d’une main de maître par “Valentinik”. Pourtant, la saison 2004 laissait entrevoir une belle saison en perspective.

Valentino Rossi s’était mis en tête de relever le défi Yamaha. La firme d’Hamamatsu n’avait pas connu le titre mondial depuis 1992 avec le sacre de Wayne Rainey. Un série noire historique que n’avait pas su inverser Max Biaggi, meilleur ennemi de “Vale”.

Mais ni Gibernau ni Biaggi ne purent faire quelque chose contre le rouleau compresseur Rossi. L’année fut une fois de plus écrasée avec neuf victoires en seize courses. 2005 fut similaire, voir pire pour les concurrents du n°46. 147 points d’écart sur un Marco Melandri lui même esseulé.

Rossi semblait être devenu encore plus puissant avec Yamaha qu’avec Honda. Sur le papier, rien ne devait changer pour 2006 si ce n’est le cigarettier floqué sur les Yam d’usine. Pas besoin de vous faire un dessin : Rossi est ultra-favori.

Le jeune Dani Pedrosa fait son arrivée parmi les grands. Son bagage impressionnant – trois titres – et sa relation privilégiée avec Honda lui permet de décrocher un guidon Repsol pour sa première année. Photo : Box Repsol.


À ses côtés se trouve Colin Edwards, double champion du monde de Superbike. Celui-ci a du mal à s’acclimater au monde des Grands-Prix mais restait le parfait second pilote. En effet, il pouvait aider à marquer des points quand ça comptait, monter sur le podium et ne pas être une menace pour la star Yamaha. C’était du bonus.

La vieille garde elle, semble décimée. Pour Capirossi chez Ducati, l’heure semble passée. À 33 ans, l’italien ne semble plus en mesure de rivaliser, d’autant plus que l’usine pour laquelle il évolue est partie dans le mauvais sens depuis deux ans. Son coéquipier Sete Gibernau, au même âge, arrive chez les rouges pour sa première année et semble pouvoir rebondir après un exercice 2005 décevant.

La menace ne peut pas venir du duo Hopkins/Vermeulen chez Suzuki : une moto trop en dessous met à mal les espoirs de titres du sympathique tandem. Puis Honda. Depuis le départ de Rossi, la marque n’a jamais été restructurée. Nicky Hayden est le pilote de pointe, mais ses faibles performances depuis son arrivée dans la cour des grands laissent sur la faim.

Ce dernier avait tout de même réalisé une bonne saison 2005, terminant à la troisième place du général avec une victoire de légende aux États-Unis. Son allié sera un jeune rookie du nom de Dani Pedrosa. Futur “crack” repéré par tout le monde, le d’ores et déjà triple champion du monde arrive en catégorie reine par la plus grandes des portes.

Suzuki régale avec un duo sympathique Vermeulen/Hopkins, qui n’a pas fini de faire parler de lui. Photo : Raghava.

Tout ce beau monde, sans oublier les Kawasaki de Nakano/De Puniet ainsi que la Honda LCR du jeune Casey Stoner s’est donné rendez-vous à Jerez pour le lancement du championnat. Un démarrage …étonnant.

En effet, c’est Capirossi qui s’élancera de la pole position après avoir séché tout le reste du plateau. Si personne ne s’y attendait, ce n’était rien par rapport à ce qui allait suivre. Contrairement à d’habitude, Rossi part dans le paquet. Une place compliquée à l’entrée de la Curva Expo 92’ qui lui porte préjudice : un carambolage impliquant trois motos le fait chuter de sa Yamaha jaune.

Après s’être relevé instantanément, il ne peut s’empêcher de pester même si la faute dans un départ brouillon comme celui-ci est difficile à attribuer à un nom. Sans suspens, c’est un Capirossi que personne n’attendait qui franchit la ligne d’arrivée en tête, avec le meilleur tour en course. « The Doctor »  ne peut faire mieux que quatrième.

Début de saison houleux, mais les vagues les plus hautes n’avaient pas encore frappé.

 

Photos de couverture : Tamas



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