En ce dimanche 6 juin 2021, Fabio Quartararo a répondu aux questions des journalistes depuis le circuit de Barcelona-Catalunya à l’issue du Grand Prix de Catalogne.

Nous sommes allés écouter (via un logiciel de téléconférence) les propos du pilote français, troisième en piste au brandissement du drapeau à damier, mais qui a été rétrogradé en sixième position après deux pénalités qui lui ont été infligées sur tapis vert, l’une pour avoir continué de piloter combinaison ouverte, l’autre pour ne pas avoir suffisamment ralenti après avoir coupé une chicane.

Dommage pour le leader du championnat, grand favori à Montmeló, mais qui doit se se satisfaire d’un accessit au terme de cette septième manche. Confronté à un début de course mouvementé, où il a commis une petite erreur qui lui a fait perdre plusieurs positions, le Niçois a réussi à refaire son retard en dépit d’un pneu arrière qui a vraisemblablement handicapé tous les pilotes Yamaha, jusqu’à aller contester la victoire à Miguel Oliveira.

 

 

Malgré le maigre résultat et l’incompréhension vis-à-vis de l’une des deux sanctions dont il a fait l’objet, le numéro 20 peut être satisfait de sa maîtrise de la situation et de ses nerfs, lui qui sauve tout de même les meubles en repartant d’Espagne avec encore 14 points d’avance sur son compatriote Johann Zarco, brillant deuxième hier.

Comme à notre habitude, nous reportons ici les paroles de Fabio Quartararo sans la moindre mise en forme, même si la première partie est traduite de l’anglais (vouvoiement).


Fabio, pouvez-vous nous dire ce qu’il s’est passé avec votre cuir ?

« Je ne sais pas exactement ce qu’il s’est passé, je sais simplement que je me suis retrouvé avec le cuir ouvert dans le premier virage alors qu’il ne restait plus que cinq tours à parcourir. J’ai dans un premier temps essayé de remédier à cela, mais je n’y suis pas arrivé. C’était difficile de piloter de la sorte, mais c’est arrivé voilà tout. »

« C’était difficile de piloter de la sorte »

« Avec Alpinestars [entreprise qui confectionne la combinaison de Fabio Quartararo] nous devons donc regarder comment une telle chose a pu se produire. Les choses sont ce qu’elles sont, et au final je peux être content de cette quatrième place [sic, au final il sera rétrogradé en sixième position après avoir été pénalisé d’une nouvelle pénalité de trois secondes]. »

Cela n’a pas été votre jour, c’est clair, et il semble que cela vous a affecté. Dans le règlement, il est disposé que le pilote doit avoir sa combinaison correctement fermée, mais il n’y a pas de sanctions claires de stipulées, ce qui de fait laisse planer un flou et créer de nombreuses discussions en ce moment. Pensez-vous simplement que cette décision [sa sanction] soit méritée ?

« Je pense que j’ai déjà écopé d’une pénalité de trois secondes, qui m’a fait rétrogradé de la troisième à la quatrième place. La course est à présent terminée et il n’y a plus de problème de sécurité, tout le monde est sain et sauf et c’est le principal. Je pense que cela ne sert plus à rien d’en parler car la course est finie, l’idéal serait de surtout parler de comment on peut régler ce problème qui est survenu. »

 

 

Sauf cet accident, quel résultat aurait été possible selon vous ? Vous sembliez pouvoir suivre sans trop de difficulté Miguel [Oliveira, le vainqueur de la course] dans les derniers tours…

« J’étais en train d’économiser mes pneus, mais Miguel était vraiment très fort dans les virages à gauche, et pour ma part je n’avais pas cette sensation que j’avais pu avoir dans la matinée [lors du warm-up] avec le pneu hard, et je pense que c’est un problème qui a affecté toutes les Yamaha, car Franco [Morbidelli] était un sérieux prétendant à la victoire, et au final il a terminé très loin. »

