Le scénario de ce Grand Prix du Qatar a semblé comme cousu de fil blanc. Et pourtant, il y a eu des situations pour le moins cocasses. Ce qui s’est passé avec Jack Miller en est un exemple. Voilà un pilote qui se trouvait dans le trio de tête lors de la première partie de la course. Puis il a soudainement ralenti, s’est penché vers sa selle avant de se lever et l’arracher pour mieux s’en débarrasser. A-t-il, par ce geste, mis en danger l’ensemble de ses collègues du peloton ?

C’est une question qui s’est posée et à laquelle le bouillant Australien a répondu dans son box : « qu’est-ce que j’aurais dû faire ? C’était une manœuvre dangereuse ? J’ai essayé de rendre ma moto à nouveau conduisible. Pour ça, je devais jeter la selle, il n’y avait pas d’autre solution. Mais s’ils devaient me punir, ils devraient le faire. Je ne comprendrais pas. Je suis assez puni … ».

Il explique comment il en est arrivé à cette extrémité : « la selle est collée au cadre inférieur, ce “sous-châssis” a été peint, mais la peinture n’a pas duré et la colle a déchiré le siège et la peinture. Je venais de prendre une série de trois virages à droite rapides. Le premier virage s’est bien passé, dans le second, je suis presque tombé de la moto parce que la selle est sortie du cadre, puis c’est comme si elle était revenue à sa place, je pensais que tout allait bien à nouveau. Mais dès le virage suivant, elle s’est décalée à nouveau ».

« J’ai pris le virage à gauche suivant, puis j’ai baissé les yeux et j’ai vu que le siège était complètement plié. Alors je l’ai attrapé et je l’ai jeté en arc de cercle. Mais sans le coussin de selle, le carbone est aussi lisse que de la glace, et nos culs n’ont aucune emprise avec le cuir. J’ai tout fait pour gérer la situation de la meilleure façon possible. Je voulais rester dans le peloton. Quand j’ai jeté la selle, j’étais en dehors du top dix. Mais j’ai pu dépasser quelques collègues et me rapprocher du groupe de devant. Hélas, je ne pouvais pas entrer assez rapidement dans les courbes. Parce que mes fesses glissaient constamment sur le bord du cadre, je n’avais aucune emprise ».

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Il termine : « donc, je ne pouvais pas rentrer mes épaules, je devais m’asseoir très au centre de la moto et piloter beaucoup plus incliné que d’habitude. Cela a ruiné le flanc de mon pneu avant. J’ai eu un fort sous-virage et beaucoup de vibrations, surtout dans les virages rapides ».

« Aleix et Nakagami m’ont rattrapé … J’ai ralenti et ralenti encore. C’est pourquoi je suis rentré au stand. C’était l’option la plus sûre, sinon je serais tombé ». Miller veut néanmoins rester positif : « je suis heureux, car j’étais quatrième sur la grille, c’était un week-end solide. Je sentais que je pouvais me battre pour le podium. Je pense que nous avons montré de bonnes choses jusqu’à ce que le siège soit tombé. Et même lorsque le siège était cassé, je pouvais rester dans le groupe de tête, même si la moto n’avait aucune maniabilité. Cela montre que nous avons une bonne vitesse. Nous allons maintenant à Las Termas, c’est l’un de mes tracés préférés, ce sera passionnant, car la GP19 fonctionne à merveille. Il ne reste plus qu’à mieux sécuriser la selle à l’avenir … »

Jack ne pouvait pas imaginer la cause de sa misère. « Peut-être que je suis resté trop souvent sous une échelle ou que j’ai rencontré trop de chats noirs. Espérons que nous n’aurons pas de la malchance pour le reste de la saison. J’ai fait de mon mieux pour suivre le rythme, mais c’était devenu trop dangereux. J’ai eu des moments effrayants dans les virages où il vaut mieux éviter d’avoir des problèmes. Surtout dans ces trois virages à droite rapides. Je suis désolé, je ne pouvais tout simplement pas rester sur la moto sans la selle ».

Chez Pramac, le Qatar aura été synonyme de désert en termes de points puisque le second pilote Bagnaia a aussi abandonné…

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