Cette saison 2020 en aura bousculé des certitudes. Dans une campagne concentrée dans le temps et dans l’espace, avec l’absence du taulier Marc Marquez, la boussole est comme devenue folle dans ce monde d’après. Les vainqueurs se sont bousculés au portillon, certains pour la première fois et on aurait pu avoir un Champion du Monde issu d’un team satellite avec une moto de l’an dernier. Ce qui aurait été comme une claque aux usines investissant dans du dernier cri. Heureusement, Morbidelli n’est que vice-champion avec sa Yamaha. Mais il a compris la leçon…

Le MotoGP a réussi son tour de force d’équilibrer les valeurs en présence sur sa grille de départ. Mais il a tellement excellé dans cette tâche, qui donne à chacun sa chance, que l’on en arrive à des situations où le matériel de dernière génération ne se justifie plus pour faire la différence. De quoi énerver les comptables des constructeurs et enlever tout argument aux ingénieurs qui demandent toujours les moyens de leurs ambitions…

On en est à un tel point que la nouvelle de devoir faire la saison avec une moto de la campagne précédente est appréciée par le pilote. Dans le cas de Franco Morbidelli, on a même passé un cap. Ce qui lui était affecté sans son avis est à présent carrément sa revendication ! Wilco Zeelenberg, team manager de l’équipe Petronas Yamaha déclare ainsi : « au début, ce choix était financièrement imposé. Mais à présent, il ne veut rien d’autre. Il se sent bien avec cette machine et ne veut pas la perdre ».

« Morbidelli n’a jamais abandonné »

Il ajoute sur Speedweek : « bien sûr, il aimerait plus de vitesse de pointe, mais il a dit: “si je ne peux pas tester et comparer la machine 2020, je préfère garder la 2019-M1.” On parle toujours d’une machine 2019, mais c’est en fait un hybride. Le moteur n’est pas tout à fait au niveau de 2019. Et nous avons également vu d’autres constructeurs qui regrettent parfois la machine de l’année précédente ».

Des regrets qui pourraient justement être ceux de Yamaha. On a vu en effet que Fabio Quartararo n’était pas aussi à l’aise que l’an dernier, et notamment en fin de saison, où durant les six dernières courses, il n’a marqué que 17 points contre… 81 à son équipier doté de la M1 “A-Spec »… Cependant, Zeelenberg ne met pas tout sur le compte de la moto. Le pilote Morbidelli a aussi sa part dans cette embellie : « Franco n’a jamais abandonné, c’était bon à voir. Il a tout essayé : la position du guidon, sa propre position sur la moto. Il s’est toujours durement battu. Il s’est entraîné dur en hiver et lors du premier test en 2020, il était beaucoup plus fort que prévu ».

Morbidelli sera donc à surveiller en 2021. Il aura comme équipier son mentor Valentino Rossi, qui aura une Yamaha de dernière génération. Un cadeau empoisonné ?



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