Chez Yamaha, les saisons se suivent et hélas se ressemblent depuis maintenant trois ans. Après six Grands Prix écoulés en 2019, la firme d’Iwata est en compagnie d’Aprilia et de KTM, soit le groupe qui n’a pas encore remporté une seule victoire. Il reste certes encore treize Grands Prix, dont celui de Catalogne dès ce week-end, mais à écouter Massimo Meregalli qui représente la marque aux diapasons, il n’y a pas de grands espoirs à nourrir…

L’entame de campagne a été pourtant encourageante pour des Yamaha. « Nous n’avons pas de victoire, mais nous avons obtenu deux secondes places avec Valentino en Argentine et à Austin. Et aussi une pole au Qatar puis un podium à Jerez avec Maverick » annonce Meregalli. Mais au Mugello, tracé où une Yamaha a toujours été sur le podium, c’est une sixième place comme meilleur résultat qui a été ramenée : « dimanche, les températures ont augmenté et l’adhérence de l’asphalte a diminué. Notre avantage dans les virages a donc été réduit. Pour être rapide en course, nous devons avoir de l’adhérence. Vendredi et samedi, Viñales, Morbidelli et Quartararo ont été forts dans les trois premiers secteurs puis ont perdu dans le dernier ».

Une description qui amène Massimo Meregalli à entrer dans le détail sur la situation délicate de Yamaha : « nous avons réussi à améliorer, voire à résoudre, le problème de la durabilité des pneus. Malheureusement, aux dépens de la puissance maximale du moteur, la Ducati s’était déjà échappée au Mans à la sortie du dernier virage et le Mugello était encore pire. Parfois, nous perdons beaucoup de temps pour nous améliorer dans d’autres domaines. Nous réfléchissons à des solutions pour être moins pénalisés en ligne droite, il y a des signes positifs. Il y a deux ans, nous avons eu beaucoup de problèmes, maintenant nous avons réussi à trouver une base de travail, on n’a plus une moto différente d’un Grand Prix à l’autre. Nous avons également un programme de développement ».

Il avoue : « Honda et Ducati ont une base très solide, nous avons dû la retrouver, voire même la découvrir. Trois mois ne suffisent pas pour changer une moto, sinon vous risquez de perdre en fiabilité. Avec le moteur actuel, nous avons résolu le problème du frein moteur et de l’usure des pneus, mais nous avons dû abandonner quelques chevaux ». Chez Yamaha, on accommode donc les reste en attendant des jours meilleurs. « Lors des essais après la course à Brno, puis à en août à Misano, nous allons tester un prototype de la moto 2020, moteur compris. Le but est de trouver plus de puissance, sans pénaliser la conduite ».

Pour faire comprendre la situation de crise vécue par ses troupes, Meregalli ose un parallèle étonnant : « même Ducati, après avoir perdu contre Stoner, a mis quelques années à retrouver sa compétitivité. Tout d’abord, je ne pense qu’à pouvoir trouver les solutions que nous recherchons le plus rapidement possible. Valentino dans le box est toujours le même : concentré et désireux d’améliorer la moto, je n’ai vu aucun changement ». Justement, au contraire de Stoner, le Doctor est toujours là. Si bien que la question de savoir comment Yamaha en est arrivé là est toujours d’actualité !

Un mystère qui reste entier et qui fera de cette saison 2019 une séance d’essais grandeur nature. Car Meregalli l’avoue sur GPOne : il n’y a déjà plus grand-chose à espérer cette année : « nous partons en Catalogne conscients que ce sera un autre circuit difficile pour nous, à cause de la longue ligne droite et de la faible puissance de notre moteur. Assen et le Sachsenring seront plus favorables, mais je n’irai pas sur le circuit avec un sentiment de défaite. Je sais qu’après les résultats du Mugello, j’aimerais voir des progrès immédiats, mais rien ne peut être fait en une semaine. Pour nous, ce seront des tests importants qui nous prépareront pour le test important de Brno ». Heureusement pour Yamaha, les exploits de Fabio Quartararo  dans un team satellite Petronas qui met du cœur à l’ouvrage apportent un peu de consolation…

 



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