« Toutes les Yamaha ont eu un problème avec le pneu arrière »

« Moi, je n’ai pas eu de très bonnes sensations avec le pneu arrière, et il semble que c’était la même chose pour Maverick [Viñales, son coéquipier]. J’ai eu des sensations vraiment étranges, mais la quatrième place [sic], avec tous les problèmes que nous avons rencontrés aujourd’hui, ce n’est plutôt pas mal. »

Désolé d’insister sur le sujet, mais pouvez-vous nous dire plus précisément ce qu’il s’est passé avec votre combinaison ? S’agissait-il d’une nouvelle, l’avez-vous renvoyée à son fabricant pour qu’il analyse tout cela, et tout simplement est-ce que vous vous êtes senti en sécurité en pilotant de la sorte ?

« Comme je l’ai déjà dit, Alpinestars a déjà analysé la combinaison. Pour l’instant, je ne sais pas du tout pourquoi elle s’est ouverte. J’ai essayé de la refermer, mais c’est la seule chose que je peux vous dire, je ne peux pas apporter plus de clarifications pour le moment. »

« Sur le moment, en course, je me suis simplement attaché à piloter normalement, car cela n’avait bien entendu rien de facile de piloter avec le cuir ouvert au bout de la ligne droite. Dans ce genre de situation, votre corps a tendance à partir en arrière. Cela n’a pas été facile, mais j’ai juste essayé de garder mes espoirs de podium. De toutes façons au final je reçois une pénalité qui n’est pas vraiment claire, mais ce sont les règles. Mais là je pense qu’on en fait un peu trop. »

« Cela n’avait rien de facile de piloter le cuir ouvert au bout de la ligne droite »

 

 

Peux-tu revenir sur ton début de course ? Tu te fais un peu chahuté sur le début, tu commets une petite erreur mais tu ne t’énerves pas et tu reviens, et au final tu avais une bonne maîtrise jusqu’à ce que cet incident te perturbe…

« La première des choses à signaler, c’est que je n’avais pas un très bon feeling avec mon pneu arrière. C’est quelque chose qui a touché toutes les Yamaha, mais je suis tout de même satisfait de ma course parce que certes je me fais un peu chahuté par une Suzuki, une Aprilia, une Ducati et une KTM : j’ai eu à peu près tous les types de motos qui me sont passées devant, mais j’ai tout de même réussi à les rattraper et à les doubler petit à petit. »

« C’est quelque chose que je pense je n’aurais pas réussi à faire l’an dernier. Miguel [Oliveira, vainqueur de la course] a réussi à me repasser, mais je pense que [sans son souci de combinaison] j’aurais tenté quelque chose pour la victoire. Au final ce fut très difficile car Miguel a vraiment très bien roulé, mais il faut qu’on analyse pourquoi les Yamaha n’ont pas réussi à reproduire le rythme qu’elles avaient affiché lors des essais. De son côté Miguel est parvenu à l’inverse à faire mieux, donc c’est assez difficile à comprendre. »

 

 

Nous avons vu sur les ralentis que tu avais eu pas mal de graining sur le pneu avant. Est-ce quelque chose de normal ? Tu n’as pas eu de problèmes en particulier avec l’avant ?

« J’ai eu du graining tout le weekend, donc je me suis adapté, mais ce n’est pas cela qui m’a causé un vrai problème. C’est plus le train arrière en fait. Mais je suis assez satisfait de ma course, je me suis battu jusqu’à la fin en dépit de mon problème : Jack [Miller, troisième de la course] m’a passé deux fois et j’ai réussi à recouper et à être agressif. »

« Je pense qu’on a mérité cette troisième place qui s’est par la suite transformée en quatrième. Apparemment, il faut avoir une calculette sur soi car il faut perdre au moins une seconde quand on coupe une chicane. Malgré cela, je pense qu’on peut être contents de notre course. »

