C’est une constante qui aurait presque des airs de fatalité. Il suffit que vous arriviez en MotoGP auréolé d’un statut de leader confirmé en Moto2 pour que tout soit remis en question. On a vu ça cette saison avec un Bagnaia Champion du Monde qui n’a rien pu faire contre Fabio Quartararo qui ne lui posait pas de problème jusque-là, avec, pour conséquence, de n’avoir jamais été un prétendant pour le statut envié de meilleur débutant de l’année. Dans le clan KTM, cette désagréable impression est vécue par Brad Binder qui a gagné ses galons dans la catégorie intermédiaire mais qui s’est vu, lors des deux tests de Valence et de Jerez, se faire dominer par Iker Lecuona. Cependant, le Sud-Africain de 24 ans a appris à ne pas courir après les chimères…

Cette intersaison qui a consommé quatre jours de tests en deux rendez-vous à Valence et à Jerez s’est finie pour cette année avec un Álex Márquez comme meilleur rookie. Le Champion du Monde en titre s’est donc fait respecter comme nouveau pilote officiel Honda. Chez KTM, en revanche, celui que l’on attendait Brad Binder s’est montré plus discret qu’Iker Lecuona, moins fringant en Moto2 cette saison, mais qui avait déjà roulé la RC16 durant un meeting entier. Celui, justement, du Grand Prix de Valence.

De quoi agacer le Champion du monde Moto3 et vice-champion du monde Moto2 ? Que nenni, et il explique pourquoi : « il y a à peine trois ans, lors des tout premiers essais Moto2 à Valence, j’ai subi une fracture du bras fastidieuse et compliquée qui m’a affecté durant la moitié de la saison 2017. » Le message est clair : de cette leçon, il a appris qu’il ne sert à rien de faire des folies.

A Jerez, l’officiel KTM qui roulera aux côtés de Pol Espargaró a perdu 2,8 secondes sur le meilleur temps signé par Viñales au guidon de sa Yamaha : « la piste de Jerez semblait avoir été réduite avec la MotoGP à cause de la machine plus grande et plus rapide. Mais après quelques sorties je me sentais mieux. Ensuite, nous avons joué avec les paramètres. Plus je faisais de tours, plus je me sentais à l’aise. Je pilote un peu mieux maintenant avec le V4-KTM. »

« J’ai étudié les données de près lundi soir et une amélioration est venue mardi. Je dois juste mieux comprendre ce que je dois faire sur cette moto. J’ai déjà plus confiance, mais nous devons continuer à travailler en paix », a déclaré le nouveau venu qui a fait ses premiers tours avec l’opus 2019 de la RC16.

Or, pour 2020, KTM a promis à ses quatre pilotes quatre motos du même niveau d’évolution et de dernier cri. Ce nouveau châssis, Binder le découvrira en février prochain à Sepang : « si je l’avais eu à Jerez, je n’aurais peut-être pas remarqué de différence entre les deux machines. Jusqu’ici, j’étais assez satisfait de la moto 2019. Ce que cette moto me demandait suffisait amplement… La question se pose de savoir si j’aurais pu rouler plus vite avec la moto 2020 », termine le Sud-Africain qui passera donc l’hiver avec cette question en tête…

 



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