Au soir de la deuxième journée du Grand Prix MotoGP du Japon, Michelin a, comme d’habitude, diffusé ses Notes Techniques, que nous ne reportons généralement plus puisque, dans 99% des cas, les pneus clermontois se comportent parfaitement et n’ont aucune incidence sur le déroulé des courses.
Ce samedi à Motegi étant malheureusement une exception à cette règle, il nous semblait important de donner la parole au manufacturier français, en complément de notre analyse de la situation déjà publiée.
Piero Taramasso, manager de la compétition 2 Roues Michelin Motorsport : « Deuxième journée à Motegi. Pour rappeler le contexte, nous sommes ici sur un circuit assez agressif et assez exigeant par son tracé. Il y a également un nouvel asphalte et nous n’avions jamais effectué d’essais ici auparavant.
Nous sommes arrivés avec trois solutions pour le pneu arrière : le tendre, le medium avec la carcasse standard, et le dur avec une carcasse renforcée, la même que celle utilisée en Autriche, parce que nous nous attendions à rencontrer des problèmes liés à des températures très élevées du pneu arrière.
Quoi qu’il en soit, hier puis aujourd’hui, et encore ce matin, nous avons testé les pneus et bien sûr contrôlé leurs températures. Elles étaient globalement assez élevées sur la plupart des motos, à la limite, mais nous avons décidé d’utiliser (le tendre) et de l’essayer pendant les 12 tours du Sprint. Nous avions dit qu’il était gérable.
Mais le Sprint a été très, très rapide. La durée totale de la course a été neuf secondes plus rapide. Ce matin également, pendant les qualifications, le record du tour a été battu de six dixièmes.
Nous avions donc un rythme très rapide, des températures élevées, et la piste était à 40 °C pendant le Sprint.
Un autre point important est qu’en Sprint, il n’y a pas vraiment de problème lié à la consommation de carburant. Les motos peuvent donc utiliser toute leur puissance et les pilotes partent comme des fous, plein gaz du premier jusqu’au dernier tour. Dans cette situation, vous transmettez énormément d’énergie au pneu, avec du patinage, et tout cela n’aide évidemment pas.
Dans ces conditions, il faut donc gérer le pneu.
Certains pilotes et certaines motos y parviennent mieux que d’autres, parce que l’objectif est de transmettre moins d’énergie au pneu, de limiter sa température et d’essayer d’éviter de trop patiner.
Au final, certains pilotes ont rencontré des problèmes de blistering assez important.
Par exemple, cela a concerné deux Aprilia et une Ducati.
Sur d’autres Ducati, comme celle de Marc, il n’y avait rien. Le pneu tendre était en bon état.
Chez KTM, toutes les motos étaient correctes. Chez Honda, une seule moto a rencontré ce problème.
La situation dépend donc vraiment du style de pilotage, de la gestion du pneu et des réglages de la moto.
Quoi qu’il en soit, à la fin de la journée, nous avons analysé toutes les données ainsi que les pneus. La décision pour demain est que le pneu arrière tendre ne sera pas autorisé pour la course.
Nous pouvons conserver le medium. Le medium est un peu plus résistant, son composé est plus robuste, mais il doit tout de même être géré.
Et si vous ne voulez pas gérer, si vous voulez attaquer du début jusqu’à la fin, vous disposez de l’option dure avec une carcasse renforcée.
C’est cette solution que Michelin recommande pour demain. »
Avis aux intéressés…


Résultats de la course Sprint du Grand Prix du Japon :

Crédit classement : MotoGP.com
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