Si, pour certains, cette saison 2019 de MotoGP s’achèvera véritablement au soir du Grand Prix de Valence, pour d’autres, l’exercice est déjà plié. Car il n’y a plus rien à gagner. C’est le cas d’Andrea Dovizioso qui, pour la troisième fois consécutive est vice-champion du monde de Marc Márquez. Dans l’absolu, c’est honorable et même méritoire au vu de la qualité de l’adversaire. Mais un peu plus chaque année l’écart grandit alors qu’il devrait se réduire. Et DesmoDovi l’avoue en faisant son bilan, cette fois, cet écart s’avère même ridiculement grand…

Rappelez-vous : en présentant ses troupes pour l’exercice 2019, Ducati promettait que, cette fois, c’était la bonne. Il y avait même sur les carénages un sponsor au nom si évocateur qu’il était comme une incantation. On allait voir ce que l’on avait voir dans une campagne qui allait débuter avec un Marc Márquez diminué par une délicate blessure à l’épaule qui devait encore se remettre. Enfin, ça, c’était la théorie parce que, sur la piste, le même Márquez ne s’en est pas laissé compter…

Au guidon d’une Honda qui répliquait aux points forts de la Desmosedici tandis qu’il se chargeait à lui tout seul de gérer les défauts de sa nouvelle RC213V, Marc Márquez a fait une démonstration. Pour peu, à écouter Dovizioso, on parlerait même d’humiliation infligée par le taulier du HRC : « nous avons eu beaucoup de hauts et de bas cette saison, et plus de problèmes globalement qu’au cours des deux dernières années », a déclaré l’équipier de Danilo Petrucci. « L’écart avec Marc est trop grand, ridiculement grand, non seulement pour moi, mais pour tous les autres pilotes également. Il est difficile de trouver un moyen de battre Marc, il est même difficile de savoir quoi faire. »

Le constat est là : en 2017, la décision ne s’est faite que lors de la grande finale à Valence. À la fin, Márquez avait 37 points d’avance. L’année dernière, Márquez a remporté le titre lors du week-end de course à Motegi et a terminé la saison avec un coussin de 76 points. Cette année, l’officiel Honda a raflé la mise dès la Thaïlande et compte avant la dernière échéance de Valence 139 longueurs d’avance sur Dovizioso.

Ce dernier a connu de bons moments en soufflant la victoire dans le dernier virage du dernier tour à Márquez à quelques occasions. Mais il a aussi perdu quelques atouts maîtres : sa gestion de course n’est plus aussi sûre et sa Ducati n’est plus la seule à savoir accélérer, rouler vite en ligne droite et profiter d’une puissance de feu intimidante. « J’ai été capable de gérer beaucoup de courses en restant calme, même si j’étais trop lent », explique Dovizioso. « Cela signifiait que je pouvais rattraper quelques positions à la fin, mais ce n’est pas suffisant, il nous faut plus et nous devons nous améliorer. Nous n’avons tout simplement pas la vitesse requise pour les essais et le début de la course nous sommes dans une situation difficile, parce que vous ne pouvez pas élaborer la bonne stratégie. »

Pour 2020, il va donc revoir sa copie chez Ducati… « je sais ce que j’aimerais avoir de différent, mais il n’est pas facile de comprendre tout cela en termes de style de pilotage, de conduite et de comportement de la moto, mais nous continuerons à donner tout ce qu’il faut, sinon nous n’avons rien à faire ici. » Il termine sur motorsport-magazin : « tout est possible. En 2017 et 2018 nous avions très bien réussi et je pense que nous pouvons recommencer. Chaque saison a sa propre histoire. »



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