Moto GP
Publié le 14 octobre 2026 • 08:00 par André Lecondé

MotoGP : Ducati ferme la porte à Maverick Viñales, Michele Pirro lui rappelle ce qu’est un vrai pilote d’essai !

Michele Pirro refroidit la piste Maverick Viñales chez Ducati et défend la stabilité du programme d'essais avant l'arrivée des 850 cc.

Michele Pirro

Écarté des plans de Tech3 pour 2027, Maverick Viñales voit son nom circuler autour du programme d’essais de Ducati. Mais Michele Pirro, prolongé pour deux saisons supplémentaires, ne paraît guère enthousiaste. À Vallelunga, l’Italien a expliqué pourquoi la vitesse ne suffit pas pour développer une MotoGP. Un discours sur le dévouement qui ressemble aussi à une défense de sa propre place.

Maverick Viñales cherche encore son avenir en MotoGP. Michele Pirro, lui, connaît parfaitement le sien. Le premier n’a pas de guidon confirmé pour 2027 après les choix de Tech3 en faveur de Luca Marini et Senna Agius. Le second vient de prolonger son engagement avec Ducati pour deux années supplémentaires.

Et lorsque leurs trajectoires se croisent dans les rumeurs du paddock, Pirro ne laisse guère de place à l’interprétation. Ducati n’a pas besoin de bouleverser son équipe d’essai.

Pirro : « Il faut travailler pour les autres, pas pour soi-même »

Interrogé à Vallelunga, lors de la finale du championnat italien Superbike, Pirro commence par saluer les qualités de Viñales. « J’ai beaucoup de respect pour Maverick en tant que pilote, mais les essais sont un travail complètement différent. » Puis vient la précision : « Il faut travailler pour les autres, pas pour soi-même. »

Une phrase qui résume toute la différence entre un pilote engagé en Grand Prix et celui chargé de préparer sa machine. Le premier cherche à exploiter la moto pour obtenir le meilleur résultat possible. Le second doit parfois multiplier les comparaisons techniques, sacrifier le chronomètre et accepter que les bénéfices de son travail reviennent à d’autres.

Pirro estime que cette mission exige une disposition particulière. « Cela demande du dévouement, et peu de pilotes sont prêts à le faire, surtout quelqu’un comme lui qui se sent probablement encore fort et rapide. » Une appréciation de Viñales, pas une preuve qu’il refuserait ce rôle.

Pirro défend une méthode autant qu’un poste

L’Italien travaille avec Ducati depuis plus d’une décennie. Cette ancienneté lui a permis de construire une relation étroite avec les ingénieurs et de participer à l’évolution successive des Desmosedici. Il considère cette continuité comme un avantage déterminant. « Nous avons besoin de stabilité et d’éviter de gaspiller de l’énergie. »

Le message intervient à un moment stratégique. Avec l’arrivée des moteurs de 850 cc et du nouveau règlement technique en 2027, Ducati doit développer une machine profondément différente de l’actuelle.

Multiplier les pilotes d’essai pourrait apporter des sensibilités supplémentaires. Mais cela imposerait aussi de coordonner davantage de retours techniques. Pirro privilégie manifestement la seconde considération.

Pirro

Bulega, un cas différent

Le nom de Nicolò Bulega circule également autour du développement de la future Ducati. Mais sa situation ne se confond pas avec celle de Viñales. Déjà associé au projet Desmosedici 850, Bulega doit poursuivre sa carrière en compétition avec VR46 en 2027, selon les éléments annoncés.

Pirro reconnaît l’intérêt de cette collaboration tout en rappelant que les ambitions sportives du jeune Italien restent prioritaires. Ducati dispose donc de plusieurs possibilités pour recueillir des informations, sans nécessairement recruter un second pilote d’essai permanent. Davide Tardozzi a d’ailleurs déjà démenti toute recherche active dans ce domaine.

Viñales face à un choix de carrière

Pour Viñales, la question dépasse finalement Ducati. À ce stade de sa carrière, accepter un programme d’essais signifierait changer de métier autant que d’équipe. Il faudrait passer du statut de concurrent à celui de développeur, avec une exposition médiatique et des perspectives sportives différentes.

Pirro ne prétend pas savoir ce que décidera l’Espagnol. « Peut-être que Maverick continuera à courir. » Mais il rappelle que Ducati possède déjà une organisation dans laquelle il estime avoir toute sa place. La porte n’est pas officiellement condamnée pour toujours. Simplement, personne chez Ducati ne semble pressé de l’ouvrir.

Et dans le discours de Pirro, une idée revient avec insistance : pour construire la meilleure MotoGP, il ne suffit pas de recruter un pilote rapide. Il faut quelqu’un qui accepte de ne plus courir pour lui-même.

KTM Pirro

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