Il faut bien l’admettre, Maverick Viñales est à présent au pied du mur chez Yamaha. Une situation de crise que le changement de mécanicien sans préavis a symbolisée. Le Grand Prix d’Allemagne a suivi sous la forme d’un désastre marqué par une dernière place lors des qualifications, une position répétée à l’arrivée de la course. L’écart avec son équipier Fabio Quartararo, qui joue le titre, est à présent abyssal alors que l’Espagnol avait entamé sa saison par une victoire au Qatar. Chaque acteur en cause semble ne pas comprendre l’autre dont il attend des réponses à des questions non comprises. En 2019, lors du dernier Grand Prix des Pays-Bas, Maverick Viñales avait été victorieux. Il serait inconcevable qu’il trébuche à Assen comme au Sachsenring. La pression est mise…

Une pression d’ailleurs mise de part et d’autre. Car si Yamaha réorganise son box avec apparemment des consignes précises, le pilote, lui, dit ce qu’il en pense… Sur Marca, il a ainsi précisé : « l’équipe me dit de travailler. Je suis censé aller là-bas et collecter des données et je le ferai. Mais ce n’est pas pour ça que je suis ici. Je ne suis pas non plus un pilote d’essai. À un moment donné, il arrive un moment où, en tant que pilote, vous dites que cela semble irrespectueux. Le moyen le plus simple est de prendre la configuration de Fabio et de voir jusqu’où je peux aller. Mais ce n’est pas la solution. Si je veux vraiment gagner, je dois gagner avec ma configuration. Vous pouvez bien sûr vous inspirer de votre coéquipier, mais ce n’est pas la solution et c’est ainsi que nous sommes depuis la course de Portimao. »

Viñales rentre dans les détails : « c’est toujours la même chose. Je glisse trop. Je le dis depuis des semaines et il n’y a pas de solution. Nous travaillons pour trouver une solution, mais nous ne l’avons pas encore trouvée. J’essaie d’être calme, j’essaie de travailler, j’essaie de tout faire, mais le résultat est toujours décevant. Quand on a une Ducati devant soi, la frustration est incroyable ».

Viñales : “il ne m’est jamais venu à l’idée de vraiment jeter l’éponge”

Viñales en est à son troisième chef mécanicien en trois ans. Mais il y a fort à parier que chez Yamaha, il n’y aura plus d’autre solution que Silvano Galbusera… « J’essaye vraiment de trouver des solutions. J’ai essayé de doubler à l’extérieur. J’ai essayé de doubler à l’intérieur, d’accélérer, de ne pas d’accélérer. Mais nous savons qu’il est difficile de dépasser avec notre moto » commente Viñales. « Ce qui me frustre le plus, c’est de ne pas savoir pourquoi je n’ai pas d’adhérence lorsque j’ouvre les gaz. C’est vraiment ce qui me frustre le plus ».

Vu l’ambiance, on craint que l’on en arrive à un point de rupture… Viñales ne nie pas qu’il l’entrevoit parfois. Mais pour le moment, il tient bon : « en Allemagne, c’était un désastre, une honte. J’aurais adoré aller dans les stands, mais il ne m’est jamais venu à l’idée de vraiment jeter l’éponge. Mille choses peuvent arriver, je n’abandonnerai pas ». Certes, mais pendant ce temps, la relève pousse et Yamaha ne veut pas passer à côtés des révélations. Et avec un Fabio Quartararo qui s’affirme comme le patron, la marque aux diapasons a des arguments et une marge de manœuvre pour faire bouger les lignes, ce qui n’était pas le cas avec le duo Rossi-Viñales.

Viñales Yamaha



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