Livio Suppo est le prédécesseur d’Alberto Puig au HRC et il a décidé de faire un bilan de la nouvelle gestion…Chez Honda, ce n’est rien de dire que ça ne va pas. Le projet MotoGP est dans l’ornière avec un Marc Marquez qui ne peut plus, à lui seul, cacher les écueils d’une RC213V ratée. En WSBK, ce n’est pas mieux, avec qui plus est des critiques à peine voilées du pilote de pointe débauché à grands frais de chez Ducati, Alvaro Bautista. Pour Suppo, il n’y a plus qu’une solution : donner un grand coup de balai et repartir de zéro…

Livio Suppo n’est pas un étranger à la cause Honda et il sait comment l’intérieur du HRC fonctionne. On rappellera en effet qu’il a quitté le blason ailé fin 2017, après avoir apporté 5 titres mondiaux avec Stoner et Marquez. Son successeur, Alberto Puig, est parti du bon pied, mais après une période 2018 et 2019 victorieuse, tout s’est détraqué avec l’avènement du monde d’après. Une succession de déceptions qui fait sortir le manager piémontais de sa réserve. Dans un entretien relayé par InSella.it, et qui est l’œuvre de Simon Patterson, il a fait le point sur la situation dans son ancienne équipe.

Et Livio Suppo n’a pas fait dans la dentelle. C’est même un pilonnage en règle. Jugez-en : Marc Marquez est revenu trop tôt, Pedrosa n’aurait pas dû être lâché et les choix des nouveaux pilotes ne sont pas dans le bon sens. A ce titre, Lorenzo était une catastrophe…

« Honnêtement, je pense qu’ils ont fait beaucoup d’erreurs » a expliqué Suppo « à commencer par la blessure de Marquez. J’ai toujours pensé que c’était de la folie de ramener Marc à la course si tôt. Bien sûr, le médecin a de nombreuses responsabilités, mais il m’est arrivé plusieurs fois qu’un médecin dise quelque chose en quoi je ne croyais pas trop et j’ai toujours préféré avoir d’autres avis ».

Suppo ajoute : « il n’y avait aucune raison de prendre un si gros risque. Marc avait montré qu’il avait un excellent feeling avec la moto, qu’il pouvait sauter quelques courses et quand même revenir à temps pour jouer ses cartes ». Mais Suppo a également critiqué le non-considération de Dani Pedrosa. « Perdre Dani a été une autre grosse erreur. Déjà en 2017 et surtout en 2018, il y avait eu quelques difficultés, l’évolution de la moto allait trop loin dans une direction où seul Marc pouvait la piloter ».

Livio Suppo insiste sur la perte de Dani Pedrosa

Et les dégâts d’un Dani Pedrosa sorti du dispositif Honda ne s’arrêtent pas là : « depuis la retraite de Dani, la politique sur les pilotes n’a pas été exactement la meilleure. Ils ont signé Jorge Lorenzo et c’était une catastrophe, ils ont signé Alex Marquez et avant le début de la saison, il avait été transféré dans l’équipe satellite, et ils ont laissé tomber Zarco après qu’il a eu couru deux ou trois courses pour la LCR, en s’en sortant plutôt bien. Et maintenant avec Espargaró… avec tout le respect que je lui dois… Pol n’a pas gagné de course de MotoGP de toute sa carrière. Qu’on le veuille ou non, KTM a remporté trois courses l’an dernier et pas Pol ».

Le procureur Suppo termine ainsi son impitoyable réquisitoire : « dans le football, quelque chose aurait déjà changé au sommet de l’équipe. Et depuis longtemps ». Pour choisir qui à la place ? On rappellera que Livio Suppo s’était proposé à Suzuki pour succéder à Davide Brivio… Penserait-il à un retour chez Honda ? Quoi qu’il en soit, on ne peut pas donner vraiment contredire son état des lieux…



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