Johann Zarco a eu son Noël avant l’heure en recevant sa KTM officielle dès les lampions de la saison 2018 de MotoGP éteints. Et il a constaté que ce n’était pas un cadeau. Du moins pour l’instant. La RC16 sera donc son « meccano », entendez par là qu’il devra la construire patiemment en rassemblant les pièces dans l’ordre. Lors des premiers essais à Valence et à Jerez, il n’a terminé que 21e et 19e. Son coéquipier Espargaró était 0.881 et 0.720 plus rapide. Un Pol avec qui il aussi fait connaissance…

Le Français a 28 ans et l’Espagnol un an de moins. Il a surtout l’avantage d’aborder sa troisième saison sur une KTM au moteur en V et au cadre tubulaire acier. Le tricolore, lui, descend d’une Yamaha M1 faite d’aluminium. Un monde bien différent qui s’est ressenti lors des tous premiers tours de roues. De fait, Pol Espargaró a servi de point de repère. Mais pour mieux, ensuite, prendre une autre route !

Johann Zarco explique ainsi sa démarche sur Speedweek : « j’ai tout de suite compris pourquoi il était plus rapide en regardant ses données. Cela m’a aidé au tout début. J’ai été un moment perdu et j’ai donc voulu voir où il en était. J’ai appliqué sa méthode sur la piste et j’ai pu gagner six dixièmes, ce qui n’est pas rien. A partir de là, mon écart avec lui a été moins flagrant ».

Certes, mais un soulagement qui n’apporte pas la solution : « il peut rouler comme ça mais sur un tour. En fait, on a plus ou moins les mêmes problèmes. Cependant, c’est un combattant. Lorsqu’il a un problème, il se bat contre lui, contre la moto qui veut pourtant le sortir de la piste. Il se bat tout le temps. Sur un tour, ça va, mais sur un tour seulement. Moi, j’ai une autre approche, je ne fonce pas dans le mur. On a deux caractères, mais les mêmes soucis. Face à eux, lui il accélère et moi je ralentis ! ».

Sinon, côté relations, ça se passe bien : « c’est une personne sympa, ouvert à la discussion. Une fois, alors qu’on était en pause-déjeuner, je lui ai parlé de la transmission et il m’a tout de suite avoué qu’il n’avait jamais pensé au sujet. Son attention avait été accaparé sur d’autres aspects. A partir de là, il a commencé à travailler dessus. C’est une démarche qui me plaît. Pour le moment il est plus rapide que moi, j’apprends de ses datas. C’est moi qui lui dis les choses en ce moment alors que je suis plus lent. Il m’en dit moins. Mais il est vraiment cool ».

Il termine : « de moins point de vue, j’envisage toujours l’objectif du top 5 avec cette moto. Le premier pallier sera le top 10. Lorsque vous l’avez atteint, vous êtes déjà presque dans le top 5 ».



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