Guenther Steiner n’est pas venu en MotoGP pour trier les lentilles. En prenant les commandes de Tech3 en 2025, l’ex-shérif de la F1 a apporté ses méthodes de cow-boy : aujourd’hui, c’est lui qui dicte sa loi, et Pit Beirer, le patron historique de KTM, vient d’en faire les frais.
Le climat devient explosif chez KTM. Alors que le constructeur autrichien tente encore de se relever de sa crise financière de 2024-2025, une autre bataille se joue désormais en coulisses : celle du contrôle politique du projet MotoGP.
Et selon plusieurs informations venues du paddock, Guenther Steiner aurait décidé de court-circuiter purement et simplement Pit Beirer dans les négociations cruciales autour de Tech3 pour 2027. Une humiliation interne qui en dit long sur les tensions actuelles.
Depuis les énormes difficultés financières traversées par KTM entre fin 2024 et début 2025, une question hante le paddock : le constructeur peut-il réellement continuer à soutenir quatre motos en MotoGP ?
Le doute est devenu suffisamment sérieux pour pousser Tech3 à ouvrir des discussions avec Honda. Et pas simplement pour faire pression.
Honda cherche activement une seconde équipe satellite aux côtés de LCR Honda et dispose d’un argument simple mais terriblement efficace : l’argent. Beaucoup d’argent.
C’est là que le dossier devient politique. Selon The Race, Guenther Steiner aurait directement négocié avec les dirigeants de KTM… en laissant Pit Beirer sur la touche.

Steiner contre Beirer : le choc de cultures
Un signal extrêmement fort. Depuis son arrivée à la tête de Tech3 pour succéder à Hervé Poncharal, Steiner serait devenu de plus en plus critique envers la gestion sportive de KTM. Et visiblement, sa patience a atteint ses limites.
L’ancien patron de F1 ne fonctionne pas dans la logique traditionnelle du paddock MotoGP : il raisonne comme un négociateur dur, focalisé sur les rapports de force et les garanties économiques. Et cela change tout.
Pendant longtemps, Tech3 bénéficiait d’un soutien massif de KTM. Motos fournies, assistance technique importante, coûts largement absorbés par l’usine… Mais cette époque semble terminée.
Selon le journaliste David Emmett : « KTM a exigé d’être payée pour les motos, ce qui change complètement la donne en matière de négociations. »
Et là, tout explose. Car pour une équipe satellite, devoir financer directement ses motos transforme totalement l’équilibre économique du projet.
Face à cette nouvelle réalité, Honda a immédiatement compris qu’il y avait une opportunité historique.
Le constructeur japonais, prêt à investir massivement pour reconstruire son projet MotoGP, voit en Tech3 une porte d’entrée idéale pour accélérer son développement 2027.
Et surtout, Honda offre quelque chose que KTM ne peut plus garantir avec autant de certitude : la stabilité financière.
Le problème pour KTM dépasse largement Tech3. Avec les nouvelles règles techniques de 2027, perdre une équipe satellite serait catastrophique. Deux motos seulement suffiraient difficilement pour développer efficacement un prototype entièrement nouveau.
David Emmett résume parfaitement le danger : « Deux motos ne suffiront pas, surtout au début d’un nouveau projet. »
Dans une période où chaque kilomètre de données devient vital, réduire la présence en piste reviendrait presque à abandonner une partie de la bataille avant même son commencement.
Au fond, cette affaire révèle aussi un affrontement de personnalités. Pit Beirer représente l’ADN historique de KTM : sportif, passionné, fidèle à la culture racing maison.
Guenther Steiner, lui, apporte une logique beaucoup plus froide, inspirée du business et des rapports de force vus en Formule 1. Et visiblement, Steiner considère que KTM n’a plus le luxe de fonctionner “à l’ancienne”.
Le plus inquiétant pour KTM, c’est peut-être l’image renvoyée actuellement. Pendant qu’Aprilia progresse, que Ducati reste ultra structurée et que Honda reconstruit patiemment, KTM donne parfois l’impression d’un projet sous tension permanente. Financièrement. Politiquement. Sportivement. Et quand les luttes de pouvoir internes deviennent visibles depuis l’extérieur, c’est rarement bon signe.
Guenther Steiner a pris KTM en otage, a éjecté Pit Beirer de la salle de réunion et a forcé les Autrichiens à revoir leur copie. Tech3 n’est plus une équipe « junior », c’est devenu un État indépendant qui fait trembler l’usine. Beirer peut préparer son plan B.… s’il lui en reste un !
































