Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas parlé des produits proposés en MotoGP par Michelin, le manufacturier unique de la catégorie. Il a été le sujet favori d’Andrea Dovizioso la saison passée pour expliquer sa tenue moyenne dans la compétition avec la Ducati. Il revient dans la conversation après notamment un Grand Prix de Doha qui a révélé des différences de performances d’une monte à une autre perturbantes. Pol Espargaró en parle ouvertement. En regrettant ne pas avoir de réponses.

Au terme des deux compétitions à Losail, qui ont lancé brillamment la saison 2021 de MotoGP, la question Michelin n’était pas vraiment posée par les protagonistes. Mais au fur et à mesure que le troisième round approche, et il se déroulera le week-end prochain au Portugal, une réflexion se fait sur les pneus et les conséquences constatée au Qatar sur les résultats.

Il y a ainsi d’abord l’analyse faite de l’extérieur par un Andrea Dovizioso jouissant d’une année sabbatique depuis la selle de sa motocross. Le triple vice-champion du monde s’appuie sur les malheurs de Morbidelli pour soulever la question des gommes : « c’est très étrange d’être le plus rapide dans tous les tours de l’intersaison jusqu’à la course 1 et ensuite avoir des problèmes et ne plus retrouver le ressenti » commence Dovi qui poursuit automotorinews.it : « je ne veux blâmer personne, mais ces choses se passent depuis l’arrivée de ces pneus. Déjà l’année dernière, les situations ont changé d’une course à l’autre. La saison dernière je vivais ça de l’intérieur et j’avais du mal à trouver une explication, maintenant vu de l’extérieur c’est encore pire ».

Il termine, compatissant pour ses collègues toujours en fonction : « ce n’est pas agréable de vivre dans certaines situations. Peut-être que cela peut être bon pour la série, mais je ne le vois pas de cette façon. Jusqu’en 2019, la situation était claire et vous pouviez travailler sur certains aspects. Maintenant parfois cela vous convient et d’autres fois vous finissez treizième ».

Michelin : des questions sur des différences de performances d’une monte à l’autre

Voici à présent un sentiment forgé par un vécu « de l’intérieur », comme le dit Dovi. Il s’agit de celui de Pol Espargaró : « je ne sais pas si les pneus contribuent à notre performance très volatile » commente l’officiel Honda sur Speedweek. « Je ne peux pas répondre à la question de savoir combien cela dépend des pneus et combien cela a à voir avec notre moto. Dans tous les cas, de nouveaux problèmes surgissent. Le fait est que lors des qualifications du 3 avril, je n’ai pas pu rouler en 1’55 avec le premier pneu arrière. Ensuite, je suis allé 1 seconde plus vite avec le composé identique. C’est incontesté ».

Il ajoute : « chez KTM, ils se plaignent de problèmes similaires, tout comme Maverick et Rossi. Maverick a soudainement roulé 1,5 seconde plus vite en qualifications au Grand Prix de Doha il y a une semaine, mais c’était le même composé ! Curieusement, Ducati ne semble pas avoir ce problème. Du moins pas dans la même mesure que les autres pilotes ».

On le voit, il n’y a que des questions autour de Michelin, mais aucune réponse. Une suspicion, mais pas de certitudes. Sans aller jusqu’à un Marco Melandri qui affirme carrément que le tirage au sort des pneus entre les teams serait une véritable supercherie, on peut, à tout le moins, prendre en considération avec le plus grand respect ces interrogations d’hommes de l’art du niveau de Dovizioso et de Pol Espargaró.

 



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