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C’est une phrase lourde de sens qu’a prononcé Gigi Dall’Igna. Car il est l’homme de la technique d’une usine Ducati qui s’est engagée à fournir le plateau du MotoE en 2023. Il est aussi le haut représentant de la marque appartenant au groupe automobile VAG qui a montré les images en pleine action de sa première moto électrique. Elle s’appelle V21L et le pilote d’essai Michele Pirro en dit déjà beaucoup de bien. Mais à écouter Gigi Dall’Igna, on est loin du compte, ou tout du moins de ce qu’il aimerait produire. Car l’Italien œuvrant pour les rouges a des idées pour un monde plus vert…

Gigi Dall’Igna a un credo et il l’exprime ainsi sur Speedweek : « pour être honnête, il n’y a pas de limites au développement. Il n’y a pas de limites à ce qui est humainement possible. Les gens en veulent toujours plus, ils veulent toujours aller plus loin, être plus rapides et sauter plus haut ». Cette recherche effrénée de nouveaux horizons à défricher et à conquérir, l’homme de Ducati Corse l’a montré en MotoGP en façonnant une Desmosedici qui a d’abord fait sourire les collègues japonais, avant de les laisser dubitatifs et à présent assez agacés de devoir suivre et imiter.

Une philosophie qui sera aussi sienne dans ce projet de moto électrique où on sent qu’il veut y mettre sa marque. Et même profondément si l’on en juge par cette phase : « les changements doivent être significatifs, pas seulement symboliques. Nous devons faire quelque chose pour l’environnement. Et j’ai déjà une idée, mais je ne peux pas encore l’expliquer. Nous devons d’abord parler à tous les fabricants ». Au vu de ce que donne aujourd’hui la GP21 en termes de performances et de polyvalence, lesdits autres fabricants peuvent déjà se poser des questions…

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Gigi Dall’Igna : « le plus important est qu’on ne pense pas aux avantages individuels de chacun« 

Avec toutes ces idées, l’ingénieur de 55 ans peut-il d’ores et déjà définir le MotoGP de dans cinq ans ? Sa vision ne porte pas si loin : « il est difficile d’être précis à ce sujet. Je pense que nous devons faire quelque chose et développer davantage les motos. On ne peut pas continuer avec la même technologie face aux problèmes environnementaux. Mais je ne peux pas dire à quoi ressemblera le MotoGP dans cinq ans ».

« Il est clair que les motos électriques ont encore de nombreuses limitations de nos jours, en raison du poids des batteries et de l’espace qu’elles occupent. Avec la technologie dont nous disposons aujourd’hui, il est difficile de faire une bonne moto électrique. Comme je l’ai dit, il est difficile de prédire à quoi ressemblera la moto du futur ».

Il termine avec cette remarque d’ordre politique : « il est préférable de rechercher toutes les options possibles. Pour moi, le plus important est qu’on ne pense pas aux avantages individuels de chacun ». Et c’est peut-être une limite plus difficile à contourner qu’une frontière purement technique.

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