Nicolo Bulega n’a pas encore disputé son premier Grand Prix MotoGP comme titulaire qu’il identifie déjà l’une des principales difficultés de sa future aventure chez VR46. Champion du monde Superbike 2026, l’Italien redoute les conséquences du nouveau format de week-end, particulièrement pour les débutants. Avec des qualifications dès le vendredi et moins de temps pour découvrir les circuits, l’apprentissage pourrait devenir un véritable handicap. Une inquiétude qui apporte une nouvelle dimension au débat sur la réforme 2027.
Nicolò Bulega a en poche le titre mondial Superbike et l’ambition de terminer brillamment sa saison WSBK. Mais son avenir se prépare désormais dans un autre paddock.
En 2027, l’Italien rejoindra VR46 en MotoGP, où il découvrira une catégorie profondément transformée. Nouvelles motos de 850 cc, pneus Pirelli, aérodynamique réduite et disparition des dispositifs de correction d’assiette : les pilotes devront tous adapter leurs références.
Pour Bulega, le défi sera double. Il devra apprendre à exploiter sa nouvelle Ducati, mais également découvrir plusieurs circuits du calendrier MotoGP. Et le nouveau programme des week-ends risque de compliquer sérieusement cette adaptation.
Bulega : « Je vais devoir être performant immédiatement »
Le règlement 2027 introduira une séance de qualification spécifique au Sprint dès le vendredi. La qualification du Grand Prix restera organisée le samedi, avec une Q1 réunissant l’ensemble des pilotes avant une Q2 réservée aux douze plus rapides.
Le temps disponible pour travailler librement sur les réglages sera donc réorganisé et globalement réduit. Une perspective qui préoccupe déjà Bulega. « Le nouveau format sera exigeant et très stressant, dès vendredi, surtout pour un débutant. »
L’Italien précise sur GPOne : « Je vais devoir être performant immédiatement, et je ne connais pas beaucoup de circuits au calendrier, donc on n’a pas le temps de les apprendre et il faut être vraiment très fort. »
Cette déclaration révèle un problème que les discussions précédentes avaient relativement peu abordé. Les pilotes expérimentés disposent d’années de données et de repères sur la majorité des circuits.
Un débutant doit encore découvrir les trajectoires, les zones de freinage et les particularités de chaque piste, tout en apprenant le comportement de sa machine.
Le rookie Bulega pourrait perdre son droit à l’erreur
Traditionnellement, les premières séances d’essais permettent à un nouveau venu de construire progressivement sa vitesse. Il peut commencer prudemment, identifier les difficultés du circuit, puis accélérer au fil des sorties.
Avec une qualification Sprint dès le vendredi, cette progression devra être beaucoup plus rapide. « Les débutants n’auront pas le temps de progresser durant le week-end. » Bulega résume ainsi le principal danger sportif du nouveau système.
Une erreur d’appréciation ou un mauvais réglage pourrait compromettre la grille du Sprint avant même que le pilote ait véritablement trouvé ses marques. Et le lendemain, il faudra recommencer pour déterminer celle du Grand Prix.
Le problème ne sera donc pas nécessairement un manque de talent, mais un manque de temps pour l’exprimer.

Une égalité réglementaire qui ne garantit pas l’égalité sportive
Bulega refuse pourtant de dramatiser. « Mais au final, c’est la même chose pour tout le monde, et nous ferons de notre mieux. » Cette remarque mérite d’être nuancée. Oui, tous les pilotes disposeront du même programme. Mais ils n’aborderont pas chaque séance avec la même expérience.
Un vétéran connaissant parfaitement un circuit pourra consacrer davantage de temps à optimiser sa moto. Un rookie devra simultanément apprendre la piste, comprendre ses pneus et rechercher la performance.
C’est précisément ce qui distingue l’égalité des règles de l’égalité des conditions de préparation. Pour Bulega, champion du monde Superbike et pourtant débutant en MotoGP, la transition pourrait être particulièrement révélatrice.
Le MotoGP risque-t-il de compliquer l’éclosion de ses futurs talents ?
Carlos Ezpeleta a expliqué que le nouveau format répondait notamment aux demandes des équipes et des constructeurs. Andrea Dovizioso a dénoncé une pression croissante sur les pilotes. Bulega apporte désormais une interrogation supplémentaire : comment former les nouveaux venus lorsque chaque séance devient presque immédiatement décisive ?
Le MotoGP souhaite renforcer son spectacle en multipliant les qualifications. Mais il devra aussi veiller à ne pas transformer l’apprentissage de ses futurs champions en course permanente contre la montre.
Car en 2027, pour un débutant, le premier adversaire ne sera peut-être ni son équipier ni les autres Ducati. Ce sera le chronomètre, dès le vendredi.









