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C’est un divorce à plusieurs milliards de dollars qui se joue en coulisses. Alors que Liberty Media pensait s’offrir un empire clé en main, Carmelo Ezpeleta, le grand patron de la Dorna, voit son modèle commercial saboté par ses propres troupes. La lune de miel est terminée avant même d’avoir commencé.

Ce n’est pas ce que j’ai vendu” : Ezpeleta explose face aux exigences des équipes MotoGP envers Liberty Media. La guerre froide qui secoue actuellement le MotoGP ne se joue pas sur la piste. Elle se déroule dans les bureaux, autour des contrats, des droits télévisés… et surtout de l’argent. Et visiblement, Carmelo Ezpeleta commence sérieusement à perdre patience.

Le patron historique de Dorna Sports vivrait très mal la stratégie adoptée par les équipes dans leurs négociations avec Liberty Media. Une situation explosive, au point de bloquer tout le mercato 2027.

Le cœur du conflit est simple : les constructeurs et équipes veulent une part beaucoup plus importante des revenus du championnat. En clair, ils ne veulent plus d’un système à montant fixe. Ils réclament désormais un véritable pourcentage des bénéfices, comme en Formule 1.

Et c’est précisément ce qui met Ezpeleta hors de lui. Car selon le journaliste Nico Abad, le dirigeant espagnol aurait vendu MotoGP à Liberty Media sur la base d’un modèle économique totalement différent.

« Carmelo Ezpeleta a vendu Dorna à Liberty Media en se basant sur un modèle commercial très performant. » Le problème ? Ce modèle reposait justement sur une distribution fixe aux équipes — pas sur une participation directe à l’explosion future des revenus. Aujourd’hui, les constructeurs veulent réécrire les règles après la vente.

Carmelo Ezpeleta

Carmelo Ezpeleta semble vivre cette négociation comme une forme de trahison de son propre héritage

Et Ezpeleta considère cela presque comme une remise en cause personnelle de l’accord qu’il avait construit. « Ça touche vraiment Carmelo… il a vendu l’idée que les équipes aient une valeur fixe. De leur côté, les équipes veulent un pourcentage des bénéfices… Les bénéfices dont parlait Carmelo sont menacés. »

Cependant le dirigeant espagnol se veut rassurant : « Il n’y a pas de date limite pour la signature. Le championnat du monde aura lieu l’année prochaine. Toutes les équipes ont construit leurs motos et recruté leurs pilotes. Je suis sûr qu’il y aura un accord. »

Et il ajoute : « Il faut laisser les choses se consolider avec le temps, et comme toujours, des discussions sont en cours, mais la situation est positive. Nous sommes satisfaits ; les constructeurs et les équipes sont des partenaires essentiels du championnat, et tout ce que nous ferons sera bénéfique ».

Du côté des équipes, pourtant, le discours est radical. Les constructeurs estiment qu’on leur demande toujours plus : plus de présence médiatique, plus d’engagement commercial, plus de visibilité internationale… tout en continuant à investir des budgets gigantesques.

Selon Abad, leur position est limpide : « Ne nous demandez rien, car nous investissons déjà 58 millions d’euros dans la moto. »

Autrement dit : si Liberty Media veut transformer le MotoGP en machine commerciale mondiale façon F1, alors les équipes veulent leur part du gâteau. Et pas une petite.

L’un des arguments les plus sensibles touche à l’évolution même du championnat. Pendant longtemps, le MotoGP bénéficiait d’une énorme visibilité grâce à la télévision gratuite dans de nombreux pays. Aujourd’hui, le modèle payant domine.

Résultat : les équipes estiment qu’elles ont perdu une partie de leur exposition historique. Et elles considèrent donc logique d’obtenir davantage d’argent en compensation.

« Avant, ce sport était diffusé gratuitement à la télévision et bénéficiait d’une large visibilité. La publicité était énorme, mais ce n’est plus le cas. »

Le raisonnement est brutal mais cohérent : si l’audience directe diminue, alors il faut compenser financièrement.

Conséquence directe : personne ne veut avancer tant que le nouvel accord n’est pas signé. Les équipes refusent de confirmer officiellement leurs pilotes pour 2027. Tout le paddock fonctionne désormais dans une étrange zone grise, où tout le monde connaît déjà les grandes lignes… sans que rien ne soit annoncé.

Liberty Media semble prête à céder partiellement. Pourquoi ? Parce qu’un conflit prolongé pourrait devenir catastrophique pour la stabilité du championnat.

Mais derrière cette ouverture se cache un risque immense : si Liberty accepte un partage des revenus plus proche de la F1, alors tout le modèle économique historique du MotoGP sera transformé. Et c’est précisément ce qu’Ezpeleta semble vivre comme une forme de trahison de son propre héritage.

Ce dossier dépasse largement une simple négociation financière. Il oppose deux visions du MotoGP : celle d’Ezpeleta, basée sur un contrôle central fort et une redistribution maîtrisée. Et celle des constructeurs, qui veulent devenir de véritables partenaires économiques du championnat.

Pendant des années, Dorna imposait les règles. Aujourd’hui, les usines ont compris une chose : sans elles, le spectacle n’existe pas. Et pour la première fois depuis très longtemps, même Carmelo Ezpeleta semble avoir perdu la maîtrise totale du jeu.

Le constat est amer pour Carmelo : en voulant faire entrer la MotoGP dans une nouvelle dimension financière, il a ouvert la boîte de Pandore. Aujourd’hui, ce ne sont plus les chronos qui dictent la loi, mais les avocats et les comptables. Ezpeleta a vendu son bébé, et les écuries sont bien décidées à changer l’eau du bain et ce que le prix de la garde augmente radicalement.

Carmelo Ezpeleta

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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