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Après avoir été l’homme le plus en vue et convoité du paddock des Grands Prix du temps où il fallait une Yamaha pour gagner un championnat, Lin Jarvis connait à présent les charmes de celui qui doit se rappeler au bon souvenir de tous pour continuer à exister. Les choses tournent vite en MotoGP, et pas seulement sur la piste face au chrono. Politiquement parlant, il faut aussi être à l’affût, ce qui ne signifie pas non plus sombrer dans la panique. Et puis ce n’est pas parce que l’on connait la misère chez soi que l’on n’est pas en mesure de critiquer et de s’inquiéter de ce qui se passe ailleurs…

Lin Jarvis, dans son entretien à GPOne, a voulu rassurer sur l’implication de Yamaha en MotoGP, qu’il jure être pérenne. Mais il a aussi signalé que si sa marque doit certainement faire des efforts pour retrouver le haut du tableau, il serait aussi plus que souhaitable que le promoteur Dorna élève son niveau pour se mettre au diapason des enjeux en cours …

Charité bien ordonnée commençant par soi-même, l’Anglais balaie d’abord devant son motor-home Yamaha en tentant d‘exorciser ce spectre du fracassant départ déjà joué par Suzuki … « C’est vraiment dommage que Suzuki ait abandonné, je ne m’y attendais pas. De plus, c’était le premier d’un contrat de cinq ans ! Cela arrive avec les grandes entreprises lorsque le conseil d’administration change ».

Lin Jarvis

Lin Jarvis : « je peux garantir que le retrait de Yamaha est un non-sens complet »

Et chez Yamaha ? Il répond : « je peux garantir que le retrait de Yamaha est un non-sens complet. Il est vrai que les motos super sportives ne sont plus prisées, mais nous ne sommes pas là uniquement pour promouvoir la R1. Il y a la recherche technologique, l’esprit de compétition, la formation de jeunes ingénieurs. C’est une image beaucoup plus large. Il n’y a pas d’hésitation chez Yamaha, ni de manque de conviction ». Et il précise : « nous, et probablement Honda aussi, devons changer notre approche et être plus rapides, plus réactifs et plus agressifs et regarder en dehors du Japon ».

Cela étant dit, il faut que le championnat MotoGP soit aussi attractif et prouve sa valeur dans le concerts des ports internationaux. Et de ce point de vue-là, Lin Jarvis ne cache pas qu’il a comme un doute sur la politique du promoteur Dorna … « La F1 à Silverstone avait 400 000 spectateurs, mais les courses n’étaient pas intéressantes. En revanche, nous avions peu de spectateurs sur un même circuit, ce qui signifie qu’il y a beaucoup de possibilités de promotion » constate-t-il froidement.

Et il ajoute : « il y a sept ans, la F1 était beaucoup en baisse et maintenant ils ont fait un excellent travail de marketing et c’est là qu’elle en est maintenant. Je ne veux pas entrer dans cette discussion, mon travail n’est pas de diriger le championnat, je n’y participe que pour les règles. J’ai des opinions personnelles, mais je ne commenterai pas. Ce serait une provocation et donnerait lieu à polémique. Dorna nous soutient généralement. Peut-on faire mieux ? Bien sûr, collectivement, nous pouvons faire mieux ».

Sur le côté réglementation à négocier qui a été mentionné, il développe : « il y a de grosses discussions à la MSMA, l’association des constructeurs, concernant l’aérodynamique, le dispositif de correction d’assiette. L’accent est mis sur les nouvelles règles pour 2026, mais nous avons encore 2024 et 2025 devant nous. Les règles doivent être les mêmes pour tout le monde mais aussi pour l’industrie des courses. Nous avons besoin de règles intelligentes pour créer des courses compétitives sans coûts excessifs. Des règles qui encouragent également d’autres constructeurs à entrer en MotoGP. Et il faut également penser cependant à laisser la liberté aux ingénieurs car c’est une série de courses prototypes ». Il ne sera assurément pas facile de concilier les deux.

 

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