MotoGP Interview Exclusive Guy Goulon : « il faut que l’on arrive à 1,5 seconde, dans un premier temps ».

par | 9 décembre 2018

Après avoir recueilli les premières impressions de Guy Coulon lors du test MotoGP à Valence (voir ici) nous avons fait de même après celui de Jerez, juste avant que le responsable technique de l’équipe Tech3 ne parte en Autriche pour une semaine de travail à l’usine KTM.

Nous avons fait le point avec lui concernant sa première expérience avec la machine autrichienne et Miguel Oliveira, mais aussi au sujet du premier test de MotoE qui s’avèrent bien plus surprenantes que ce que à quoi tout le monde s’attendait.

Cette 2e partie sera publiée demain.


Guy, après vos premières impressions que nous avons recueillies à Valence, les choses ont-elles continué à progresser à Jerez ?

Guy Coulon : « oui, forcément un peu, car on commence à s’habituer et notre pilote aussi. Le problème de départ, entre autres, c’est qu’on ne peut pas tellement aider notre pilote avant d’avoir un peu d’informations. Il faut que l’on prenne la mesure de la moto et que l’on se fasse nos petites statistiques. Lui, il ne sait pas trop quoi nous demander et il ne sait pas trop à quoi s’attendre, puisqu’il débute. Donc c’est compliqué. Quand il y a une équipe et une moto que tu connais bien, et qu’un pilote arrive, tu es tout de suite capable de lui dire « tu perds du temps là, tu perds du temps là, tu fais ci, tu fais ça ». Quand tu n’as pas de base, que tu ne connais pas la moto, que tu n’as pas d’informations et que le pilote ne sait pas, il faut mettre tout ça en place en roulant. Donc plus on a roulé, et mieux c’était. On réduit le gap avec les premiers, petit à petit. Pas suffisamment, mais grosso modo on était à 3 secondes du premier à Valence, puis à 2,6 à Jerez ».

La moto est nouvelle, le pilote est débutant, mais les outils informatiques sont également nouveaux…

« Alors là, pour tous les ingénieurs de notre équipe, il a fallu apprendre une autre langue. Donc même s’ils s’y sont préparés depuis quelques mois, non seulement ce n’est pas la même langue mais les systèmes ne fonctionnent pas de la même manière. La façon de gérer certaines choses, comme le contrôle de traction ou l’anti-wheelie ne se fait pas sur les mêmes bases. Il faut donc réapprendre tout cela ».

Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous gêne le plus ?

« Pour moi, c’est le manque de connaissance de la machine, le manque d’informations et le manque d’expérience du pilote. Tout ça va se faire au fur et à mesure des jours d’essais ».

Avec votre expérience, quel est votre premier objectif et combien de temps cela pourrait-il prendre ?

« Combien de temps, je n’en ai pas la moindre idée, mais il faut que l’on arrive à 1,5 seconde, dans un premier temps ».

Vous partez en Autriche demain pour construire les motos de la saison prochaine. On peut en déduire que les motos que vous aurez pour les tests hivernaux seront globalement les mêmes que celles que vous avez eues à Jerez…

« Sans doute… »

Donc si vous arrivez à développer votre moto dans la direction que vous souhaitez, cela n’aura pas lieu avant plusieurs mois…

« Pas avant le début de la saison, en tout cas ».

A suivre…

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