Francesco Bagnaia a sauvé une septième place sur la grille en Autriche après être passé par la Q1, mais Neil Hodgson a surtout observé ce qui se passait une fois le pilote revenu dans son garage. En regardant les échanges entre Pecco et ses ingénieurs Ducati, l’ancien champion du monde Superbike a été frappé par leur langage corporel : « Ça n’a pas l’air d’un endroit agréable. » Une impression, pas une preuve de rupture, mais qui tombe au pire moment après une semaine déjà marquée par l’affaire du micro de Misano.
Francesco Bagnaia avait enfin quelque chose de légèrement positif à retenir. Après deux 18e places vendredi, l’Italien est parvenu à traverser la Q1 puis à qualifier sa Ducati en septième position. Mais Neil Hodgson regardait ailleurs. Pas le chronomètre. Le garage Ducati.
« Ça n’a pas l’air d’un endroit agréable »
La scène intervient après la Q1. Bagnaia vient de passer de justesse en Q2 avec exactement le même chrono que Johann Zarco, 1’28”753. Le Français obtient la première place grâce à son deuxième meilleur tour, Pecco la seconde.
De retour au box, Bagnaia semble expliquer un problème à ses techniciens. Les images interpellent Hodgson. « Il suffisait de voir leur langage corporel », observe-t-il sur TNT Sports, avant de lâcher : « Ça n’a pas l’air d’un endroit agréable, d’un environnement de travail sain. »
C’est une appréciation extérieure et elle doit être considérée comme telle. Quelques secondes de télévision ne permettent évidemment pas de connaître l’état réel des relations entre un pilote et son équipe. Mais le moment choisi rend ces images difficiles à ignorer.
Bagnaia vient de passer plusieurs jours à expliquer que sa relation avec Ducati restait bonne. Après Misano, sa conversation privée avec Fabio Di Giannantonio avait provoqué une tempête lorsqu’il avait déclaré : « Je monte ce qu’on me dit d’utiliser », puis que Ducati « ne le laisse pas » revenir à certaines solutions.
Pecco a depuis apporté une précision essentielle. Ces réglages ne lui seraient pas arbitrairement interdits : ils auraient déjà été testés plusieurs fois sans résoudre son problème, raison pour laquelle Ducati ne souhaite plus emprunter cette direction.
Bagnaia s’est excusé pour la formulation et a assuré que son équipe faisait tout pour l’aider. Di Giannantonio a parallèlement confirmé qu’ils pensaient avoir une conversation privée. Le scénario d’un échange volontairement orchestré reste donc une allégation non démontrée.
Et pourtant, Hodgson voit encore de la tension
Le problème n’est peut-être plus ce que Bagnaia ou Ducati déclarent publiquement. C’est l’image que produit désormais chaque interaction. Un pilote frustré. Des ingénieurs qui cherchent depuis des mois. Des solutions essayées puis abandonnées. Et des résultats toujours très éloignés de ceux attendus.
Ramon Forcada affirmait cette semaine que Ducati avait essayé avec Bagnaia « même des choses qui semblaient irrationnelles ». Dani Pedrosa lui conseillait au contraire d’arrêter de chercher immédiatement le résultat pour reconstruire d’abord ses sensations. Hodgson observe maintenant que le langage corporel du garage lui-même ne lui inspire rien de rassurant.

P7 est un progrès pour Bagnaia, mais Marc Marquez est à 15 millièmes de la pole
Le chronomètre n’aide évidemment pas à détendre l’atmosphère. Bagnaia s’élancera septième. C’est beaucoup mieux que ses deux 18e places de vendredi. Mais il termine encore à 0”610 de Jorge Martin. Et surtout, l’autre Ducati officielle de Marc Marquez échoue à seulement 0”015 de la pole. La comparaison est devenue permanente et impitoyable.
Spielberg devait pourtant représenter l’un des meilleurs endroits possibles pour permettre à Pecco de se retrouver : il y a remporté les trois éditions précédentes. Pour l’instant, le réveil reste donc relatif.
Le problème Bagnaia dépasse désormais les réglages
Ducati n’a pas abandonné Bagnaia. Hodgson avait lui-même rejeté cette théorie à Misano. Pecco n’est pas plus entré en conflit ouvert avec ses ingénieurs. Nous n’en avons aucune preuve. Mais après des mois de difficultés, la crise technique commence inévitablement à contaminer la perception de la relation humaine. Et Bagnaia sait déjà qu’il quittera Ducati pour Aprilia en 2027, tandis que Pedro Acosta prendra sa place.
Une septième position peut se corriger. Six dixièmes peuvent parfois se trouver. Mais lorsque chaque discussion dans le garage commence à être interprétée comme le symptôme d’une rupture, le problème devient beaucoup plus difficile à circonscrire.
Hodgson n’a peut-être observé qu’un instant de frustration après une Q1 tendue. Mais dans le stand Ducati de Bagnaia aujourd’hui, même quelques secondes de langage corporel suffisent désormais à raconter une histoire en MotoGP.









