Le Grand Prix MotoGP du Japon s’est déroulé sur un circuit de Motegi à l’asphalte complètement refait et inconnu de tous, y compris de Michelin qui a la difficile tâche d’y fournir un pneu arrière endurant et performant.
Le manufacturier français avait donc apporté une allocation pneumatique étendue, avec trois spécifications à l’avant et trois à l’arrière, avec notamment une construction renforcée pour les pneus Hard avant et arrière.
En ce qui concerne le pneu arrière, celui qui subit le plus de contrainte, il y avait donc le choix entre le tendre, le medium avec la carcasse standard, et le dur avec une carcasse renforcée, la même que celle utilisée en Autriche.
Au terme de la première journée, de façon classique, le médium a été essayé durant la FP1, le tendre pendant la Practice, et personne n’a essayé le dur.
Durant la FP2, tout le monde a utilisé le tendre, à l’exception de Toprak Razgatlioglu et Marco Bezzecchi en médium.
Un Marco Bezzechi qui, d’ailleurs, a choisi d’utiliser ce dernier lors du Sprint, tout comme Jack Miller.
Mais le Sprint a été très, très rapide. La durée totale de la course a été neuf secondes plus rapide, et la piste étant à 40 °C, quelques pilotes ont vu leur pneus tendres subir du blistering, c’est à dire une spectaculaire délamination.
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Surchauffe interne : Sous l’effet de fortes contraintes (charges latérales, freinages appuyés, températures ambiantes élevées), les couches internes du pneu se déforment et frottent les unes contre les autres, générant une chaleur intense.
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Formation de cloques : Cette chaleur excessive fait bouillir le caoutchouc à l’intérieur de la carcasse. De petites poches d’air brûlant (les « blisters ») se forment alors entre la carcasse et la bande de roulement.
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Éclatement et décollement : Sous la pression et la force centrifuge, ces cloques finissent par éclater. Des morceaux de gomme se détachent alors de la surface du pneu, laissant apparaître des trous ou des zones irrégulières.
Spectaculaire, mais pas forcément dangereux, le pilote étant de toute façon obligé de ralentir.
On parle là principalement de Jorge Martin dans le dernier tour, et de Francesco Bagnaia.
Vous avez tous vu les images du pneu du pilote Ducati, mais une image du pneu attribué à l’Aprilia circule sur les sites japonais (impossible d’en connaître l’auteur, ni même si elle est vraie).

Quoi qu’il en soit, après avoir analysé le problème, Michelin a conseillé le pneu dur pour le Grand prix, sans pour autant l’imposer, gage de confiance dans son pneu médium.
« Nous pouvons conserver le medium. Le medium est un peu plus résistant, son composé est plus robuste, mais il doit tout de même être géré.
Et si vous ne voulez pas gérer, si vous voulez attaquer du début jusqu’à la fin, vous disposez de l’option dure avec une carcasse renforcée.
C’est cette solution que Michelin recommande pour demain. »
Grognement dans le paddock qui obtient quand même 10 minutes de plus dans le warm up pour essayer le pneu dur. Et là, stupéfaction chez la plupart des pilotes : le pneu dur est très performant !
Pour le Grand Prix, tout le monde délaisse le médium envisagé au profit du dur, et à l’issue des 24 tours, réalisés plus vite que l’an passé avec le médium, ce ne sont que des compliments, quelle que soit la position à l’arrivée !
Marc Marquez, P1 : « C’était un pneu qui, même pour le time attack, était un bon pneu !
Tout le monde s’attend normalement à ce que l’autre pneu, ou l’autre carcasse, offre de meilleures performances, mais je pense que cela a très bien fonctionné et que la manière dont il s’est comporté pendant le Warm Up a été une grosse surprise pour tout le monde. »
Jorge Martin, P2 : « Pour moi, c’est un peu la même chose (que Marc Marquez).
Honnêtement, j’ai été impressionné par les chronos que nous réalisions. J’avais beaucoup plus de stabilité, beaucoup de grip, et c’était vraiment un très bon pneu.
Je ne pense pas que nous aurions disputé le Sprint avec, mais quoi qu’il en soit, il fonctionnait vraiment très bien. »
Enea Bastianini, P4 : « Enfin, tout s’est déroulé comme prévu. L’interaction était excellente, notamment avec le pneu, qui a été très performant. Sa durabilité était incroyable ; vers la fin, j’avais un rythme qui m’a moi-même surpris. »
Luca Marini, P10 : « Il était fantastique ! Incroyable ! On ne comprend pas encore pourquoi. Michelin non plus, sans doute, mais le pneu était vraiment performant. S’ils nous avaient incités à l’essayer dès vendredi, il aurait même pu être une option pour les qualifications et le Sprint. C’est un point qu’ils doivent absolument approfondir.
À mon avis, ils ont développé un pneu fantastique pour ce circuit. Je me suis plaint de l’adhérence tout le week-end. Mais ce matin, en l’utilisant, j’ai constaté une adhérence incroyable. Les problèmes de la moto ont soudainement disparu. Tout a fonctionné à merveille. Nous avions utilisé ce pneu sur d’autres circuits, mais il n’avait jamais été aussi performant qu’ici. »








