Moto GP
Publié le 31 août 2026 • 12:00 par André Lecondé

MotoGP : avec Liberty Media, la vie des pilotes va changer et Carlos Ezpeleta les prévient déjà

Carlos Ezpeleta étudiera les pilotes : comprendre leurs besoins, la façon dont ils gèrent leurs journées, et ce qui est le mieux pour eux.

Carlos Ezpeleta MotoGP

Liberty Media ne veut pas seulement développer l’audience du MotoGP. Pour y parvenir, le championnat va modifier la manière dont ses pilotes participent à sa promotion. À Aragon, le nouveau directeur général adjoint Carlos Ezpeleta a été particulièrement clair : « Continuer comme avant en espérant un résultat différent ne fonctionne pas. » Les pilotes ne devront pas nécessairement travailler davantage, mais ils vont devoir travailler autrement. Et derrière cette nuance se prépare une transformation importante de leur quotidien.

Jusqu’à présent, l’arrivée de Liberty Media en MotoGP pouvait encore sembler relativement abstraite pour les pilotes. Cela commence à changer. La promotion de Carlos Ezpeleta au poste de directeur général adjoint du MotoGP lui donne désormais une responsabilité beaucoup plus large dans le développement du championnat.

Liberty Media lui a confié la mission d’accélérer son expansion internationale et commerciale. Et à Aragon, l’Espagnol a clairement indiqué que les pilotes feront partie de cette transformation.

Carlos Ezpeleta : « Continuer comme avant ne fonctionne pas »

La phrase est probablement la plus importante de toute son intervention. « Il est clair que continuer comme avant en espérant un résultat différent ne fonctionne pas. Si nous voulons progresser, nous devrons faire plus de choses et les faire différemment. »

Voilà qui pourrait immédiatement inquiéter un paddock déjà confronté à un calendrier de 22 Grands Prix et aux nombreuses obligations médiatiques et commerciales qui accompagnent chaque week-end.

Mais Ezpeleta apporte une nuance essentielle. Faire différemment ne signifie pas nécessairement en faire davantage. Certaines obligations pourraient disparaître afin d’en introduire d’autres considérées comme plus efficaces pour toucher le public.

C’est donc moins une augmentation mécanique de la charge de travail qu’une réorganisation du métier de pilote MotoGP qui se dessine.

Le pilote ne pourra plus seulement être celui qui pilote

La stratégie exposée par Ezpeleta permet de comprendre pourquoi. Liberty veut toucher des personnes qui ne regardent pas encore un Grand Prix entier. Réseaux sociaux, contenus numériques, sponsors, événements organisés dans les villes ou nouvelles plateformes doivent servir de portes d’entrée vers le MotoGP.

Et pour transformer ces curieux en véritables supporters, le championnat possède un produit irremplaçable : ses pilotes. Leur personnalité, leur histoire, leurs rivalités et leur capacité à créer une relation avec le public deviennent donc presque aussi importantes commercialement que les motos.

Cela signifie davantage d’attentes concernant leur disponibilité et leur implication dans certains contenus ou événements promotionnels. Carlos Ezpeleta assume d’ailleurs la nécessité d’un « changement de mentalité dans le paddock » pour accompagner cette évolution.

Jusqu’où Liberty pourra-t-elle aller ?

Un pilote MotoGP n’est pas un influenceur que l’on fait monter sur une moto le dimanche. Son travail quotidien repose sur l’entraînement, la récupération, les réunions techniques et une préparation physique et mentale extrêmement exigeante.

Ajouter continuellement des interviews, tournages, opérations commerciales et événements pourrait donc finir par produire l’effet inverse de celui recherché. Ezpeleta semble en avoir conscience puisqu’il explique qu’il faudra également déterminer quelles activités supprimer pour en privilégier d’autres.

Cette phrase sera probablement essentielle dans la manière dont les pilotes accueilleront cette nouvelle politique.

Carlos Ezpeleta

Liberty veut faire exister les pilotes entre les Grands Prix

Un autre changement se dessine. MotoGP veut désormais exister « au-delà des 22 Grands Prix annuels » et aller chercher les supporters « là où sont les gens, là où sont les fans, dans les villes ».

Les grands lancements de saison, les événements promotionnels et la multiplication des contenus autour des pilotes prennent alors une autre dimension. La compétition restera évidemment le cœur du produit.

Mais le pilote MotoGP de demain devra probablement exister médiatiquement bien davantage lorsqu’il ne sera pas sur sa moto.

C’est l’une des recettes ayant participé à l’expansion internationale de nombreux sports modernes : ne plus seulement vendre une compétition, mais des personnages et les histoires qui les entourent.

Carlos Ezpeleta prévient : Une petite révolution culturelle commence

Carlos Ezpeleta promet que l’histoire et l’identité du MotoGP seront préservées. Liberty Media affirme de son côté vouloir faire franchir une nouvelle étape mondiale à un championnat dont elle considère le potentiel encore largement inexploité.

Mais pour les pilotes, une frontière commence manifestement à bouger. Hier, leur mission fondamentale consistait à piloter, gagner et répondre aux médias. Demain, ils seront aussi davantage appelés à devenir les ambassadeurs permanents du spectacle qu’ils produisent.

Et Carlos Ezpeleta vient finalement de leur adresser un premier avertissement assez limpide : Liberty Media ne leur demande pas encore de travailler plus. Elle leur annonce déjà qu’ils ne travailleront plus tout à fait de la même manière.

Carlos Ezpeleta