Après s’être brillamment illustré lors de la première journée du Grand Prix de la République tchèque, Johann Zarco a créé la surprise en obtenant la pole position devant son compatriote Fabio Quartararo.

Le pilote français a donc été convié à la conférence de presse post-qualification qui a réuni également Fabio Quartararo, Franco Morbidelli, Joe Roberts et Raúl Fernández.

Comme à notre habitude, nous reportons ici l’intégralité des propos de Johann Zarco, sans la moindre mise en forme.


Johann, après une dernière saison difficile, cette pole position doit-vous apporter une confiance extraordinaire…

Johann Zarco : « C’était une bonne émotion que d’obtenir cette pole position ! J’ai vu le chrono et j’ai été surpris car il y avait une différence énorme avec celui que j’avais fait avec le premier pneu lors de la qualification. J’ai alors pensé que c’était un bon chrono pour obtenir une bonne position, mais ce n’était pas mon dernier tour. J’avais encore un tour mais j’ai pensé que je ne pourrai pas réellement attaquer un tour supplémentaire car j’avais vraiment bien utilisé le pneu lors du premier tour. Ce week-end, il y a une grande différence entre le premier tour et les autres. Même si vous essayez de mieux piloter, le chrono ne s’améliore pas, et c’est pourquoi il est vraiment important d’exploiter parfaitement le premier tour du pneu tendre. »

« Quand j’ai franchi la ligne, j’ai vu le panneau P1 montré par mon équipe et ils avaient l’air heureux, mais j’avais encore à l’esprit qu’un autre pilote allait améliorer. Comme il n’y a pas d’écrans géants autour de la piste, vous vous demandez vraiment ! D’un côté vous souriez, mais de l’autre vous vous dîtes d’être simplement heureux du chrono car vous n’êtes pas sûr d’avoir la pole position. Puis, quand je suis allé dans le parc fermé, j’étais à l’emplacement du numéro un. C’était vraiment bon ! Je suis tout simplement heureux ! Car comme je l’ai dit, c’est avant toute une surprise pour moi. Je grandis et je progresse à chaque tour sur cette moto, pour mieux contrôler la Ducati qui a un très grand potentiel, mais avec laquelle il n’est pas facile de tout faire. Je dirais qu’au niveau où je me situe dans ma progression, je ne m’attendais pas à avoir la pole position. »

À quoi peut-on s’attendre demain en course ?

« Quoi qu’il en soit, je pense que le rythme de course est meilleur que lors des épreuves précédentes, mais pas encore celui qu’il faut pour gagner. De toute façon, les conditions seront légèrement différentes demain mais grâce à la pole position acquise aujourd’hui, je pourrai avoir un avantage en début de course. Cela serait également la deuxième surprise du week-end. Donc je dois attendre et voir demain. Rester le plus longtemps possible à me battre pour le podium ? Pourquoi pas, cela pourrait être une très bonne option, mais également rester fort dans le top cinq. Comme je l’ai dit, le niveau où je suis actuellement dans mon apprentissage, obtenir un top cinq serait un excellent résultat ! Les choses se remettent en place mais je dois accepter n’importe quel pas en avant. Aujourd’hui, il s’agit d’un plus grand pas que ce que nous avions prévu, donc nous le prenons et c’est toujours positif, mais demain, peut-être que de rester avec les tops pilote sera une grande aide pour être rapide, puis le pneu se dégradera et nous verrons comment le gérer. »

Quel goût à cette pole position, et vous laisse-t-elle espérer de pouvoir être pilote officiel Ducati l’année prochaine ?

« L’objectif est d’avoir une bonne selle chez Ducati l’année prochaine, mais le premier objectif est de bien travailler cette année. Je sens que j’ai perdu quelque chose pour piloter à très haut niveau et je suis très heureux de pouvoir retrouver ce feeling avec la Ducati. Cela ne vient pas d’un coup mais nous voyons, comme aujourd’hui, que nous pouvons parfois être surpris. Mais ce n’est pas seulement une surprise pour la qualification, car la performance a été meilleure hier qu’à Jerez, donc nous verrons. Mon premier objectif est de faire un bon travail sur la moto et de m’améliorer, et je sais que si je fais bien toutes ces petites choses tout le temps, alors les performances viendront. Et à partir de là, je verrai où je peux être chez Ducati, car de toute façon ma seule solution est de rester chez Ducati. Mais après tout ce qu’ils ont fait depuis novembre dernier pour l’équipe et pour moi, il est clair que je veux rester avec eux, car je me sens bien sur la moto et je sens que je peux faire bien plus dans le futur. Je pense qu’il croient également à cela mais ils attendent de voir comment je peux performer durant les courses. Peut-être pour me donner une chance, pourquoi pas, d’être sur la moto d’usine. Nous verrons. »

Pouvez-vous comparer le Johann Zarco 2018 au Johann Zarco 2020 ? Et la Ducati réclame-t-elle un travail différent de celui fait avec la Yamaha ?

