Le forfait de Yamaha au Grand Prix du Qatar a provoqué une clarification des positions dans le paddock. À une semaine de Losail, les autres constructeurs doivent désormais répondre à une question simple : suivront-ils l’exemple japonais ou respecteront-ils le calendrier malgré les inquiétudes sécuritaires ? Pour l’instant, Honda, Ducati et Aprilia choisissent de courir. Mais derrière cette apparente unité, les situations individuelles restent plus complexes.
Honda répond à Yamaha : ce sera oui pour Losail
C’est la prise de position la plus significative depuis l’annonce du retrait de Yamaha. Alors que son compatriote japonais refuse le déplacement, Honda confirme officiellement sa participation. « Honda HRC participera à la 20e manche du Championnat du monde MotoGP, qui se déroulera au Qatar. »
Le constructeur précise avoir consulté ses pilotes, son personnel technique et les responsables du championnat avant de prendre sa décision. Ce choix est particulièrement révélateur : deux grandes entreprises japonaises, confrontées au même contexte régional, aboutissent à des conclusions opposées.
Honda ne prétend pas pour autant que les inquiétudes des pilotes ont disparu. Elle confirme simplement son engagement sportif après avoir évalué la situation. La décision de Yamaha ne déclenche donc pas, à ce stade, de retrait collectif des constructeurs.
Ducati : Tardozzi affiche une confiance totale
Chez Ducati, la position est encore plus affirmée. Interrogé après le Grand Prix de Malaisie, Davide Tardozzi assure ne pas être préoccupé par le déplacement. « Je ne suis pas inquiet. » Le responsable de l’équipe officielle estime que Carlos Ezpeleta et les organisateurs ont apporté les garanties réclamées. « Tout ce que les pilotes ont demandé à Dorna, à Liberty, a été fourni. »
Tardozzi insiste également sur le fonctionnement contractuel du championnat : les pilotes sont liés à leurs équipes, lesquelles doivent assurer la communication avec le promoteur. Une position qui tranche avec les réunions indépendantes organisées par les pilotes à Sepang.
Reste une nuance importante : Marc Marquez a confirmé sa participation, mais prévoit d’arriver au Qatar jeudi soir, le plus tard possible. Le vainqueur du Grand Prix de Malaisie évite également de se prononcer publiquement sur l’opportunité de maintenir la course. Ducati affiche donc sa confiance, sans que son pilote vedette adopte exactement le même discours.
Aprilia et TrackHouse : présents, mais sans enthousiasme unanime
Aprilia prévoit également de participer au Grand Prix. Chez TrackHouse, Davide Brivio confirme que son équipe se déplacera avec son organisation habituelle. « Nous sommes pleinement engagés dans le championnat MotoGP et les courses inscrites au calendrier. » Mais il ajoute une formule moins catégorique : « Nous espérons y organiser une course. »
Un engagement sportif, donc, qui ne constitue pas une garantie absolue sur le déroulement du week-end. Selon Gavin Emmett, journaliste de TNT Sports, Marco Bezzecchi et Ai Ogura auraient été les deux seuls pilotes à exprimer une position franchement favorable au déplacement lors de la réunion privée de Sepang.
Cette information n’a pas été confirmée individuellement par les intéressés. Elle suggère néanmoins que la position officielle des équipes et les sentiments personnels des pilotes ne se superposent pas nécessairement.
Sending a big get better soon to @JoanMirOfficial ❤️#MalaysianGP 🇲🇾 pic.twitter.com/Wmj0vaWn2C
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) November 1, 2026
Joan Mir : Honda présente, mais un pilote encore incertain
La confirmation de Honda laisse subsister une interrogation majeure. Joan Mir souffre de troubles visuels qui se sont manifestés de nouveau en Malaisie. Après Sepang, il a publié un message préoccupant sur Instagram : « Nous savions que cela pouvait arriver aujourd’hui. Maintenant, il est temps de rentrer à la maison et de comprendre pourquoi. » L’Espagnol remercie ensuite ses supporters pour leur soutien.
Aucun forfait pour Losail n’est annoncé, mais son aptitude médicale reste à déterminer. Autre absence déjà confirmée : Alex Marquez, qui doit subir une intervention chirurgicale à l’épaule. Son forfait est indépendant de la controverse sécuritaire.
Une grille qui se précise, une fracture qui demeure
Le tableau devient progressivement plus lisible.
- Honda : participation confirmée, Joan Mir encore incertain.
- Ducati : déplacement maintenu, Marc Marquez attendu jeudi soir.
- Aprilia et TrackHouse : engagement confirmé, Bezzecchi et Ogura présentés comme favorables au déplacement.
- Yamaha : forfait officiel, sans autre constructeur ayant annoncé suivre son exemple à ce stade.
Un autre détail mérite d’être souligné : Yamaha ne sera pas totalement absent du Grand Prix du Qatar. Pramac participera au Moto2, l’équipe ayant décidé de s’y engager volontairement. L’écurie italienne maintient son engagement malgré la décision de Yamaha concernant le MotoGP.
Et il a des raisons sportives de le faire. Izan Guevara arrive au Qatar en pleine lutte pour le titre Moto2. Après le Grand Prix de Malaisie, il n’est qu’à 3,5 points de Manuel Gonzalez , qui conserve la tête du classement. Manquer une course à ce stade pourrait compromettre sérieusement ses chances de titre.
Reste que le refus de Yamaha n’a pas provoqué l’effet domino que certains pouvaient envisager. Mais il a révélé une autre réalité : les constructeurs peuvent décider de courir sans que tous leurs pilotes partagent nécessairement leur sérénité. À Losail, les MotoGP seront peut-être nombreuses. Les certitudes, beaucoup moins.
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