Il s’agit d’une question sensible chez KTM, car elle définit toute sa philosophie de la moto. Elle est inédite en Grand Prix et notamment en MotoGP où d’autres solutions lui ont été préférées. Mais la marque autrichienne reste droit dans ses bottes et développe seule son outil. Malheur à celui qui doute et qui voudrait passer à autre chose. Il s’agit du cadre tubulaire acier qui compose le squelette de la RC16. Cependant, on peut toujours le faire évoluer, et c’est ce que les Autrichiens ont récemment fait. Pol Espargaró explique comment…

Il y a deux saisons, Pol Espargaró s’était laissé aller à la confidence en mentionnant sa nostalgie du châssis poutre en aluminium connu chez Yamaha. Une remarque qui avait agacé chez KTM. La marque avait alors rappelé avec force que la solution cadre tubulaire en acier était non seulement son choix, mais aussi la solution idéale.

Depuis, aucune contestation ne s’est faite jour. Cependant, l’évolution est toujours possible. Le même Pol Espargaró explique ainsi les nouvelles formes aperçues sur une RC16 qui semble s’en féliciter : « notre châssis suit la même philosophie tubulaire et le même matériau en acier. Mais nous avons changé l’idée, avec plus de rigidité sur les côtés avec des tubes plus épais et plus fins pour avoir la même rigidité avec un peu moins de poids, car nous diminuons le poids de la moto. »

« Il est très important d’essayer de comprendre ce que nous pouvons faire pour faire tourner davantage la moto et qu’en donnant du gaz, nous ayons moins d’inertie et de mouvements pour tirer le meilleur parti de la puissance, avec une électronique fonctionne mieux » précise l’Espagnol.

Les brusques changements de températures et l’humidité sont les ennemis

La solution cadre treillis tubulaire avait été adoptée au début du projet Ducati. Pol Espargaró le reconnait, mais… « le châssis tubulaire Ducati était ancré au moteur, le moteur était le châssis et toutes les vibrations du moteur passaient au châssis. Selon les températures, il se comportait différemment et le problème était plus complexe. Nous contrôlons davantage la situation, mais c’est quelque chose d’unique. Nous sommes les seuls à l’avoir et quand nous avons des problèmes, nous devons les résoudre nous-mêmes. »

Après cette évaluation, l’équipier de Brad Binder nous fait le point sur les faiblesses et les avantages de son châssis : « la force est le freinage, surtout en pente et dans les virages très, très rapides. Phillip Island, Mugello, et dans les chicanes comme Le Mans, on a de nombreuses sensations. » Cependant : « lorsque nous n’avons pas d’adhérence, il nous est très difficile d’aller vite, nous avons beaucoup de problèmes de température et d’humidité élevée, nous subissons bien plus quand il y a des changements brusques de température. » Un phénomène que Ducati avait donc déjà constaté.

La KTM RC16 2020




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