« Oui, on a besoin de faire des choses différentes. Quand vous regardez à la télévision, il n’est pas facile de voir ces différences concernant le pilotage, mais clairement, la façon que j’avais de performer en 2017 et 2018 ne serait pas suffisante cette année, même avec la Yamaha. Je vois que chaque pilote a beaucoup progressé et chacun se sens plutôt à l’aise sur sa moto, comme on a pu le voir ce matin en FP3 où il y avait 11 pilotes en 2 dixièmes. Cela signifie que tout le monde se sent bien, et donc vous devez faire un bon samedi et un bon dimanche, comme Fabio l’a fait à Jerez et comme il peut le faire à de nombreuses reprises cette année. Je pense que mon niveau de pilotage de 2018 ne serait pas suffisant cette année, même sur la Yamaha, mais pour bien piloter la Ducati je ne peux pas juste faire ce que je faisais avant. Sinon, je serais trop loin. »

Les Ducati officielles semblent peiner avec le nouveau pneu arrière Michelin. Pas vous. Est-ce dû à votre style de pilotage ou à votre moto 2019 ?

« Concernant le nouveau pneu sur la Ducati, j’ai arrêté de rouler fin novembre et je n’ai pas pu tester la Ducati. Et quand je suis monté dessus en février en Malaisie, elle était déjà équipée du nouveau pneu. Donc j’ai découvert la Ducati avec le nouveau pneu et je ne peux vraiment pas avoir le moindre feeling sur l’ancien pneu. Pour moi, c’était la Ducati ! Mais d’après ce qu’ils disent, il est vrai que ça ramène peut-être les Yamaha et les Suzuki à nouveau au top, mais pour nous cela nous oblige à trouver de meilleures solutions pour mieux performer. Personnellement, ici, je pense que je peux peiner en ce qui concerne le rythme de course car peut-être qu’avec le nouveau pneu Michelin, il manque quelque chose. Mais quand il est neuf et sur un seul tour, il me convient bien, même ici en République tchèque, donc je ne sais pas pourquoi ils ont tant peiné, et avant tout Dovizioso qui est la meilleure référence pour Ducati. Mais je ne peux pas dire que mon style de pilotage êtes vraiment à gérer le pneu. Pour moi c’est la Ducati, et je ne connais pas les différences entre le vieux et le nouveau pneu. »

L’année dernière, vous étiez déjà en première ligne avec la KTM. Quel est le secret entre vous et ce circuit ?

« L’année dernière, oui, c’était une belle qualification mais dans des conditions différentes, car la piste était mouillée et commençait à sécher. J’ai toujours un bon feeling dans ces conditions avec des pneus pluie et j’ai pu obtenir la première ligne, mais c’est une autre histoire. Aujourd’hui, la pole. Il est vrai que la République tchèque me convient bien, mais c’est peut-être à cause de ma petite amie (rires). Sa famille en République tchèque n’est pas si éloignée et peut-être que cela m’apporte une puissance supplémentaire. Je ne m’attendais pas à ça en début de semaine, mais durant mon tour pour aller au parc fermé, j’ai vraiment pensé à eux et c’était émouvant. Il semble que cela me donne une sorte de puissance supplémentaire. C’est la seule raison que je vois pour expliquer que je suis bon en République tchèque. »

Cette pole position a-t-elle un goût différent parce que vous faites partie d’un team satellite ?

« Non, c’est juste le goût de la pole position. C’est juste très bon. Et c’est encore meilleur aujourd’hui car cela fait longtemps que je n’ai pas fait de pole position. J’ai tant peiné que je me demandais si je pouvais revenir au top, même si je recevais un grand soutien des personnes qui me disaient que j’en étais capable. Mais vous voyez les autres gars si rapides et parfois vous faites le maximum et vous n’êtes toujours pas là, alors vous vous demandez si vous êtes toujours dans le coup. Et aujourd’hui, oui ! Voilà pourquoi le goût est vraiment très bon. »

Classement Q2 du Grand Prix de la République Tchèque MotoGP :

Classement Q1 du Grand Prix de la République Tchèque MotoGP :

Crédit photo et classements : MotoGP.com



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