Franco Morbidelli a beaucoup lutté en coulisse et sur la piste pour s’affirmer comme un pilote en MotoGP qui mérite d’avoir le meilleur matériel possible. Mais son malheur est d’être dans un temps toujours décalé par rapport au moment où les grands contrats sont négociés. Lorsque son cycle arrive, les meilleures opportunités ont déjà été prises. Mais avec le départ de Viñales du team usine Yamaha à la fin de cette année, les cartes sont rebattues et l’italo-brésilien revient dans le jeu. L’ironie du sort veut que ça lui arrive alors qu’il est chez lui, immobilisé après une opération à un genou…

Morbidelli a voulu peser sur les événements par son action et ses résultats, mais ce n’est en faisant rien de tout cela que la situation après laquelle il courrait depuis un bon moment s’est matérialisée. Ainsi, au vu de la conjoncture actuelle chez Yamaha, qui veut que Viñales quitte les effectifs à la fin d’une année 2021 qui s’annonce aussi comme la dernière saison de Valentino Rossi, l’actuel pilote Petronas est quasiment assuré d’avoir cette fameuse M1 de dernier cri. Mieux, elle pourrait même être aux couleurs de l’usine…

Si tout cela se concrétise, Morbidelli aura de quoi rouler vers la gloire. Ou presque ? Car le placide italo-brésilien ne goûte pas à une telle exposition, qui est pourtant le revers de la médaille d’or qui irradie une carrière. Dans une conversation avec Motorsport, il dit ainsi : « je veux me réaliser en tant que pilote, mais je ne veux pas de la vie de Valentino, Marquez ou Doohan. Je veux vivre ma vie. Je suis très concentré sur la vie. Bien sûr, des athlètes comme Vale ou Marc m’inspirent parce qu’ils ont été performants dans des domaines que je n’ai pas encore gérés ».

Franco Morbidelli, Petronas Yamaha STR_2021

Morbidelli : “gagner est le résultat du travail d’avant”

Des mots qui traduisent un cheminement de pensée particulier de la part de celui qui est considéré comme l’un des pilotes les plus calmes, les plus équilibrés et les plus réfléchis du peloton. Il expose ainsi sa façon d’aborder les choses : « gagner est le résultat du travail d’avant », annonce ainsi Morbidelli. « C’est le reflet de la personne et de l’athlète que vous êtes ».

« Je me concentre à peine sur la victoire car c’est la dernière étape qui vient toute seule », assure-t-il. « Je me concentre sur les nombreuses petites étapes avant cette dernière étape. Vous devez devenir un meilleur pilote et une meilleure personne. Si tout fonctionne, alors la victoire vient ».

Morbidelli est le vice-champion du monde en titre, un statut notamment construit avec trois victoires en 2020, soit autant que son équipier d’alors Fabio Quartararo. Malgré ce parcours, il roule toujours avec une Yamaha du millésime 2019. Il essaie d’en tirer encore le meilleur parti avec son équipe et son chef mécanicien Ramon Forcada. Un travail récompensé par un podium à Jerez.

Morbidelli se remet actuellement d’une opération au genou gauche. On ne sait pas encore quand le pilote de 26 ans pourra à nouveau piloter. Ses médecins parlent d’une période de rééducation d’environ huit semaines. Cela signifierait qu’il serait absent de Spielberg en août. Yamaha a déjà mobilisé son pilote test Cal Crutchlow pour le remplacer.

Morbidelli



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