Cette année en MotoGP, on fait du boudin chez KTM. Et pour cause, puisqu’il s’agit de pneus. La nouvelle allocation du manufacturier unique a en effet enlevé une gamme qui allait comme un gant à la RC16 qui n’a donc plus chaussure à son pied. Mais il n’y a pas que ça. Il y aussi les semelles préchauffées. Une particularité cette année qui a refroidi Brad Binder qui le fait savoir…

On l’appelle le pneu préchauffé et il a fait débat dès le Qatar, notamment avec Pol Espargaró. L’officiel Honda notait de grandes différences de comportement et de performance selon que le boudin auvergnat était servi frais ou comme plat repassé. On parle ici de pneus qui ont déjà été chauffés à l’avance lors d’un essai ou d’un Grand Prix précédent, mais qui ne sont effectivement utilisés que plus tard. En conséquence, les équipes et les pilotes doivent faire avec des conditions d’adhérence différentes, même si les composés sont identiques.

De nombreux pilotes s’en sont plaints après la deuxième course au Qatar. À l’époque, le constructeur Michelin a annoncé qu’il y avait eu des tests approfondis dans lesquels aucun effet négatif n’avait été constaté. Entre autres, les raisons de coût ont motivé cette décision de Michelin.

Le manufacturier unique du MotoGP a ensuite évolué dans son approche, en déclarant qu’une solution possible serait de ne proposer à l’avenir que des pneus préchauffés afin de mettre un terme aux discussions. Brad Binder, pilote de Red Bull KTM, a une opinion claire sur le sujet : « ce serait la pire idée de tous les temps. C’est vraiment la pire suggestion que je n’aie jamais entendue ».

Brad Binder : « c’est dangereux »

Le Sud-Africain explique : « c’est dangereux. Nous collectons des données et des références dans certaines conditions et nous savons exactement à quel point nous pouvons pousser, puis nous prenons un autre pneu qui a déjà été chauffé au préalable et nous ne pouvons rien faire avec. Ces impondérables sont dangereux. J’espère qu’il n’y aura pas un plan comme celui-là ».

Binder a vu à quel point les pneus se comportent différemment lors des qualifications pour le Grand Prix d’Espagne à Jerez. Il décrit sur Speedweek : « en Q2, je n’avais plus qu’un pneu. J’ai mis un pneu avant usé et le pneu arrière était un pneu réchauffé. J’avais l’impression de faire le tour du tracé avec une pierre dans le dos. Il est devenu fou et je ne pouvais rien faire ». Dans la course à Jerez, Binder a chuté deux fois. Mais les accidents n’étaient pas liés au pneu.

 



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