Davide Brivio fait ses dernières confidences avant de partir vers la Formule 1 pour de hautes fonctions au sein de l’équipe Alpine. Et elles sont intéressantes, expliquant comment il en est arrivé à jouer un rôle clé dans le retour triomphant de Suzuki en MotoGP et sur quels critères comme autres circonstances il a fait ses choix en matière de pilotes. Parmi ceux-là, un a été sous contrat sans jamais rouler en Grand Prix sur la GSX-RR : Johann Zarco …

Les histoires et les destins ne tiennent parfois à rien en MotoGP. Ainsi, à écouter Davide Brivio sur motogp.com, il semblerait que l’aventure à succès de Suzuki dans la catégorie soit avant tout basée sur des malentendus et des opportunités qui n’étaient pas au départ celles décelées. Ainsi, l’Italien avoue humblement que s’il a été contacté par Suzuki dès 2013, ce n’est pas pour avoir une fonction clé dans le retour de la marque en Grand Prix…

Ainsi, si Sahara, le chef de projet l’a sollicité, c’est en tant que proche de Valentino Rossi pour qui il travaillait alors, afin de savoir si le Doctor serait intéressé par un bout de chemin avec Suzuki. Vale sortait alors de sa dure période Ducati et il a finalement privilégié un retour chez Yamaha. Mais la proposition a sensibilisé Davide Brivio qui s’est alors lui-même proposé aux Japonais. On connait la suite …

Une trajectoire indirecte que l’on retrouve aussi dans le choix des pilotes actuels de la marque que sont Alex Rins et Joan Mir. Ainsi, si Davide Brivio n’était pas au départ une priorité pour Suzuki, les deux Espagnols n’étaient pas non plus un choix spontané pour l’Italien…

En effet, C’est Johann Zarco qui avait, en 2016, l’avantage d’un contrat sur un Alex Rins qui a finalement été choisi. Brivio dit : « nous avions un contrat avec Johann Zarco lorsqu’il roulait encore en Moto2. Ce qui veut dire que lors de sa dernière saison en Moto2, il était sous contrat avec Suzuki. Nous avions à choisir entre Zarco et Rins qui commençait à se révéler comme un talent. C’était un choix difficile à faire et finalement nous avons opté pour Rins ».

« Cela nous a valu de nombreuses critiques » se souvient Brivio. « Car en 2017, Zarco est allé chez Tech3 où il s’est montré très fort. Il est monté sur des podiums tandis que Rins était malchanceux et connaissant des difficultés avec des blessures. 2017 a été décevant, mais en 2018, le projet Rins a bien marché et le pilote talentueux s’est révélé et a progressé ».

Davide Brivio rappelle que Rossi, Zarco et Lorenzo étaient dans les tuyaux

Mais il n’y a pas eu que Rossi et Zarco qui ont vu passer le train Suzuki. Il y a aussi Jorge Lorenzo. Mais Davide Brivio lui a préféré un autre Majorquin en la personne de Joan Mir … « L’idée d’essayer un autre jeune homme comme Rins était dans l’air. Viñales, Rins… pourquoi ne pas en essayer un autre et nous avons commencé à penser à Joan Mir, parce qu’il venait de gagner le championnat Moto3 avec dix victoires, et cela a attiré mon attention”.

« Pendant ce temps, nous avions aussi la possibilité de signer Jorge Lorenzo. Nous avons donc dû choisir entre Lorenzo et Mir. Mais ce n’était pas un choix entre deux pilotes, mais un choix de philosophie et de direction que nous voulions prendre : aller avec un pilote vétéran comme Lorenzo, ou développer un jeune talent » précise Brivio.

« Plus nous en avons appris sur Joan, plus il nous a semblé être quelqu’un de spécial. Il aimait bien Suzuki mais son manager m’a dit qu’il y avait un problème parce qu’il avait une option avec Honda. Alors je lui ai demandé directement : « Êtes-vous intéressé par Suzuki, quelle que soit l’option choisie par Honda ? Si vous deviez choisir entre Suzuki et Honda, où iriez-vous ? ». Et il m’a répondu : “Je veux aller chez Suzuki, parce que pour moi, la Suzuki est une moto qui s’adapte à mon style”. Et quand il m’a dit cela, mes yeux se sont allumés et je me suis dit : “C’est l’homme qu’il me faut ! ».

Brivio a pris de gros paris qui se sont avérés payants, et l’écho de ce succès retentissant a été entendu jusqu’en Formule 1. Au passage, avec les approches faites auprès de Rossi et de Lorenzo, on constate que Suzuki était sans doute prêt à faire des sacrifices financiers alors qu’aujourd’hui, l’équipe, classée cinquième sur les six constructeurs en lice en termes de budget, ressort comme le meilleur rapport qualité prix de la grille …

Brivio a dû choisir entre Zarco et Rins …



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