Chez Suzuki, on a une philosophie exactement inverse de celle de Ducati lorsqu’il s’agit de développer une MotoGP. Alors que les Italiens se lancent à corps perdu dans l’exploration de nouvelles techniques, repises ensuite à son grand profit par la concurrence, les Japonais d’Hamamatsu préfèrent avancer à pas comptés sur une base connue et classique. La saison 2020 a couronné cette démarche au sens propre comme au figuré puisque le titre de Champion du Monde est revenu à Joan Mir sur la GSX-RR. Que sera 2021 ? Le responsable du projet Shinichi Sahara répond …

Chez Suzuki, en MotoGP, on est comptable de ses moyens et cet impératif se ressent dans tous les domaines du projet GSX-RR. La firme d’Hamamatsu aligne l’avant dernier budget des six constructeurs en lice. Avec le résultat que l’on sait : un titre de Champion du Monde pilotes construit autour d’une équipe soudée totalement dédiée à la cause.

Une compétence qui attire l’attention des plus riches et c’est ainsi que Davide Brivio, le grand coordinateur, est parti vers la Formule 1. Mais côté technique, on reste entre Japonais et le directeur du projet Sahara ne déviera pas d’une recette qui s’avère gagnante. Ainsi, et alors que Ducati voire Yamaha annoncent des recherches poussées en termes d’aérodynamique, chez Suzuki on promet de rester sage : « on a toujours des idées pour rendre la moto meilleure mais fort heureusement notre package n’était pas mauvais en 2020. Alors nous nous occuperons avec soin du développement dans les domaines où nous sommes autorisés à travailler » dit Sahara.

« Cependant, vous ne savez jamais comment les nouvelles règles affectent les choses, mais je pense que c’est la même interrogation pour les autres constructeurs. Les règles sont les mêmes pour tout le monde et on doit faire avec » poursuite le Japonais. « Comme nous l’avons fait par le passé, nous essayons d’améliorer la performance de notre moto à tous les niveaux sans perdre le bon équilibre de l’ensemble. Ainsi, nous devons travailler sur le fait de pouvoir obtenir une meilleure position sur la grille de départ sans perdre la moindre vélocité sur la distance d’une course ».

Suzuki doit travailler sur les qualifications

Un constat qui rappelle en effet que Joan Mir est un Champion du Monde sans pole-position à son actif. Pendant ce temps, si son équipier Alex Rins a été aperçu à deux occasions sur la première ligne en 2020, il ne l’a jamais commandée. En revanche, la Suzuki a conquis pas moins de 11 podiums en 14 courses, dont deux victoires et elle a permis à ses deux pilotes de pointer dans le trio de tête du classement général final.

Sur ce déséquilibre entre les qualifications et la course, l’explication la plus souvent avancée est que la Suzuki ne martyrise pas ses pneus, ce qui lui permet d’être redoutable en fin de Grand Prix. En revanche, sur un tour, elle n‘arrive pas à entrer dans la bonne fenêtre de performance de ses gommes : « la moto dont vous avez besoin pour la course et celle qu’il vous faut en qualifications est radicalement différente. Il nous manque les bons réglages avec le réservoir presque vide et l’électronique qui autorise toute la puissance » réfléchit Joan Mir sur crash.net. « C’est pourquoi il nous faut travailler sur le sujet sans perdre de vue les autres aspects essentiels pour la course » termine le Champion du Monde.

Suzuki travaille par petites touches sur sa GSX-RR ...

 



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