Le duel Ducati-Aprilia déborde désormais de la piste. Après avoir suggéré qu’Ai Ogura avait défendu lors du Sprint sa position avec une agressivité particulière pour favoriser Marco Bezzecchi, Marc Marquez a reçu une réponse cinglante de Massimo Rivola. Le patron d’Aprilia Racing ne s’est pas contenté de nier toute manœuvre : il a insinué que les véritables arrangements se trouveraient plutôt dans le camp Ducati. Et plus précisément « en famille ». Ambiance.
Rivola sur les Marquez : « Les jeux d’équipe, c’est plutôt chez eux… en famille »
Tout commence après le Sprint de Sepang. Ogura, pilote TrackHouse sur Aprilia, résiste fermement aux attaques de Marquez avant de terminer quatrième, derrière Bezzecchi. Une bataille qui nourrit les soupçons de consignes destinées à ralentir le pilote Ducati, alors que Bezzecchi et Jorge Martin tentent encore de limiter les dégâts au championnat.
Interrogé par DAZN Espagne, Marquez glisse une allusion : « Le paddock est petit, ces choses-là se savent. » Selon lui, Ogura avait intérêt à lui résister pour ne pas faciliter davantage sa progression au classement.
La réplique de Rivola, recueillie avant le Grand Prix sur Corsedimoto, est immédiate : « Ce que dit Marc ne m’intéresse pas vraiment, sincèrement. D’autant que je crois que les jeux d’équipe se pratiquent davantage chez eux… en famille. »
Une pique transparente, même si Rivola ne cite aucun nom : l’allusion semble viser Marc et son frère Alex Marquez, pilote Gresini Ducati, parfois soupçonné par certains observateurs de ne pas attaquer son aîné avec suffisamment de vigueur.
Mais une insinuation n’est pas une preuve. Aucun arrangement entre les deux frères n’est établi.

Tardozzi répond à Rivola, sans éteindre la polémique
Davide Tardozzi, directeur de l’équipe officielle Ducati, refuse de prolonger le procès d’intention, tout en maintenant son reproche envers Ogura. « Je ne sais pas ce que fait Aprilia. Nous nous occupons de nous-mêmes et ils sont libres de faire ce qu’ils veulent. Peut-être qu’Ogura a été trop agressif avec Marc à deux reprises hier. »
Ducati ne formule donc pas d’accusation étayée de consignes officielles. Mais la suspicion est désormais publique, et la réponse d’Aprilia a déplacé le débat sur un terrain personnel.
Ogura dépasse Bezzecchi : la piste contredit les soupçons
Le dimanche, pourtant, la course apporte un contrepoint spectaculaire. Ogura termine quatrième et n’hésite pas à dépasser Bezzecchi, son collègue de marque, au prix d’une manœuvre musclée et d’un contact. Aucun des deux ne chute.
Bezzecchi finit sixième après une erreur dans le dernier tour, qui permet aussi à Enea Bastianini de passer. Si Aprilia avait donné à Ogura une consigne générale de protéger Bezzecchi, cette attaque serait difficile à expliquer.
Elle ne démontre pas à elle seule qu’aucune instruction ponctuelle n’a jamais existé, mais elle fragilise nettement la théorie d’une discipline de marque systématique. Ogura avait d’ailleurs nié avoir reçu l’ordre de ralentir Marquez lors du Sprint. Sa course du dimanche donne du poids à cette version.
Pendant ce temps, Marquez remporte le Grand Prix et porte son avance sur Martin à 44 points. La bataille pour le titre se poursuit, mais les échanges entre dirigeants montrent que les rivalités ne se jouent plus seulement au chronomètre.
Alors, qu’est-ce qu’on retient ?
- Rivola répond aux soupçons de Marquez en visant implicitement les relations entre les deux frères.
- Tardozzi juge Ogura trop agressif, sans présenter de preuve d’ordres d’équipe.
- En dépassant Bezzecchi dimanche, Ogura complique sérieusement le récit d’une stratégie Aprilia concertée.
Au fond, la meilleure réponse à une accusation de consignes n’est peut-être pas un communiqué : c’est un dépassement. Et celui d’Ogura sur Bezzecchi a fait bien plus de bruit que les insinuations du paddock.





