Chez KTM, on pensait le sujet oublié, mais à écouter le directeur sportif Pit Beirer, il semblerait que non. Lequel ? Celui d’avoir une troisième équipe où mettre deux autres RC16. Un projet qui a du sens à un moment où ça se bouscule au portillon au sein de la relève formée par le constructeur autrichien avec un compatriote vendant une boisson qui donnerait des ailes. Mais sportivement, ce n’est pas encore crédible au vu des performances de la moto tandis que, politiquement, il y a du travail à faire. D’ailleurs, à ce propos, Pit Beirer a quelque chose à dire au promoteur Dorna…

Les Grands Prix sans KTM seraient bien moins peuplés en teams et motos. Et notamment en Moto3 où, sous le couvert de GASGAS, Husqvarna et, en 2022, de CFMoto, on a le même concepteur implanté à Mattighofen. Le souci, c’est que les talents recherchés s’affirment effectivement et si vite aujourd’hui qu’il n’y aura plus de places pour tout le monde. Ainsi, il a fallu faire le vide pour Remy Gardner et Raul Fernandez en écartant Petrucci et Lecuona, si bien qu’Acosta a gagné son ticket pour le Moto2. Mais Sergio Garcia et consorts réclameront tôt ou tard leur promotion.

Une poussée de la base de la pyramide qui n’a pas échappé Sphinx Stefan Pierer, patron de Pierer Mobility AG qui a déjà donné ses ordres : « nous apportons tellement de talents issus des deux petites classes GP qu’il pourrait y avoir un goulot d’étranglement avec seulement quatre MotoGP » avait expliqué le PDG en août dernier.

Un message bien reçu par son patron des sports Pit Beirer. Mais la multiplication des RC16 sur la grille de départ relève encore de la vue d’esprit. Et le responsable explique pourquoi. D’abord, il y a le niveau de la machine : « dès que nous aurons le sentiment que nos deux équipes actuelles sont stables et que les performances sont bonnes, nous voudrons vraiment une troisième équipe MotoGP », déclare-t-il sur Speedweek. « Mais je n’ai pas besoin d’une troisième équipe en ce moment tant que nos équipes occupent les deux derniers rangs, comme à Misano ».

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Pit Beirer : “nous nous sentons un peu mal informés

Voilà qui est dit honnêtement. Mais même si la RC16 se montrait en haut du tableau, il y aurait toujours un problème à régler. Et il est politique : « nous n’avons pas recherché activement de partenaires ces dernières années car Dorna nous a dit qu’ils aimeraient que chaque constructeur mette en place deux équipes », explique Pit Beirer. « C’est pourquoi nous avons été étonnés de remarquer qu’il se passait quelque chose avec Avintia et Gresini. Maintenant, nous voyons Ducati sortir avec quatre équipes et nous avec deux pour les deux prochaines années ».

Il termine avec ce constat : « nous nous sentons un peu mal informés. Car il y a une certaine puissance quand on a quatre équipes sous contrat après cette saison et qu’on fournit un tiers du plateau ». On rappellera que Honda et Yamaha ont également une seule autre équipe partenaire. Mais aussi que ni Suzuki pas plus qu’Aprilia n’en ont. Et pourtant, du côté de Noale, ce n’est pas faute d’avoir essayé…

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