Moto GP
Publié le 4 septembre 2026 • 13:00 par André Lecondé

MotoGP, Valentino Rossi avait déjà identifié l’étrange mal de Bagnaia : « Quelque chose l’a fait ralentir mentalement »

Valentino Rossi, son mentor de longue date, avait déjà diagnostiqué le vrai problème de Bagnaia il y a des mois.

Bagnaia

Deux abandons consécutifs, une frustration désormais visible et une fin d’aventure chez Ducati qui tourne mal : Francesco Bagnaia traverse l’une des périodes les plus délicates de sa carrière. D’anciens propos de Valentino Rossi sur les difficultés rencontrées par son protégé en 2025 refont aujourd’hui surface. Le Doctor évoquait alors « quelque chose » de mental et psychologique capable de ralentir Pecco. Sans constituer un diagnostic de sa crise actuelle, ces mots résonnent forcément différemment après Silverstone et Aragon.

Francesco Bagnaia n’est habituellement pas un pilote qui expose facilement ses états d’âme. À Aragon, pourtant, quelque chose semblait avoir changé. Après sa chute et son deuxième abandon consécutif après Silverstone, le pilote Ducati a eu beaucoup de mal à cacher son incompréhension et sa frustration.

Les données, les sensations, les résultats : plus grand-chose ne semble actuellement s’aligner. Et une ancienne confidence de Valentino Rossi prend soudain une signification particulière.

Rossi avait observé quelque chose chez Bagnaia dès 2025

C’est Elvio Deganello qui a rapporté, lors d’un échange avec Giovanni Zamagni, une discussion antérieure avec Rossi concernant Bagnaia. Le sujet était alors la saison 2025. « J’ai entendu Valentino Rossi dire quelque chose, lui qui a évidemment un intérêt particulier puisque Pecco a fait partie de VR46 », raconte Deganello.

Lors d’un dîner réunissant plusieurs grands pilotes, la discussion avait porté sur les difficultés rencontrées par Bagnaia. « Même selon Valentino, il y a eu quelque chose qui, à un certain moment, mentalement et psychologiquement, a fait ralentir Pecco. C’est inévitable. C’est inexplicable. »

Attention toutefois à ne pas faire dire à Rossi davantage que cela. Il ne prédisait pas nécessairement la crise actuelle et ne dressait certainement pas un diagnostic psychologique de Bagnaia.

Il constatait qu’en 2025 déjà, les difficultés semblaient parfois dépasser la seule performance de la moto.

Le cercle vicieux de la confiance

C’est précisément ce qui rend la situation actuelle préoccupante. Bagnaia sort également d’une opération. Sa condition physique ne peut donc pas être complètement écartée.

Ducati et l’environnement technique ont également leur part dans l’équation. Mais deux mauvais week-ends consécutifs peuvent produire un mécanisme particulièrement cruel en MotoGP.

Le pilote perd confiance. Il cherche davantage dans les réglages et les données. Les sensations deviennent moins naturelles. Il force pour retrouver sa vitesse. Et une nouvelle erreur augmente encore le doute. À Silverstone puis Aragon, Bagnaia n’a inscrit aucun point le dimanche.

Pendant ce temps, Marc Marquez vient de remporter quatre des six derniers Grands Prix et d’effectuer un week-end parfait à MotorLand. La comparaison au sein de l’univers Ducati devient forcément pesante.

Bagnaia

Misano arrive au meilleur… ou au pire moment

La prochaine manche aura donc une importance particulière. Misano n’est pas un circuit comme les autres pour Bagnaia. Il retrouvera son public italien, l’environnement VR46 et un tracé qu’il connaît parfaitement.

Cela pourrait constituer l’endroit idéal pour interrompre la spirale. Mais cette proximité rend également l’enjeu psychologique plus important.

Avec son départ de Ducati et son passage chez Aprilia en 2027 déjà en perspective, Bagnaia entre dans les derniers mois d’une aventure qui l’a conduit à deux titres mondiaux MotoGP. Il imaginait certainement une autre conclusion.

Bagnaia doit surtout retrouver Bagnaia

Le problème n’est pas de savoir si Francesco Bagnaia sait encore piloter une MotoGP rapidement. Deux titres mondiaux suffisent à répondre à cette question. L’enjeu est de retrouver ce qui constituait précisément l’une de ses grandes forces : sa capacité à comprendre une situation difficile, travailler méthodiquement avec ses ingénieurs et reconstruire progressivement sa vitesse.

C’est pourquoi les paroles rapportées de Rossi sont intéressantes aujourd’hui. Non parce que Valentino aurait prédit la crise de 2026. Mais parce qu’il avait déjà observé chez son protégé ce moment étrange où les difficultés techniques commencent à entrer dans la tête du pilote et où il devient impossible de déterminer laquelle nourrit l’autre.

À Misano, Bagnaia n’a donc peut-être pas besoin de tout gagner. Il doit d’abord interrompre cette mécanique du doute.

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