Vainqueur de la première course de l’histoire du Championnat du Monde Superbike, Davide est devenu le Team Manager du constructeur italien en WSBK avec succès, avant d’être nommé au poste équivalent en MotoGP. C’est l’un des trois hommes clé de Ducati Corse avec Luigi Dall’Igna (Directeur de la Compétition) et Paolo Ciabatti (Directeur sportif).

Quel sera le rôle de Danilo Petrucci cette année ? N°2 d’Andrea Dovizioso ou n°1 à égalité avec son coéquipier ?

« Nous n’avons pas de n°1 ou de n°2. C’est la piste qui va décider qui est le plus vite et qui est le moins vite. Chez Ducati on travaille toujours pour les deux pilotes, avec la même intensité pour les deux.

« Danilo peut être considéré par certains comme le deuxième pilote parce qu’il arrive pour la première fois dans un team officiel, mais il aura la même assistance que Dovi. Et si on doit faire des choses particulières pour lui, ce ne sera pas un problème pour nous de faire ça, comme on l’a fait l’année passée pour Jorge. »

Quelles sont les différences majeures entre la Desmosedici de 2018 et celle de 2019 ?

« La 2019 est en cours de développement et son évolution n’est pas une révolution. On a encore beaucoup de petites choses qu’on va changer, mais qu’on va d’abord expérimenter lors des tests qui auront lieu à Sepang* et au Qatar**. Ce ne sera qu’après les tests du Qatar que l’on décidera exactement ce que va être la nouvelle moto. Il y a d’abord le développement à effectuer, et nous avons beaucoup de choses à tester. »

*Tests de Sepang du 1er au 3, puis du 6 au 8 février,

**Tests du Qatar du 23 au 25 février.

Le départ de Jorge Lorenzo est-il considéré comme une grosse perte par Ducati ?

« Tout d’abord je voudrais dire que Jorge a montré qu’il pouvait aussi gagner avec Ducati. Mais on est content de la solution que l’on a trouvée. Cette décision a été prise avant le Grand Prix du Mugello, quand d‘un commun accord Ducati et Lorenzo ont pensé que c’était mieux pour les deux de choisir des routes différentes.

« Jorge a ensuite remporté la victoire au Mugello. Mais on a pensé qu’après un an et demi il serait difficile de continuer ensemble pour obtenir de bons résultats. »

Qui a le plus de chance d’être le futur coéquipier de Dovi ? Danilo Petrucci, Francesco Bagnaia ou Jack Miller ?

« On ne sait pas. Je crois que pour le moment Danilo a beaucoup de chance de rester. Nous avons énormément apprécié qu’il ait pris cette année de contrat unique portant seulement sur 2019 comme un défi.

« Il n’a pas insisté sur une année ou deux années de contrat. Il a dit « je veux prouver en une année que je suis un pilote digne de rouler pour un team officiel ». On a apprécié qu’il ait saisi cette opportunité comme la chance de sa vie et qu’il le fasse avec Ducati.

« Il a été en discussion avec d’autres usines, mais il a décidé de rester avec nous et il a pris le risque de vouloir nous prouver qu’il était digne de faire partie d’un team officiel. »

En Superbike, penses-tu qu’Alvaro Bautista puisse battre Jonathan Rea lors de certaines courses avec la nouvelle 1000 4-cylindres ?

« La première chose à dire, c’est qu’on a beaucoup beaucoup de respect pour Johnny et aussi pour la Kawa qui a montré qu’elle était une bonne moto. Johnny est un pilote fantastique.

« On est sûr qu’on va rendre sa vie très difficile cette année ! Je crois qu’Alvaro, ainsi que Chaz, a tout le potentiel pour être protagoniste, et je suis certain qu’il le sera. On va vraiment essayer de rendre la vie de Johnny très difficile cette saison.

« Mais, encore une fois, on a beaucoup de respect pour Johnny. On sait très bien que Johnny en Superbike et Marquez en MotoGP sont de vrais champions. Ce sont plus que des pilotes rapides, ce sont des champions.

« Ils ne sont pas champions seulement dans la tête, mais aussi dans la main droite ! »

Tu as été le premier pilote à gagner une course du Championnat du Monde Superbike à Donington en 1988. Regrettes-tu que cette année, pour la première fois depuis une trentaine d’années, il n’y ait plus de Ducati bicylindre en mondial  Superbike ?

« Oui… (grand soupir). On regarde le futur. On aime beaucoup le passé, mais il faut d’abord regarder l’avenir. Si c’est ça qui doit être le futur, c’est ça qu’on choisit. Mais on garde une importante pensée pour ce souvenir dans notre cœur. »

 

Photos © Ducati Motor Holding spa



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