Joan Mir est le Champion du Monde en titre et cette réalisation a porté aux nues la méthode de développement à dose homéopathique en vigueur chez Suzuki. Une stratégie qui, cependant, révèle ses limites en 2021. La faute à Ducati qui a accéléré ses travaux sur des aspects jusque-là inconnus dans cette compétition tel que le « holeshot device » qui est à présent un correcteur d’assiette mécaniquement actionné par le pilote, y compris en pleine course. Et non plus seulement au départ. La concurrence, et parfois contre son gré, a suivi le mouvement, sauf la GSX-RR. Une situation que Joan Mir espère évoquer comme un triste souvenir dès la rentrée sur le Red Bull Ring qui ouvrira la seconde partie de la saison…

Joan Mir revendique trois podiums qui sont autant de troisième place au bilan de sa première partie de campagne. Des satisfactions relatives vécues à Portimao au Mugello et dernièrement à Assen. Le voilà quatrième au classement général, coincé entre les deux Ducati officielles de Bagnaia et de Miller, avec 55 points de retard sur un Fabio Quartararo qui est cette fois bien plus solide que l’an passé. Le Majorquin était alors, à ce stade de la compétition, avec 48 longueurs de retard sur le leader il y a un an. Ce n’est que sept points de moins qu’aujourd’hui, mais la situation, signale-t-il, est plus périlleuse.

Une dégradation qui n’est pas due au départ de Davide Brivio. Cet argument, il ne veut pas l’entendre. Car pour lui, le retard à l’allumage vient directement d’Hamamatsu et il le dit franchement : « lors des tests de présaison, Honda, Yamaha, Ducati, mais aussi Aprilia et KTM ont développé les motos. Suzuki non ». On ne peut pas être plus clair et plus cassant… sauf à en remettre encore une petite couche : « nous avons apporté un nouveau cadre, un nouveau bras oscillant. En général, cela fonctionne, mais il faut apporter plus ». Mir trouve cependant des circonstances atténuantes : « je dois dire que je ne m’attendais pas à une si grande amélioration de la part des autres fabricants. Probablement même pas Suzuki, et cela rend probablement les choses un peu plus difficiles ».

Joan Mir

 

Joan Mir : « je sais qu’ils peinent chez Suzuki. Ils veulent la même chose que moi »

La première mi-temps a ainsi été jouée avec le matériel disponible. Une tolérance que Joan Mir ne montrera pas dans la seconde période : « ce package n’est probablement pas assez bon pour remporter le titre » dit-il. « Je sais qu’ils peinent chez Suzuki. Ils veulent la même chose que moi, nous avons un objectif commun. Je peux voir que le chef de projet Sahara et tout le monde au Japon sont conscients que nous devons nous améliorer. Cela me rend heureux parce que je veux la même chose ».

« Je m’attends à une amélioration sur la moto et je suis sûr que la seconde partie de saison sera meilleure pour Suzuki à tous égards », a annoncé Mir qui précise : « je ne m’attends pas à une nouvelle moto, mais nous n’en avons pas besoin non plus ». Le jeune marié termine sur Mowmag : « la stratégie est d’être le plus près possible et ensuite d’essayer de marquer de plus en plus de points. Je pense que nous allons bien faire, j’ai hâte que la compétition reprenne. Je suis fort, l’équipe veut obtenir de bons résultats et je veux la même chose. Lorsque Suzuki apportera quelques améliorations de vitesse, nous verrons où nous en serons. Je pense que nous serons forts ».

La seconde partie de saison s’annonce donc passionnante avec une Yamaha en pointe magistralement menée par Quartararo, des Ducati à la chasse, une Suzuki qui veut se racheter et des KTM désireuses de poursuivre sur leur lancée du Mugello. Du côté de Honda, on ne pourra espérer, comme toujours, qu’en un Marc Marquez ayant recouvré tous ses moyens.

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