En faisant le bilan de son parcours alors qu’il s’apprête à franchir la porte des 40 ans, Sylvain Guintoli peut contempler avec satisfaction l’œuvre jusque-là accomplie. C’est un pilote qui peut se targuer d’un titre de Champion du Monde en 2014 en WSBK, il est un vainqueur des 24 Heures moto, il est un élément incontournable dans le projet Suzuki en MotoGP titré en 2020, c’est un père comblé, il est à l’aise dans la vie et c’est un commentateur bilingue émérite qui a cependant plus choisi la langue de Shakespeare que celle de Molière pour œuvrer sur BT Sport. Chez les germanophones de Speedweek, il s’est confié…

Sylvain Guintoli est l’un de ceux sur lequel on peut dire qu’il a réussi sa vie et sa carrière. Même s’il lui reste encore beaucoup à découvrir. Apprécié par ses collègues Joan Mir et Alex Rins pour lesquels il travaille dans l’ombre comme pilote test Suzuki, il ne lâche pas la compétition pour autant et tient aussi à l’occasion le micro… « J’ai beaucoup à faire et c’est très excitant » se réjouit le Français. « Dans le rôle principal, je suis pilote d’essais MotoGP pour Suzuki, mais cette année, je participe également au Championnat du monde d’endurance, ce qui est un très beau défi pour moi, car je suis de retour en tant que pilote de course ».

Il ajoute : « au cours des dernières années, je n’ai réalisé que quelques wildcards et j’ai également travaillé comme commentateur à la télévision, mais seulement ici et là. Dernièrement, je le fais de plus en plus souvent et j’aime voir le sport des deux côtés. Les motos sont mon univers et même si c’est beaucoup de travail, j’aime vraiment ça ».

Sylvain Guintoli

Sylvain Guintoli : “faire de la moto est le seul endroit où je sais vraiment quoi faire

« Le rôle de télé chez BT Sport était assez difficile au début car il n’est pas facile de répondre aux questions en direct devant la caméra, surtout dans la voie des stands, où c’est très bruyant » raconte Guintoli sur son métier de journaliste. « Pour moi, c’est le travail qui prend le plus de temps pour tout comprendre. Mais une fois là-bas, au bout d’un moment, c’est vraiment amusant. Mais je vais être honnête : faire de la moto est le seul endroit où je sais vraiment quoi faire parce que je le fais depuis 25 ans et c’est presque facile. »

Son expérience de pilote l’aide lorsqu’il tient un micro : « je sais ce que c’est que d’être du côté des pilotes, alors j‘essaie d’être très respectueux et de ne pas poser de questions difficiles ou inappropriées. J’essaie toujours de dire quelque chose de positif et je pose souvent des questions sur le bon côté des choses. J’aimerais présenter le MotoGP de son bon côté et mes interlocuteurs devraient se sentir à l’aise ».

Guintoli poursuit : « il y a toujours beaucoup de points communs avec les différentes tâches. Les  MotoGP et les superbikes sont très différentes, mais il y a toujours un lien entre les machines. Un travail peut toujours vous inspirer pour l’autre. Il y a toujours des facteurs intéressants dont vous prenez note et dont vous pouvez apprendre. La vie est toujours comme une journée d’école, parce que vous apprenez toujours quelque chose, même après de nombreuses années. »

« En tant que pilote d’essai, vous faites beaucoup de tours, parfois 100 par jour, c’est vraiment un bon entraînement pour une épreuve d’endurance », a expliqué le pilote Suzuki. « Dans la course d’endurance du Mans sur 24 heures, tu fais environ 300 tours, pour cela tu dois être capable de garder ta concentration et ta vitesse élevées, et tu dois aussi garder la tête froide ».

Il termine : « pour moi, même après un week-end exigeant, il n’y a pas un jour où je me dis : aujourd’hui je vais me détendre un instant. Au lieu de cela, je fais juste les choses normales, peut-être quelques tâches, qui ne sont pas si pénibles. Je passe beaucoup de temps avec les enfants et la famille, nous profitons du temps et rions ensemble, nous mangeons quelque chose de bon et tout cela est beaucoup de détente pour l’âme et le corps ».

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