Moto GP
Publié le 3 octobre 2026 • 18:00 par André Lecondé

MotoGP, Marc Marquez refuse le mot « miracle » pour son retour mais l’accorde à ses médecins : « Eux en accomplissent de vrais »

Marc Marquez réserve le mot de "miracle" aux médecins qui l'ont accompagné durant ses années de blessures qui ont jalonné sa carrière.

Marc Marquez

Reprendre 102 points en sept courses et revenir dans la course au titre pourrait ressembler à un miracle. Pas pour Marc Marquez. L’Espagnol refuse d’attribuer au hasard ce qu’il considère comme le résultat d’années de travail et de souffrance. Pourtant, lorsqu’il évoque ceux qui l’ont accompagné durant ses blessures, le même mot revient immédiatement : ses médecins, eux, « accomplissent de véritables miracles ». Une distinction qui raconte beaucoup du chemin parcouru par le champion Ducati.

Mela Chércoles lui tendait pourtant une belle occasion de raconter une résurrection. Cent deux points repris à Jorge Martin en seulement sept Grands Prix, puis une arrivée à Motegi avec seulement 12 unités de retard : après tout ce que Marquez a traversé ces dernières années, le terme « miracle » semblait presque écrit d’avance.

L’intéressé commence par en rire. « Merci infiniment pour votre confiance ! » Puis il remet immédiatement les choses à leur place. « Les miracles se produisent par hasard, mais les miracles dans les résultats exigent un travail quotidien. Sans ce travail, le miracle est impossible. »

Une manière assez caractéristique de refuser le récit facile. Car derrière les résultats actuels se trouvent les opérations, les rééducations, les rechutes et toutes ces périodes durant lesquelles revenir simplement au niveau permettant de piloter une MotoGP constituait déjà un objectif.

Le mot « miracle », il le réserve aux médecins

Et c’est précisément à cet endroit que l’entretien prend une tournure intéressante. Marquez ne veut pas que l’on transforme ses résultats sportifs en phénomène surnaturel. Mais quelques instants plus tard, il emploie lui-même le mot pour parler de son équipe médicale.

« Mon équipe médicale accomplit de véritables miracles. » Il insiste surtout sur un aspect rarement visible de son parcours : ceux qui travaillent loin des caméras. « Pour moi, les médecins travaillent dans l’ombre, et les meilleurs encore plus. Les meilleurs sont ceux qui recherchent rarement l’attention des médias, ceux qui sont là jour après jour pour sauver des vies. »

Marquez sait mieux que beaucoup de pilotes ce que signifie dépendre d’eux. Sa carrière l’a contraint à multiplier consultations, interventions et rééducations. Au point d’avoir développé avec le corps médical une relation qu’il qualifie lui-même d’« amour-haine ».

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Marc Marquez : « Je n’ai pas envie d’aller chez le médecin »

La formule pourrait surprendre après un hommage aussi appuyé. Son explication est beaucoup plus simple. « Je n’ai pas envie d’aller chez le médecin parce que c’est comme s’il allait m’annoncer une mauvaise nouvelle. Mais en même temps, je sais que c’est lui qui va me donner les solutions. »

Toute l’ambivalence de ces dernières années tient presque dans cette phrase. Le médecin est celui qui peut interrompre une saison, imposer du repos ou confirmer une blessure. Mais c’est également celui qui indique comment revenir.

Et Marc Marquez a passé suffisamment de temps dans cette boucle pour savoir que le spectaculaire retour en piste commence souvent très loin des caméras.

Après tant d’années à revenir, il faudra apprendre à s’arrêter

Reste alors une question presque paradoxale : que fera cet homme habitué à travailler pour revenir lorsque viendra le moment où il n’aura justement plus à revenir ? Marquez n’a pas encore la réponse. « Je ne peux pas vous dire comment ce sera. »

Il possède néanmoins une première certitude : il lui faudra du temps. « Immédiatement après la fin de sa carrière de pilote, on a besoin d’une longue pause pour se ressourcer et réfléchir à ce qu’on veut vraiment faire dans sa vie privée. » Pas encore de reconversion soigneusement programmée, donc. D’abord récupérer.

Marc Marquez refuse qu’on appelle miracle les 102 points qu’il vient de reprendre parce qu’il connaît trop bien tout le travail caché derrière le résultat visible. En revanche, il accepte volontiers le terme lorsqu’il regarde ceux qui l’ont aidé à continuer ce travail lorsqu’il n’en avait parfois physiquement plus les moyens.

Le miracle, pour Marquez, n’est donc peut-être pas d’être revenu sur Martin. C’est d’avoir rencontré suffisamment de personnes capables de lui permettre de revenir encore.