Moto GP
Publié le 1 septembre 2026 • 08:00 par André Lecondé

MotoGP, Ruben Xaus : « Marquez est une version plus aboutie de Rossi », et Ducati en serait la preuve

L'un des plus grands exploits récents de Marquez serait précisément ce que « The Doctor » n’a jamais réussi à accomplir chez Ducati.

Marquez

Comparer Marc Marquez et Valentino Rossi reste l’un des exercices les plus sensibles du MotoGP moderne. Ruben Xaus s’y est pourtant risqué avec une formule particulièrement forte : l’Espagnol voit en Marquez une sorte de « version plus aboutie » de Rossi. Et pour l’ancien pilote, un accomplissement permet désormais de les départager : Marquez a réussi avec Ducati là où Valentino Rossi avait échoué.

La rivalité entre Valentino Rossi et Marc Marquez dépasse depuis longtemps la simple comparaison des palmarès. Leur relation s’est définitivement fracturée pendant la saison 2015 et, plus de dix ans après, chaque nouveau succès de l’Espagnol alimente inévitablement le débat sur la place respective des deux champions dans l’histoire.

Pour Ruben Xaus, un élément mérite désormais une attention particulière : Ducati. Interrogé par Fanpage.it sur Rossi, Marquez et Casey Stoner, l’ancien pilote espagnol refuse d’abord une comparaison trop directe.

« On ne peut pas vraiment les comparer. Valentino a aidé Stoner et Marquez à devenir encore meilleurs car ils se sont tous deux développés en ayant un modèle à suivre. » Selon Xaus, Rossi a ainsi contribué indirectement à faire progresser ceux qui allaient devenir ses rivaux ou ses successeurs.

« C’est comme agiter une carotte devant un cheval : cela le motive constamment. Stoner avait un talent immense, mais sa carrière était atypique. » Puis vient la comparaison beaucoup plus spectaculaire.

Ruben Xaus : « Marc Marquez est une sorte de version plus aboutie de Rossi »

« Marquez, en revanche, est une sorte de version plus aboutie de Rossi. Il a perfectionné certaines choses que Valentino avait déjà réalisées. »

Xaus ne limite d’ailleurs pas cet héritage au pilotage. « Marc a également appris de Rossi comment gérer certaines situations médiatiques et comment éviter de se laisser entraîner dans certains jeux. Et Marquez a accompli ce que Rossi n’avait pas réussi à faire : gagner avec Ducati. »

La référence est évidemment lourde de sens. Lorsque Valentino Rossi rejoint Ducati en 2011, l’association ressemble au mariage parfait entre la plus grande star italienne du MotoGP et le constructeur de Borgo Panigale.

Rossi possède alors neuf titres mondiaux et rêve d’en conquérir un dixième avec Ducati. Mais les deux saisons passées en rouge tournent à l’échec. Il ne remporte aucune course avec la Desmosedici et retourne finalement chez Yamaha en 2013.

Marc Marquez a suivi le chemin inverse. Après avoir relancé sa carrière sur la Ducati de Gresini, il a rejoint l’équipe officielle et réussi ce que Rossi avait été incapable d’accomplir : devenir champion du monde avec la marque de Bologne.

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Pourquoi Rossi a-t-il échoué là où MM93 a réussi ?

Xaus apporte cependant une nuance essentielle. Pour lui, cet échec ne peut être compris sans revenir à la Ducati que Rossi avait entre les mains. « Valentino voulait terminer sa carrière en beauté, sur une Ducati italienne. C’était le final parfait dont tout le monde rêvait. Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu. »

La Desmosedici du début des années 2010 était effectivement très différente de la machine devenue depuis la référence du MotoGP. Rossi et son équipe ont multiplié les pistes techniques sans jamais parvenir à lui donner le comportement dont l’Italien avait besoin.

Xaus estime également que l’environnement émotionnel autour du projet a joué un rôle. « La Ducati de cette époque était très complexe, et Valentino était entouré de gens qui l’aimaient tellement que, parfois, la moto était développée davantage avec le cœur qu’avec la tête. »

À cela s’ajoutait une pression gigantesque. « La pression qu’il subissait était énorme. Il a essayé tellement de choses qu’à la fin, il a risqué de perdre de vue la bonne direction. Marquez l’a vu aussi. »

C’est précisément là que la comparaison trouve ses limites. Rossi avait rejoint une Ducati extrêmement difficile à piloter et encore incapable de s’adapter à ses exigences. Marquez est arrivé dans une structure devenue la référence technique de la catégorie.

Mais le symbole demeure. Casey Stoner avait montré qu’il était possible de devenir champion avec Ducati. Valentino Rossi avait tenté de reproduire l’exploit et échoué. Marc Marquez, lui, a fini par y parvenir.

Et dans l’éternel débat entre les deux hommes, Ruben Xaus vient ainsi d’ajouter un argument particulièrement sensible : Marquez n’aurait pas seulement appris de Rossi. Il aurait achevé avec Ducati une partie de l’histoire que son illustre rival italien avait rêvé d’écrire lui-même.

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