WSBK
Publié le 1 novembre 2026 • 18:00 par André Lecondé

MotoGP : Brad Binder quitte KTM pour BMW en WSBK… et Michelin pourrait être son meilleur allié ou son pire souvenir !

Binder rejoindra BMW en WSBK en 2027. Chris Gonschor compte sur son expérience Michelin, qui le met pourtant au supplice en MotoGP.

Brad Binder

Brad Binder s’apprête à tourner la page du MotoGP pour rejoindre BMW en WorldSBK en 2027, où il retrouvera Miguel Oliveira. Pour Chris Gonschor, responsable du programme Superbike du constructeur allemand, le Sud-Africain possède toutes les qualités pour être immédiatement rapide. Son principal avantage ? Une longue expérience des pneumatiques Michelin, qui feront eux aussi le voyage vers le championnat des motos dérivées de la série. Une perspective séduisante, mais pas dénuée d’ironie.

Après plusieurs saisons chez KTM, Brad Binder s’apprête à découvrir un environnement radicalement différent. Fini les prototypes MotoGP et leurs dispositifs aérodynamiques sophistiqués. Place à la BMW M 1000 RR et aux exigences particulières du WorldSBK.

À 31 ans, le Sud-Africain retrouvera Miguel Oliveira, son ancien coéquipier chez KTM, dans l’équipe officielle du constructeur bavarois. Un duo expérimenté auquel BMW entend confier ses ambitions pour 2027. Et Chris Gonschor ne cache pas son optimisme.

« Je suis sûr qu’il sera rapide »

Interrogé par GPOne, le responsable du programme Superbike de BMW affiche sa confiance envers Binder. « Je suis sûr qu’il sera rapide. » Mais Gonschor reconnaît immédiatement que la transition ne concernera pas uniquement les pilotes. « La moto sera également nouvelle pour nous, constructeurs, car nous devrons nous adapter à tous ces changements. »

Car 2027 marquera une transformation importante des deux championnats. Le MotoGP abandonnera Michelin au profit de Pirelli, tandis que le WorldSBK empruntera le chemin inverse.

Un échange de manufacturiers qui pourrait modifier profondément les références techniques et les habitudes de pilotage.

Michelin : un avantage pour les anciens du MotoGP ?

Pour BMW, la présence de Binder et Oliveira pourrait faciliter cette transition. Les deux hommes connaissent les caractéristiques générales des pneumatiques Michelin après plusieurs saisons dans la catégorie reine.

« Miguel et Brad connaissent déjà le comportement des pneus Michelin », explique Gonschor. Il prend néanmoins soin de préciser : « Bien sûr, on ne peut pas comparer directement les pneus MotoGP avec ceux de Superbike, mais certaines sensations générales peuvent leur être familières. Cela pourrait faciliter leur adaptation. »

Les pneus destinés aux prototypes MotoGP ne seront pas identiques à ceux développés pour les machines de WorldSBK. Les carcasses, les composés et les contraintes mécaniques différeront.

Mais la connaissance des méthodes de travail du manufacturier, de ses réactions générales et de ses exigences pourrait représenter un avantage lors des premiers essais. Surtout face à des pilotes qui devront, eux, abandonner leurs automatismes acquis avec Pirelli.

Brad Binder

L’ironie Binder : Michelin lui a aussi compliqué la vie

L’optimisme de BMW comporte pourtant une contradiction intéressante. Depuis l’introduction d’un pneu arrière Michelin offrant davantage d’adhérence en 2024, Binder a rencontré des difficultés croissantes pour retrouver ses performances antérieures.

Le Sud-Africain, longtemps réputé pour sa capacité à exploiter la KTM dans des conditions délicates, a progressivement perdu ses repères. Le comportement des pneumatiques et leur interaction avec la moto ont constitué une partie du problème.

Dès lors, présenter Michelin comme un avantage automatique serait excessif. Connaître un manufacturier ne signifie pas nécessairement apprécier toutes ses évolutions techniques.

Et les sensations que Binder retrouvera sur une BMW de Superbike dépendront autant du châssis, de l’électronique et de la répartition des masses que du fournisseur de pneus.

BMW mise sur deux pilotes qui se connaissent

L’association Binder–Oliveira présente un autre intérêt pour BMW. Les deux pilotes ont déjà travaillé ensemble chez KTM et connaissent leurs méthodes respectives. Cette expérience commune pourrait faciliter la comparaison des réglages et accélérer le développement de la M 1000 RR adaptée à la nouvelle réglementation.

Le constructeur allemand disposera ainsi de deux pilotes habitués à fournir des retours techniques dans un environnement MotoGP particulièrement exigeant. Mais leur adaptation ne sera pas instantanée.

Les courses WorldSBK imposent des stratégies différentes, une gestion spécifique des pneumatiques et une connaissance approfondie des motos dérivées de la série. Binder devra donc apprendre à exploiter une machine nouvelle tout en retrouvant sa confiance.

Une seconde carrière à construire pour Binder

Après des années difficiles en MotoGP, le passage chez BMW représente une occasion de repartir sur de nouvelles bases. La question n’est pas de savoir si Binder possède la vitesse nécessaire.

Il l’a démontré au plus haut niveau. Il faudra déterminer si la BMW et les nouveaux Michelin lui permettront de retrouver un pilotage efficace. Chris Gonschor est convaincu que Binder sera rapide. Reste à savoir si le Sud-Africain retrouvera avec Michelin en WorldSBK les sensations qui lui ont parfois échappé en MotoGP.

Une ironie presque parfaite : pour relancer sa carrière, Brad Binder pourrait devoir faire la paix avec le manufacturier qui a accompagné ses dernières difficultés.

Brad Binder

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