Depuis le Grand Prix d’Italie, Miguel Oliveira est l’objet de toutes les attentions. Et pour cause, du Mugello jusqu’au Sachsenring, l’officiel KTM a décroché une deuxième place, une victoire et une autre deuxième position. Soit 65 points en trois courses et donc au moins 14 de plus que le leader du championnat du monde Fabio Quartararo. Ce dernier a stoppé l’hémorragie à Assen juste avant la trêve estivale en récoltant sa quatrième réalisation de la saison pendant que le Portugais se contentait d’un top 5. Le voici avec 71 points de retard. Rédhibitoire ? Voire…

Miguel Oliveira regrettera peut-être longtemps son très mauvais début de saison 2021 en MotoGP. Il faut en effet se rappeler qu’avant l’embellie du Grand Prix d’Italie, qui a célébré un nouveau cadre pour une KTM gavée avec une nouvelle essence, le Portugais n’avait récolté que neuf points aux Championnats du monde en cinq courses disputées et n’émargeait que 20e au classement général… Avant Assen, il était revenu à 57 points du Français à la Yamaha, avant de lâcher quelques précieuses unités aux Pays-Bas. Une situation qui amuse d’ailleurs l’officiel en RC16 : « avant cette course, tout le monde disait que j’étais proche, maintenant je suis loin », a répondu le vainqueur de Montmeló en riant. « Et maintenant ? ».

Maintenant regardons les statistiques. Onze courses avant la fin de la saison 2020, Joan Mir comptait 48 points de retard sur un certain Fabio Quartararo. Finalement, Mir est devenu champion du monde et Quartararo avait 44 points de retard. Ces onze Grands Prix avaient fait 92 points d’écart. En 2017, Marc Marquez a rattrapé 53 points sur Maverick Viñales.

Il existe donc des exemples de remontées réussies en MotoGP. Mais Oliveira garde la tête froide : « cela ne change rien à mon approche » dit-il. « Je n’ai rien d’autre à faire que de tirer le meilleur parti de chaque week-end. Il y aura encore des jours comme à Assen, mais il est important que nous restions calmes et que nous en tirions le meilleur parti, même dans des circonstances défavorables ».

« Pour moi, il est également important d’apprendre comment nous pouvons améliorer la moto et comment je peux m’améliorer pour l’avenir » ajoute l’équipier de Brad Binder. « Nous devons aussi réfléchir à ce que nous pouvons faire pour le présent et l’avenir. Nous verrons les jours comme une courbe d’apprentissage, parfois nous gagnerons et parfois nous prendrons la cinquième place », explique Oliveira. « En ce qui concerne le championnat, tout le monde peut marquer des points jusqu’au drapeau à damier à Valence. Je me concentre pour en prendre le plus possible ».

Quartararo Oliveira

Miguel Oliveira a un atout : KTM

Cette allusion à la marge de progression de la RC16 n’est pas anodine. KTM a réussi à transfigurer une moto mal partie en quelques Grands Prix. Un exploit lorsque l’on voit la situation de Honda, tout de même premier constructeur mondial. Chez Yamaha, on semble timide dans la course au développement. Comme l’a révélé le vétéran Valentino Rossi, aucune mise à jour réelle n’est attendue au cours de l’année. Tout au plus, le test de Misano en septembre pourrait apporter des progrès, mais actuellement l’équipe de test autour de Cal Crutchlow est à nouveau inactive.

C’est une grande différence avec KTM, qui travaille constamment avec un engagement total sur le développement de la RC16. Oliveira ne s’y trompe pas : « tout le monde veut apprendre, l’équipe absorbe les informations dans des courses, tout le monde veut s’améliorer. Pour un pilote, le plus important est d’être entouré d’un tel environnement ». Heureusement, pendant ce temps, Yamaha a un solide Fabio Quartararo à la barre d’un bateau que les atermoiement de Viñales et la gestion de fin de carrière de Rossi fait tanguer de temps à autre…

Oliveira KTM

Classement Championnat MotoGP après Assen (9/19) :

Assen

Crédit classement motogp.com

 



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