Entre Joan Mir et Jack Miller la bisbille commencée au Qatar dès le début de cette saison se poursuit et a connu un nouvel épisode en fin de partie de ce Grand Prix des Amériques à Austin. Dans une dernière manœuvre désespérée dont l’enjeu n’était qu’une sixième place, l’officiel Suzuki, qui a perdu au Texas tout espoir de garder son titre mondial, a ouvert au pied de biche la porte que Jack Miller lui avait verrouillée dans un virage. Le contact a eu lieu et les deux hommes ont continué à s’expliquer une fois l’arrivée franchie…

Concernant ce fait de course, il n’a pas été au goût des commissaires qui ont sanctionné Joan Mir en le rétrogradant d’une place. Le voilà donc huitième de cette course américaine, Jack Miller pointant septième, mais cette fameuse sixième place revient à Bastianini qui rit encore d’avoir ainsi gagné deux places sans effort, puisqu’il s’est faufilé entre les deux bretteurs sortis de la trajectoire pour filer vers le drapeau à damier.

Reste que la colère est toujours vivace chez Jack Miller qui est allé dire son fait à son bourreau majorquin en empoignant son casque pour qu’il entende certainement mieux les mots doux qu’il lui distillait… « La liste s’allonge de plus en plus : ici, Misano, Assen… Il me tape toujours sur le côté. Je me fiche de ses excuses. Bien sûr, je peux aussi conduire de manière agressive, mais je pense que je suis l’un des pilotes équitables sur le terrain. Parfois, des choses comme ça arrivent, mais j’ai arrêté de compter combien de fois c’est arrivé avec lui cette saison. Vous pouvez mieux gérer la situation, mais je veux me concentrer sur mon travail et juste faire en sorte qu’il ne puisse plus m’attaquer ».

L’Australien n’était pas calmé par la sanction infligée à Joan Mir : « les commissaires choisissent la punition qu’ils aiment. Le dernier week-end de course, Aegerter a obtenu plus que pour la même infraction contre Torres 30 secondes de pénalité de temps en MotoE. Chaque fois que je pilote contre ce type, il me fonce dessus », s’agace Miller. « A Misano, je suis tombé de la 4e à la 6e place, à Austin de la 6e à la 8e ! »

Miller termine : « cette manœuvre n’avait aucun sens pour lui car nous devions tous les deux aller loin et quelqu’un pouvait passer derrière nous. Mais apparemment, c’est le style dans lequel il veut courir ». Et apparemment, cette affaire avec Mir, il veut la régler tout seul. Ainsi, il ne s’en ouvrira pas en commission de sécurité : « non, ce n’est pas nécessaire. En MotoGP, il y a un certain respect, et puis je ne veux pas être celui qui se plaint de ceci ou de cela. Ce n’est pas moi, ce n’est pas mon style. Je dois apprendre à être celui qui attaque, et non celui qui subit l’attaque en fin de course. C’est le plus gros problème, je dois y travailler ».

Joan Mir : “je n’aime pas crier après un autre pilote et le menacer

Le pilote Suzuki s’est excusé, mais Miller a attrapé le champion du monde et a clairement indiqué qu’il garderait un œil sur lui. Qu’en dis le pilote Suzuki ? « Je n’aime pas crier après un autre pilote et le menacer » dit-il. « Je n’ai pas du tout aimé sa réaction. Je peux le comprendre de toute façon, c’est un bon gars. Je ne veux pas répéter ce qu’il a dit, mais je comprends parfaitement… » minimise Joan Mir, soulignant la tension à l’issue d’une course aussi compliquée. « Il se comporte toujours très bien en course, c’est vrai qu’on a eu des ‘conflits’ car on se bat quand même. Mais nous sommes des pilotes, je comprends qu’il s’est échauffé ».

Il souligne également que ce n’était que le dernier épisode. « Mon cuir est marqué. Miller m’a touché dans le premier virage, même Binder était assez agressif… Mais je suis calme et sûr de me relever, très bien. Je n’aime pas critiquer ou crier sur un autre pilote quand tout est fini. » Cependant, il ne partage pas la sanction. « Ce sont des choses qui peuvent arriver, les contacts font aussi partie de la course. Ce n’étaient certainement pas les mêmes commissaires du Qatar… », a-t- il minimisé, rappelant ainsi le début du conflit qui ne trouve donc pas de fin dans un contexte général où la question du respect de l’adversaire comme question centrale sur la sécurité se pose de plus en plus gravement. Elle ne concerne aussi le peloton du MotoGP.

Joan Mir

Miller et moi avons échangé des politesses dans le tour de départ - Photo : LAT Images

MotoGP Austin J3 : classement

Joan Mir

Crédit classement motogp.com



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