Chez Repsol Honda, on se réveille avec la gueule de bois. Il faut dire qu’on s’est enivré à l’excès de cette remontée fantastique de Marc Marquez depuis la 17ème place. Un rang imposé après un de ses sauvetages dont il a le secret au début d’une course dont il venait de prendre le commandement à Maverick Viñales. A partir de là, la prestation de l’octuple Champion du Monde a été à ce point autoritaire qu’elle en a été gênante pour tous les autres, tout simplement effacés. Mais en vue de l’arrivée, ce qui apparaissait comme sa plus belle course a viré à la pire, avec cette chute et, surtout, les blessures. Sinon, aurait-il pu aller chercher Fabio Quartararo ? Alberto Puig, son team manager, en est convaincu…

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Cet adage, le team Repsol Honda va sans nul doute le découvrir dès le week-end prochain pour un Grand Prix d’Andalousie qui se déroulera sur le même champ de bataille de Jerez. Une morne plaine pour les troupes d’Alberto Puig car son meilleur élément Marc Marquez sera aux abonnés absents, se remettant d’une délicate opération à l’humérus. Et comme le second couteau Crutchlow, qui sera rangé dans le fourreau à la fin de cette saison, sortira d’une chirurgie du scaphoïde, il n’y a plus que Nakagami et Alex Marquez de vraiment valide. Il n’est pas encore installé dans leur box Honda que Pol Espargaró leur manque déjà…

« Marc est blessé. C’est vraiment un point négatif » constate froidement le non moins glacial Alberto Puig. « Quand on a un pilote blessé, presque rien n’est positif. Mais d’un autre côté, tout le monde a vu et compris le niveau de Marc. Au Qatar, certains doutaient de ses performances. Il est maintenant plus que clair qu’il n’y a aucun point d’interrogation à ce sujet. Son package, Honda RC213V et lui-même, ont clairement deux longueurs d’avance. Ce n’était pas seulement un peu plus rapide, c’était beaucoup plus rapide que n’importe qui d’autre. Et la différence, qu’on le veuille ou non, ne cesse de croître d’année en année ».

« Il n’a rien à regretter »

Certes, mais le résultat est là. Comme dirait l’autre, ça passait, c’était beau, mais ça n’est pas passé… D’ailleurs jusqu’où aurait-il pu aller ? Pour Alberto Puig, il n’y a pas le moindre doute… « Lorsque Marc a quitté la piste, il a pris deux tours pour retrouver sa concentration. Mais nous avons vu qu’il aurait pris les pilotes devant. S’il y avait eu 4 ou 5 tours de plus, il aurait pu battre Quartararo, étant donné que Marc était une seconde plus rapide. Nous savons quel type de pilote nous avons. Encore une fois, il a montré à tout le monde qui il était ».

« Mais maintenant il est malheureusement blessé, il doit se reposer, essayer de réparer son bras et quand il sera prêt, il recommencera à se battre pour la victoire. Ces choses se produisent quand on est Marc Márquez, il fait des choses exceptionnelles. Il n’a rien à regretter. Toute notre équipe a énormément de respect et d’admiration pour ce qu’il fait » termine Puig.

On rappellera que Fabio Quartararo et Marc Marquez ont été les seuls à tourner en 1’38 au tour durant toute l‘épreuve à Jerez. Quant à la seconde évoquée par Alberto Puig, elle est venue en fin de partie, lorsque Fabio Quartararo, après s’être mis à l’abris de Viñales ne prenait plus de risques inutiles. Au contraire de Marc Marquez, qui aurait pu se contenter d’un podium en récompense de sa chevauchée fantastique. Mais on ne se refait pas, même avec huit titres dans la poche.



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