Apparemment, tu aurais dû laisser passer Jack quand tu es sorti, ce qui n’a pas été le cas et c’est pour cela que tu as été pénalisé…

« Non, en fait j’ai perdu sept dixièmes en court-circuitant la chicane alors que j’aurais dû perdre au moins une seconde. En fait ça n’a rien à voir avec le fait de perdre une position, mais il faut perdre une seconde. J’aurais dû ralentir et perdre plus de sept dixièmes. Mais malheureusement nous n’avons pas encore de calculette dans notre cerveau pour savoir si nous perdons une seconde ou pas. »

 

 

Quelles sont tes sensations à l’issue de ce weekend ? Tu étais le favori, et au final tu ne repars qu’avec une sixième place…

« Je n’analyse pas vraiment ça… Sincèrement là je suis déjà dans la perspective du test de demain [entretien réalisé à l’issue de la course]. Ce n’est bien sûr pas facile, car je savais que j’avais une possibilité de viser la victoire aujourd’hui. Mais ce sont des choses qui arrivent, le fait d’être favori tout le weekend et au final ne pas être en mesure de gagner la course. »

« Je pense qu’on a fait une très belle course, surtout si on garde en tête qu’au début je n’étais pas très bien placé. J’ai réussi à reprendre la tête, me battre pour la deuxième position et même pour la victoire. Au final on a ce petit problème qui nous en a empêché, mais je dois admettre que Miguel était de toutes façons un peu plus rapide que nous aujourd’hui. »

« Miguel était de toutes façons un peu plus rapide que nous »

 

 

As-tu fait appel de la pénalité qui t’a été infligée ?

« J’ai fait une assez grosse erreur l’an dernier à Misano [lors du Grand Prix d’Emilie-Romagne, le pilote français avait dans un premier temps fini sur le podium avant de s’en voir expulsé en raison de plusieurs dépassements des limites de la piste, ndlr] lorsque je me suis un peu trop énervé, voire même beaucoup trop. Au lieu de cela j’ai préféré me changer tranquillement, descendre au garage, faire mon débriefing, et j’ai laissé l’équipe s’occuper de tout cela. Je n’ai donc aucune idée de la suite. »

« Je suis assez content de la façon dont j’ai géré mes émotions »

« Mais franchement je suis assez content de la façon dont j’ai géré mes émotions : quand je vois que j’ai eu ma combinaison ouverte, que je finis troisième mais que quand je regarde la tour je me vois quatrième… Je me suis dit que j’allais rester calme, tranquille. Ce n’est pas le résultat que j’attendais, mais la réaction que j’ai eue aujourd’hui, je pense que c’était la meilleure que je pouvais avoir. »

 

 

Sur quoi vas-tu travailler lors de la journée d’essais ?

« Ça je ne sais pas, et de toutes façons je ne sais pas non plus si j’ai le droit de le dire. J’ai bien connaissance de deux petits trucs, mais je pense que c’est assez confidentiel, donc je ne veux pas le dire et je n’ai pas non plus demandé avant [à son équipe] si je pouvais le dire… »

Quel effet ça fait de conduire une moto en étant torse nu ?

« Sincèrement ce n’est pas génial, ce n’est pas la meilleure sensation que j’ai eue jusqu’ici. Conduire un scooter de la sorte, ça va, mais conduire à 340 km/h comme ça et en sentant l’air rentrer dans la combinaison et faire un effet parachute, ça rendait difficile le fait de s’arrêter en bout de ligne droite et dans tous les freinages assez prononcés. Franchement je ne sais pas comment j’ai fait pour tenir Jack derrière. Mais j’ai fait de mon mieux même si ce n’était clairement pas les meilleures sensations que j’ai eues jusqu’ici malheureusement. »

« Piloter torse nu ? Clairement pas la meilleure sensation que j’ai connue jusqu’ici »

 

MotoGP – Catalogne : Résultats de la course

Crédit classement : MotoGP.com



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