L’auvent Repsol Honda nous donnera l’occasion de vivre un instant historique en MotoGP : celui de voir deux frères équipiers, portant exactement les mêmes couleurs. Cependant, le niveau ne sera pas identique. Du moins a priori. Aux côtés d’un Álex Márquez fraîchement promu d’une Moto2 quittée avec le titre mondial, il y aura en effet l’octuple Champion du Monde qui domine la catégorie depuis 2013, le millésime 2015 excepté. La partie ne sera donc pas facile pour le cadet qui devra gagner sa légitimité dans une saison qui sera sans pitié, car courte et intense. Álex n’a qu’un contrat d’un an. Et le team manager Alberto Puig l’affirme : Márquez ou pas, il va falloir convaincre…

La saison 2020 n’est pas encore partie alors que nous sommes en mai. Elle s’élancera selon toute vraisemblance le 19 juillet à Jerez, à condition que le coronavirus s’essouffle. A partir de là, les meetings s’enchaîneront jusqu’en novembre. Le genre de rythme que ne voudrait pas un débutant avec un contrat de seulement un an. Or, c’est justement le cas d’Álex Márquez. Qui plus est au sein d’un team Repsol Honda considéré comme ce qui se fait de mieux. Autant dire que le droit à l’erreur est asymptote de zéro…

Pour soulager la pression, l’illustre frère aîné Marc a émis l’idée d’un marché des transferts figés au vu des circonstances exceptionnelles, comme il a été décidé pour les évolutions moteur et aérodynamiques. La reconduction pour 2021 serait ainsi assurée pour le cadet Álex. Mais Alberto Puig, le team manager, ne semble pas l’entendre de cette oreille : « nous lui avons donné sa chance parce que nous pensions que c’était juste. Il n’a pas eu un début facile, même s’il était étonnamment bon en Malaisie », a déclaré Alberto Puig lors du test de Sepang, où le champion du monde de Moto2 en titre était certes 18è, mais en ne perdant que 0,693 seconde sur la Yamaha de Fabio Quartararo.  Dans le test du Qatar, cependant, l’écart a grimpé à 1,661 seconde, Álex ne laissant que le pilote Aprilia Bradley Smith derrière lui. « Je suis à peu près sûr que si nous lui donnons la moto que nous avons déjà en tête, il ira mieux », a cependant assuré le responsable de l’équipe Repsol Honda à MotoGP.com.

Puig a également averti : « je ne dis pas que ce sera facile. Mais il commencera au moins à un point où il se sentira beaucoup plus à l’aise sur la moto. Il doit ensuite développer son potentiel et se battre dans chaque course comme si c’était le dernier jour de sa vie. Chaque jour est comme le dernier, vous devez vous battre comme un fou. Ce sera aussi son cas. Il a un contrat d’un an. Maintenant, nous devons attendre de retourner sur le circuit pour voir ce qu’il peut faire. »

La recette pour être champion d’Alberto Puig semble simple, mais…

Mais cette année 2020 sera particulière : « tout le monde comprend qu’un calendrier plus court signifie que vous ne pouvez pas vous permettre de faire des erreurs », a déclaré Puig en examinant le plan d’urgence mis en place par Dorna. « Mais vous ne pouvez pas non plus vous attendre à gagner un titre en restant derrière. En fin de compte, l’homme doit se montrer, il doit prendre des risques, il doit être intelligent pour ne pas tomber et il doit être le plus rapide. Et si la moto n’est pas prête à 100% sur un tracé, il doit compenser avec ses capacités. Sur d’autres circuits où la moto est super bonne, il faut en profiter. »

Car une chose est sûre, que la saison soit longue ou courte, « pour gagner un championnat, il faut gagner des courses. » Cela semble évident comme ça, mais on se souviendra que le manager des Márquez, qui n’est autre qu’Emilio Alzamora, a remporté le championnat du monde 125 cm3 en 1999 avec la particularité de n’avoir jamais gagné dans la saison

 



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