Pendant plusieurs années, le MotoGP a nourri une inquiétude grandissante : les motos étaient-elles devenues plus importantes que les pilotes ? L’aérodynamique, les dispositifs d’abaissement et l’électronique semblaient progressivement réduire la marge d’expression des champions. Après le Grand Prix d’Allemagne, Davide Tardozzi vient pourtant d’envoyer un message fort. Selon le team manager Ducati, le championnat 2026 démontre exactement l’inverse.
Le Sachsenring a confirmé le retour en force de Marc Marquez. Auteur du doublé Sprint–Grand Prix sur son circuit fétiche, l’Espagnol revient à seulement 18 points de Jorge Martin au championnat après avoir longtemps accusé un retard supérieur à 100 unités. Mais au-delà de la victoire du pilote Ducati, c’est l’équilibre général du championnat qui retient l’attention de Tardozzi.
« Nous avons tous connu des hauts et des bas. Pour finir, les écarts restent très faibles. Nous sommes à la mi-saison et six pilotes se tiennent en très peu de points. C’est formidable pour les fans, pour ceux qui suivent le MotoGP et pour la deuxième partie du championnat. »
Longtemps présenté comme une catégorie dominée par une seule machine, le MotoGP offre aujourd’hui un visage beaucoup plus incertain. C’est l’autre enseignement important : Ducati ne considère plus Aprilia comme un simple outsider.
Avec Jorge Martin toujours leader du championnat malgré un week-end compliqué, Marco Bezzecchi malgré son forfait en Allemagne, mais aussi les performances d’Ai Ogura et Raul Fernandez chez TrackHouse, la RS-GP s’impose désormais comme une véritable candidate au titre.
We’ve seen plenty of scraps between these two and today we can add this to the @89jorgemartin vs @peccobagnaia battle playlist ⚔️#GermanGP 🇩🇪 pic.twitter.com/7ysqLr96ou
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) July 12, 2026
Davide Tardozzi : « Aujourd’hui, les Ducati et les Aprilia sont plus ou moins équivalentes »
Davide Tardozzi ne cherche d’ailleurs pas à minimiser cette progression. « Il y aura des circuits où nos rivaux seront plus compétitifs que nous, et d’autres où ce sera l’inverse. Aujourd’hui, les deux motos sont plus ou moins équivalentes. » Une déclaration loin d’être anodine venant du responsable de l’équipe qui domine le MotoGP depuis plusieurs saisons.
Il ajoute : « Dans certaines situations, ce sont les pilotes qui font la différence. » C’est finalement cette phrase qui résume toute sa pensée. Une affirmation qui rejoint directement les débats actuels sur l’évolution du MotoGP.
Marc Marquez lui-même avait alerté dès 2022 sur le risque de voir les motos prendre progressivement le dessus sur le talent des pilotes. Les premiers retours sur les futures MotoGP de 850 cc vont d’ailleurs dans le même sens, plusieurs pilotes estimant que les nouvelles machines redonneront davantage de contrôle au pilote. Les propos de Tardozzi semblent confirmer que cette évolution est déjà en marche.
Si Marc Marquez retrouve progressivement son meilleur niveau, Francesco Bagnaia traverse une période plus délicate. Au Sachsenring, le double champion du monde s’est battu jusqu’au bout avec Jorge Martin pour la cinquième place sans parvenir à trouver l’ouverture.
Pour Tardozzi, le problème est clairement identifié. « Pecco a manqué de confiance à l’avant et d’adhérence à l’arrière tout le week-end, notamment dans les virages 6, 7 et 8. C’est maintenant à nous de lui donner ce petit plus qui lui permettra de retrouver confiance. Nous savons qu’il est rapide. » Autrement dit, Ducati ne remet pas son pilote en question. L’usine estime que la solution viendra avant tout des réglages de la Desmosedici.
Enfin, Tardozzi a livré sur GPOne une analyse particulièrement intéressante sur son pilote vedette. Pour lui, les quatre dernières courses prouvent une chose : Marc Marquez retrouve progressivement son niveau… sans avoir encore retrouvé toutes ses capacités physiques.
« Aux Pays-Bas, il a dû se retenir. Lors des trois autres courses, il a gagné malgré un physique encore fragilisé. » Avant d’ajouter : « Je suis convaincu que Marc apporte une véritable plus-value. Il retrouve progressivement confiance en sa moto, mais son corps doit encore suivre. Tant qu’il ne sera pas revenu à 100 %, il ne sera pas aussi compétitif que l’an dernier. »
Cette déclaration prend une résonance particulière au moment de la trêve estivale. Si le repos permet réellement à Marc Marquez de retrouver l’intégralité de ses moyens physiques, Ducati estime manifestement que son pilote dispose encore d’une marge de progression importante.
Et avec seulement 18 points de retard sur Jorge Martin, le championnat MotoGP 2026 pourrait bien entrer dans une toute nouvelle dimension dès la reprise.





























