Le spectre de la saison blanche semble s’éloigner au fur et à mesure que le calendrier se rapproche de l’été. Une période qui permettrait au MotoGP de lever enfin le voile sur sa campagne 2020. A condition cependant que le vicieux coronavirus se résout à se faire discret. Reste que si compétition il y a, elle sera bien différente de celle qui était attendue. Ce millésime devait être le premier avec 20 meetings, un contingent encore jamais atteint. Mais il faudra se contenter de la moitié, ce qui nous ramène à des décennies en arrière. D’un long marathon à travers le monde, on passe à un sprint contingenté sur un continent. Et comme le signale Fausto Gresini, ça change tout…

Fausto Gresini a été ravi d’apprendre qu’il y avait enfin une échéance et un lieu fixés pour lancer la saison 2020 de MotoGP. Ce sera donc le 19 juillet à Jerez, un Grand Prix d’Espagne qui précédera un inédit Grand Prix d’Andalousie. Puis Brno, le Red Bull Ring sont attendus avant Misano, Aragon, Valence et, pourquoi pas, la Malaisie et un Qatar qui clôturerait une saison qu’il n’a pu ouvrir qu’avec les Moto2 et Moto3…

« Il existe actuellement deux scénarios. Si on reste seulement en Europe, cela nous donnerait environ 12 courses. Et puis, s’il était possible à la fin de la saison de faire les courses hors d’Europe avec le public en novembre et décembre, car sans le public il n’est pas possible de les faire, on pourrait atteindre un maximum de 16 » a confirmé le PDG de Dorna. Les courses qui se feront en Europe se dérouleront à huis clos, comme on peut le comprendre lors d’une pandémie.

Reste que c’est un scénario différent de ce qui avait été élaboré. Si bien qu’il peut révéler des surprises si certains n’arrivent pas à s’adapter : « ça change tout » prévient carrément Fausto Gresini, directeur du team éponyme et engagé en MotoGP avec Aprilia. « Je suis confiant que le championnat se fera d’une certaine façon, je crois que lorsque Ezpeleta sortira avec un calendrier, il aura de nombreuses certitudes. Ce sera un championnat différent, avec des surprises. Il récompensera davantage le «sprint» de la constance ».

“Dorna a réussi à sauver les équipes, pas seulement celles du MotoGP”

« Être plus à l’aise dans les premières courses vous donnera certainement un avantage et il peut aussi y avoir des surprises, car les tests d’hiver nous ont montré des choses différentes de celles du passé. Cette année, les pneus ont également changé, il peut y avoir quelqu’un qui a encore besoin de temps pour adapter le châssis. Celui qui sera déjà en place, peut profiter des premiers Grands Prix. Ce sera moins évident » évalue Gresini.

Sur Moto.it, l’Italien n’oublie pas de saluer les efforts de Carmelo Ezpeleta qui ont permis au paddock de traverser cette épreuve jusque-là sans encombre : « Dorna a réussi à sauver les équipes, pas seulement celles du MotoGP. Faute de revenus, l’aide d’Ezpeleta est essentielle. À ce stade, toutes les parties impliquées ont beaucoup travaillé pour établir les règles, au-delà de 2020. Nous devons tous travailler et courir. Ce virus va tout changer. Il faut essayer de trouver des aspects positifs pour recommencer. »

« Dans le championnat du monde, nous avons l’avantage d’avoir un seul point de contact, qui est Carmelo Ezpeleta, qui, au fil des ans a montré sa lucidité et sa collaboration avec tout le monde. Il a écouté tous les conseils. Il fait autorité et il est compétent. Cela nous donne une grande sécurité. Il a le soutien de toutes les parties impliquées et si le MotoGP est devenu grand, c’est le mérite d’Ezpeleta. » Un vrai hommage sincère.

 



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