F1
Publié le 19 septembre 2026 • 00:00 par Oléna Champlain

F1 – Verstappen et Antonelli : l’élève défie le maître, le duel au sommet s’annonce…et Max applaudit son bourreau !

 Antonelli admire Verstappen, son rival devenu conseiller. Entre respect, victoires et duel en piste, l’élève commence à dépasser le maître.

En Formule 1, les grandes amitiés ont généralement une date de péremption : le moment où les feux s’éteignent : mais entre Max Verstappen et Kimi Antonelli, l’histoire prend une tournure plutôt savoureuse. Le quadruple champion du monde distribue les conseils, le jeune Italien les écoute religieusement… avant de lui passer devant le dimanche. Le maître transmet son savoir. L’élève récupère les victoires. Et personne n’a encore demandé à Toto Wolff de régler les frais de scolarité ! Dans un entretien accordé à Automoto.it le 17 septembre, Antonelli a longuement évoqué son admiration pour Verstappen, son soutien et cette relation particulière qui résiste aux affrontements sur la piste.

Verstappen – Antonelli : respect dehors, bataille dedans !

Antonelli : « J’accepte toujours volontiers ses conseils »

Le jeune pilote Mercedes ne cache pas son admiration pour le Néerlandais.

Interrogé sur les propos de Verstappen, qui estime que l’Italien n’a pas véritablement besoin de conseils supplémentaires pour mener sa campagne, Antonelli répond :

« J’accepte toujours volontiers les conseils de Max. »

Il souligne qu’il reste beaucoup à apprendre, particulièrement dans certaines situations de course, et apprécie le respect que lui témoigne son aîné. Pas question, toutefois, d’imaginer un Verstappen transformé en ingénieur Mercedes bénévole. Le respect est sincère, mais chacun conserve son propre garage, sa propre voiture et ses ambitions.

Max donne les bonnes recettes. Kimi évite soigneusement de lui laisser une part du gâteau.

Monza : du fond de grille au sommet, et Max vient applaudir

Le Grand Prix d’Italie a offert une illustration spectaculaire de cette relation. Pénalisé après un changement de moteur, Antonelli s’élance depuis la 19e position. Cinquante-trois tours plus tard, le voilà sur la plus haute marche du podium, devant George Russell et Max Verstappen.

Une remontée retentissante devant son public, le 6 septembre, pour le jeune Italien.Mais une autre scène retient l’attention après le drapeau à damier.

Verstappen vient féliciter Antonelli. Puis il rejoint Marco, le père du pilote Mercedes, pour lui offrir une chaleureuse accolade. Un geste largement relayé sur les réseaux sociaux.

Antonelli raconte que cette attitude, également adoptée par Lando Norris, l’a particulièrement touché. Il décrit Verstappen comme un champion aussi bien sur les circuits qu’en dehors, et regrette que certaines facettes de sa personnalité soient parfois méconnues.

Le dimanche, Max perd face au gamin. Après la course, il va féliciter toute la famille. Difficile de faire plus élégant… même si les 25 points sont déjà partis chez Mercedes.

Madrid : l’élève remet ça, le maître s’accroche

Une semaine plus tard, au Grand Prix d’Espagne, le scénario se répète.

Antonelli remporte sa huitième victoire de la saison, tandis que Verstappen franchit la ligne d’arrivée en deuxième position, à 4,351 secondes. Lando Norris complète le podium après avoir perdu l’avantage lors d’une Virtual Safety Car particulièrement malvenue pour McLaren. Voilà donc Verstappen de nouveau sur le podium, mais derrière celui qu’il encourage.

Le Néerlandais reste capable de se battre aux avant-postes, tandis que la Mercedes d’Antonelli accumule les succès.

Le bilan du championnat après Madrid illustre cette dynamique : huit victoires en quatorze Grands Prix et 81 points d’avance pour Antonelli sur son équipier George Russell.

À ce rythme, Max va finir par exiger qu’on lui rembourse ses conseils en points de championnat !

Verstappen : « Kimi doit simplement continuer comme ça »

Interrogé le 18 septembre sur les recommandations qu’il donnerait à Antonelli pour la dernière partie de saison, Verstappen refuse d’en rajouter.

Son message est limpide :

« Kimi doit simplement continuer ce qu’il fait. »

Le quadruple champion du monde estime que l’Italien progresse constamment, gagne en expérience et bénéficie d’un entourage capable de l’accompagner. Il l’encourage surtout à ne pas compliquer inutilement les choses et à éviter de trop regarder le classement. Une recommandation plutôt savoureuse venant d’un pilote habitué à batailler pour les titres.

Verstappen plaisante d’ailleurs sur l’hypothèse d’un retour spectaculaire dans la lutte pour le championnat :

« Je ne vais certainement pas faire de remontée ! »

Le Néerlandais distingue donc clairement deux enjeux : le championnat, où Antonelli possède une avance importante, et les victoires individuelles, qu’il entend encore aller chercher. Max ne promet pas de lui voler son championnat. Mais il ne compte pas davantage lui offrir la prochaine victoire avec un joli ruban.

Norris admire… mais ferme le robinet des conseils !

Lando Norris, lui aussi interrogé sur Antonelli, adopte une position légèrement différente. Le Britannique reconnaît les performances impressionnantes du pilote Mercedes et son avance sur un équipier beaucoup plus expérimenté.

Mais lorsqu’on lui demande ce qu’il pourrait lui conseiller, la réponse fuse :

« Je ne veux pas lui donner de conseils ! »

Norris estime qu’Antonelli accomplit déjà un travail remarquable à seulement 20 ans. Il se réjouit également de pouvoir multiplier les confrontations avec lui dans les prochaines saisons. L’ambiance est cordiale, mais la générosité possède ses limites.

Après tout, aider un adversaire à devenir encore plus rapide n’a jamais constitué une stratégie particulièrement rentable.

Bakou : les sourires resteront au paddock

Le prochain rendez-vous, en Azerbaïdjan le 26 septembre, offrira une nouvelle occasion de voir les deux pilotes s’affronter.

Antonelli poursuivra sa campagne au volant d’une Mercedes victorieuse à huit reprises cette saison. Verstappen, toujours à la recherche de son premier succès en Grand Prix en 2026, tentera de retrouver la première marche du podium. Leur relation n’enlève rien à l’intensité de leurs confrontations. Ils peuvent échanger des conseils, se féliciter après une belle course et partager un podium sans renoncer à se battre au premier freinage.C’est d’ailleurs ce qui rend ce face-à-face intéressant : Antonelli admire le champion qu’il affronte, tandis que Verstappen reconnaît les performances du jeune pilote qui commence à lui barrer régulièrement la route.

À Bakou, les compliments pourront attendre le drapeau à damier. Car si l’élève a appris à dépasser le maître, Max n’a certainement pas prévu de lui délivrer son diplôme sans défendre sa trajectoire !